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  Pop Rock Indépendant

La discothèque de Chezmanucbien rassemble des disques cultes, des albums incontournables qui m'ont vraiment marqué. On voudrait en mettre plus, mais par esprit de sélection et un peu par paresse en voici quelques uns qu'on voudrait vous faire partager.







   
 
animal collective
  ANIMAL COLLECTIVE
Feels
Fat Cat/Pias (2005)

Depuis Spirit they've gone, Spirit they've vanished, sorti en 2003 chez Fat Cat, Animal Collective s'est concentré sur des compositions plus mélodiques, loin des essais bruitistes de leurs débuts. Sans Concession, Animal Collective invente des figures inédites, sortes de pop-folk completement barrée, à mille lieues de ses contemporains. Impossible de trouver à quoi ces riquains carburent mais ça ressemble beaucoup à un nouveau manifeste psychédélique et futuriste, où guitare sèche, clochette et electronique se téléscopent.
Feels sonne comme une comptine de Lewis Caroll, intemporelle et totale. Ils possèdent cette intuition magique qui transforme des expérimentations sonores et vocales en un terrain de jeux parfaitement maîtrisé, percuté de rythmes tribaux imparables (on pense parfois au Velvet Underground).
Souvent associés aux new yorkais Black Dice, Animal Collective ouvre la voie à un genre nouveau, déconstruit et merveilleux, qui s'enrichie selon les formations. Le groupe se revèle completement sur scène donnant des performances extatiques comme en novembre 2005 à Paris, laissant une place importante à l'improvisation.

 

arcade fire
  THE ARCADE FIRE
Funeral
Rough Trade/Pias (2004)

Il n’aura pas fallu longtemps pour s’en convaincre, Arcade Fire est un grand groupe. On retrouve dans Funeral un foutoir d’idées nouvelles et l’ivresse des grandes profondeurs. La troupe, emmenée par le couple Win Butler/Régine Chassagne, déverse un son brûlant, où chacun trouve sa place. Guitare, accordéon, piano, violons : en fait un véritable orchestre baroque où se cotoient les fantômes du passé et l’acharnement des vivants. Il y a chez Arcade Fire un engouement magistral, comme s’il fallait jouer pour la dernière fois, en reprenant en cœur des titres épiques et chamboulant la fin des morceaux. C’est encore plus frappant en live. Découverte au Canada, l’histoire de l’album au titre évocateur prend racine dans les tragédies familiales qui ont secoué leur communauté. Des émotions fortes qu’on retrouve dans le chant fiévreux de Win Butler, digne héritier de Bowie (qui les a d’ailleurs accompagné en concert). Les morceaux s’étirent, changent, accélèrent et les instruments volent. Jamais poseur, Arcade Fire conserve cette frénétique envie de composer pour le présent et joue une sincérité déconcertante. Un trésor.

reportage: le concert à l'élysée montmartre (16.05.05)

 
tv on the radio
  TV ON THE RADIO
Desperate Youth, Blood Thirsty Babes
Touch & Go/Beggars (2004)

D'une façon très improbable et largement attrayante, le fabuleux Desperate Youth, Blood Thirsty Babes de TV On The Radio creuse dans le rock pour en retenir une matière brute et incandescente, une sorte de courant chaud chargé d’électricité. En substance on découvre plusieurs couches de guitares, des rythmes down-tempo et une chaleur brûlante dans la voix des deux chanteurs black. Un mélange excitant brassant avec un naturel déconcertant saoul, new-wave, post-rock ou blues. Impossible de mettre la main dessus : chaque titre à son histoire et ses influences propres. Là on découvre un gospel enivrant sur fond de basse vrombissante, ici des guitares saturées illuminées par des « tum-tum-tum » fredonnés en canon... c’est renversant. Quelques tubes dans cet underground musical, "staring at the sun", "dreams" ou l’a-cappela "ambulance" à trois voix. Ces new-yorkais font très fort : ils parviennent à nous subjuguer et nous posséder, sans jamais s’arrêter ou tomber dans la facilité.

 

godspeed you black emperor!
  GODSPEED YOU! BLACK EMPEROR
Yanqui U.X.O.
Constellation/Chronowax (2002)

pas de paroles, libre cours à la musique. déjà dix minutes qu'on écoute la première partie de l'album, et voilà qu'on se laisse emporter à la frontière du rock et de la grande musique. Godspeed n'est pas un groupe ordinanire. pas questions de chansons ou de formats. on prend son temps, les mouvements se suivent et ne se ressemblent pas. au calme glacé et torturé succède une envolée magique; la batterie n'entre en scène que lorsque les cordes manquent de casser, que la basse métronomique se décide à accélérer. les mouvements s'enchaînent entre improvisation ou réflexion; impossible de faire une pause. entre les mains de Godspeed, la musique acquiert un pouvoir immense, capable d'entraîner sournoisement l'auditeur dans une ivresse symphonique incontrolable ou dans un état léthargique second. ce n'est plus un disque, c'est une expérience. une oeuvre vivante boulversante, une démarche introspective ahurrisante; aucun superlatif n'est en mesure de décrire l'emprise de leur fabuleuse musique.

 

sigur ros
  SIGUR ROS
Agoetis Byrjun
Fat Cat/Pias (2001)

Il faut l'entendre pour comprendre; mais bon. Ces quatre extra-terrestres, débarqués tout droit des fjords nordiques et des paysages glacés d'Islande, nous livrent une musique hors du commun. Les chansons imprononçable d'Agoetis Byrjun s'étendent, sans aucune notion du temps, au rythme du coeur, au rythme d'un lyrisme planant et envoutant. Sur scène la musique prend une autre dimension: on joue en chausettes éclairé par des bougies, et puis c'est sincère, c'est beau. Il suffit d'un seul titre pour s'en convaincre, Sigur Ros nous transcende par un son si particulier, entre la beauté de la musique sacrée et la puissance du chant des baleines, produite par l'alliance de la guitare et de l'archet. "svefn-g-englar" reprend son souffle et déchaine ses passions, "ny batteri" explose le rythme sur les vocalises hybrides de Jonsi, tandis que "staralfur" et ses cordes prennent leur envol. bref, à écouter de préférence au chaud dans son lit, ou dans un bain. Une musique intime.

reportage: le concert à l'élysée montmartre (23.10.02)

 
primal scream
  PRIMAL SCREAM
Xtrmntr
Creation/Sony (2000)

(lire: exterminator) . bordélique à souhait, noisy, psychédélique, et engagé, la bombe Primal Scream est tombée. Chaque titre témoigne des influences de Bobby Gillespie, qui vont des Stooges, Rolling Stones aux MC5, Funkadelic ou Public Image. l'album respire la dope et le rock'n'roll auxquels on ajoute quelques samples et une bonne dose d'électro. les trois singles en date sont excellents, à savoir "swastika eyes" plutôt électro ou Bobby laisse éclater sa colère envers le militarisme aveugle - d'ailleurs remixé sur l'album par les Chemical Brothers - ensuite "kill all hipies" et ses rythmes démentiels et audacieux, et enfin "accelerator" : des riffs impressionnants, des guitares saturées, un son riche et noisy . on découvre avec plaisir des compositions fortes et originales comme "pills" et son flow saccadé - bien mixé par Dan The Automator - , et le free-jazz "blood money" entêtant. un disque indispensable.

 

blonde redhead
  BLONDE REDHEAD
In an Expression of the Inexpressible
Touch & Go/Pias (1998)

un véritable ovni, une petite galette volante incontrôlable et presque stridente: c'est blonde redhead. on dit que ça ressemble à du Sonic Youth, que je vais m'empresser d'écouter d'ailleurs... sur In an Expression of the Inexpressible les mélodies sont ensorcelantes, on reste complètement scotché sur une guitare irritée, des distortions aigües ; bref c'est une délicieuse crise musicale. il s'agit d'une japonaise ahurrissante et de deux frères jumeaux qui s'échangent le micro; des guitares saturées par-ci et des accords pointus par là. c'est savamant improvisé. la voix se détache sans complexe d'une ligne de basse, pour jouer les spasmes ou pour traduire l'urgence. Blonde Redhead c'est pas super facile d'accès. c'est comme si on arrivait pas à suivre les morceaux parce qu'ils rebondissent et que chacun des instruments suit une logique qui lui est propore. on assiste à un véritable petit chaos musical, imprévisible et frénétique.

reportage: le concert à la cigale (26.05.04)

 
pixies
THE PIXIES
Doolittle
4 AD/Virgin (1990)

l'univers Pixies est brut, efficace. découvert un peu sur le tard pour ma part, les Pixies semblent être LE groupe rock au sens étymologique du terme. Des compositions impéccables, les guitares sont crades, saturées; bref un son live, sans concession. La basse et la batterie, qui sont complémentaires sont bien présentes. D'ailleurs ça commence bien avec l'intrépide "debaser" et l'excitant "Tame" qui donne à Black Francis des allures de détraqué mental. on pensait être comblé, mais c'était sans avoir entendu "monkey gone to heaven" et sa basse souterraine, cette voix venu du ciel, et ces violons sombres. Doolittle est disque où se cultive des pulsions très sombres, d'où émergent une urgence maladive, et où se cotoient des chansons ludiques, voir guillerettes (avec "here comes your man") et d'autres beaucoup plus violente. le disque est sans doute trop court, mais en 38 minutes et une quinzaine de titres, tout est dit. On attend avec impatience une reformation du groupe culte des années 90.

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