
Pop Rock
La discothèque de Chezmanucbien rassemble des disques cultes, des albums incontournables qui m'ont vraiment marqué. On voudrait en mettre plus, mais par esprit de sélection et un peu par paresse en voici quelques uns qu'on voudrait vous faire partager.
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DEATH IN VEGAS
Scorpio Rising
Concrete/BMG (2002)
Scorpio Rising est une sorte d'aller-retour
pour Katmandou, tissant des liens virtuels entre un rock efficace et des
influences indiennes sous anti-depresseurs. à croire que tout le
monde s'acharne à jouer d'instruments traditionnels à la manière
de l'electro. en fait, il s'agit de deux djs reconvertis dans les compositions
rock. ils écrivent les morceaux, les font jouer par d'autres, et
puis les arrangent. il arrive parfois que des invités prestigieux
soient de la partie. et quand on a la voix somptueusement irréelle
de Hope Sandoval sur l'album, on joue à fond ce drôle de trip.
écoutez un peu "help yourself" qui finit par partir en
vrille sur une cythare incontrôlable, avec en fond une session rythmique
de basse et de violon, il ya de quoi y rester. scorpio rising est empreint
d'un psychédélisme importé tout droit d'orient. on
démarre avec des couches de guitares, sous lesquelles jaillissent
une mélodie insoupçonnée; on suit avec légèreté
une ballade à la guitare sèche qui s'achève sur une
symphonie de cordes de toutes sortes. on peut même se faire envoûter
par une unique boucle de violoncelle, sans se rendre compte des déclinaisons
apportées à chaque note. c'est bel et bien l'avénement
d'un groupe extraordinaire.
reportage: Death In Vegas à l'Olympia, Paris - Avril 2003
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VIOLENT FEMMES
Hallowed Ground
Rhino/Warner (1985)
Avec des accents country pop fabuleux, Hallowed Ground est sans doute le meilleur album des Violents Femmes, les inventeurs du « folk-punk ». Gordon Gano apporte au duo originel un songwriting ainsi qu’une voix toute particulière, à la limite du gémissement. Sans jamais manquer ni d’ardeur ni de force, la sonorité des Femmes n’a pas d’équivalent dans l’histoire du rock. Un son direct, à peine mixé. Il s’en dégage une énergie et une spontanéité propre au punk mais la sincérité des instruments acoustiques, elle, reste intact. Les Violent Femmes sont connus pour avoir été les premiers à associer instruments acoustiques et chanson punk mais leurs faits d’armes sont loin de se limiter à cette seule idée, aussi géniale soit-elle.
Leur principal mérite réside dans leur ouverture musicale, le sens de la mélodie et la composition des morceaux, très simple et parfaitement arrangée. Impossible à identifier clairement, c’est un véritable groupe caméléon de blues cubiste, de rock fifties, de garage punk, de folk, de funk, de jazz, de country. Les Femmes sont des musiciens exceptionnels jouant une musique souvent simple mais y ajoutent toujours une teinte bien personnelle. Gano et ses compères sont de véritables troubadours prêchant la bonne parole du rock’n’roll à travers le monde et leurs différentes collaborations dont Steve Scales, Fred Frith et Dick Parry sont les meilleurs exemples. Affaires à suivre avec les albums 3 et The blind leading the naked.
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RADIOHEAD
Kid Amnésiac
Parlophone/EMI (2000/2001)
une oeuvre en deux actes. une seule et même session d'enregistrement, deux ambiances. Kid A ouvre les portes d'Amnésiac; on passe d'une ambiance planante et depressive, à quelque chose de plus détaché, de plus chaotique. il suffit d'écouter les deux versions de "morning bell" pour s'en apercevoir. côté instruments ils n'hésitent pas à mettre de côté les guitares pour expérimenter aux claviers, aux ondes martenot et aux mixages en tout genre ; ce qui peux destablilser les inconditionnels de OK Computer. des cuivres improvisés sur une titre jazzy, une basse vrombissante recouvrant presque les touches electro discrètes, des pianos malades devenus carrément rythmiques. et puis le chant de Thom Yorke est moins soigné, la voix est parfois traffiquée, ce qui ne nous empêche pas de rester scotcher à la manière du très épuré "you and whose army?". sur Kid Amnesiac on entre dans des compositions carrément introspectives et les titres sont devenus plus confus, presque fantaisistes. une chose est sûre: Radiohead est bel et bien le groupe le plus important de sa génération.
reportage: Radiohead à Bercy, Paris - Novembre 2003
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GORILLAZ
Gorillaz
Parlophone/EMI (2001)
pas véritablement un groupe mais plutôt un projet, Gorillaz
rassemble quatre personnages -dont Damon Albarn de Blur- ayant des influences
musicales et une personnalité propres a chacun. au final on obtient
un subtil mélange de rock et de hip-hop avec un peu de raggae par-ci, et de la musique cubaine sur par-là (grace à la visite d'Ibrahim Ferrer
sur un morceau, un certain "latin simone"). chaque titre se démarque,
de l'atypique "clint eastwood" aux riffs efficaces voir presque métal
de "M1 A1". Dan the Automator orchestre le tout avec un sampling
délicat: il fait sortir de son chapeau des sons insolites et des trouvailles en tout genre, "double bass" en est l'exemple le plus frappant. le plus génial dans l'histoire c'est qu'à ce patchwork musical s'ajoute un univers graphique poussé à l'extrême
puisque même en concert les membres sont remplacés par écran
interposé par leur personnage animé. excessif? peut-être
mais ils sont à la hauteur de leurs ambitions, et réalisent
d'un très de génie un concept farfellu, celui du groupe virtuel.
dossier: Gorillaz, concept artistique ou stratégie commerciale?
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THE DANDY WARHOLS
13 Tales From Urban Bohemia
Capitol/EMI (2000)
ces quatre dégligués de Portland au patronyme grotesque
jouent du rock à l'ancienne, un peu oublié depuis plusieurs
années. au final, on obtient un savant mélange de psychédélisme
sixties, des riffs efficaces et la voix nonchalante et très soignée
de Courtney Taylor qui passe de Lou Reed à Mike Jagger. on alterne entre compositions douces (comme la superbe ouverture
"godless") et d'autres plus puissantes, à l'image plutôt
stonienne de "bohemian like you". les Dandy utilisent les clichés
sans jamais tomber dans la facilité pour aboutir à des
titres surprenants. c'est un vrai manuel de voyage : on passe de "get
off", sorte de bande originale d'un album de Lucky Luke à
l'étrange "mohammed" rencontré aux portes de l'empire
bysantin, encore empreint d'une nostalgie profonde. autant dire que chacun
des titres de 13 tales from urban bohemia trouve sa place
dans leurs contes et légendes, mêlant justement souvenirs
de voyages et racines rock. bref, on ne se lasse pas d'écouter
ce disque, pas si allumé finalement mais d'une profondeur toute mystique.
reportage:
The Dandy Warhols au Bataclan - Mai 2003
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BEN HARPER
Fight For Your Mind
Virgin/EMI (1995)
Un album fort et spirituel. Digne héritier de Marvin Gaye et
Bob Marley, Ben Harper est déjà un classique. Le roots et
le blues sont ses racines évidentes et il compose des titres authentique
avec du wessenborn et des vrais son de cordes. Fight for your mind est
emprunt d'une mystique quasi-religieuse, tout en exprimant un message
pacifiste. Il suffit d'écouter "the power of the gospel"
et ses cordes impeccables, une véritable ode spirituelle jouée
de main de maître. Et oui Ben Harper est un guitariste virtuose,
capable d'insufler en quelques notes une mélodie chaleureuse, et
d'accompagner des compositions profondes. avec ses Innocent Criminals
on part sur des longues improvisations, des jumbés affolés,
un blues façon rasta. Avec le temps il arrive à mélanger
du funk, du world et des guitares électriques. Ben Harper est déjà
un grand.
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CAKE
Fashion Nugget
Capricorn/Universal (1996) Après la révélation due à leur reprise
audacieuse et délicieuse de "i will survive", Cake le
plus britanique des groupes américains (originaires de Sacramento)
s'est imposé et à su marquer son style. On prends son temps,
on s'accorde une pause. Une sorte de blues aux sonorités sourdes,
un down-tempo bien accordé. La trompette est toujours en retrait
et parvient à insuffler aux morceaux une certaine fraîcheur,
constrastant harmonieusement avec la voix posée et grave du chanteur.
Il y a du talent, c'est un vrai recueil de pop-song épurées,
écrite avec une basse lourde et profonde. Cake a probablement joué
toutes ses cartes sur cet album sans véritablement réussir
à se renouveller par la suite. Il reste néanmoins un premier
album incontournable, devenu classique.
manu(arobase)chezmanucbien.net |
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