Pendant ce temps-là à Istanbul...
C'est énorme, gigantesque! Un mois déjà que je suis là. J'ai déjà rencontré plein de gens, des djeunes turcs, des erasmus, des amis. J'ai fait pas mal de bars, de concerts, de clubs et ai vu quelques artistes extraordinaires qu'on ne connaît pas encore en Europe. Je continue à en apprendre un peu plus chaque jour, en prenant soin de ne pas passer pour un touriste de base.

 

A suivre

nous

 

Teşekkür ederim

Voilà cinq mois passés depuis la soirée "The good, the bad and you". Cinq mois passé loin d'Istanbul. Ca vaut bien quelques explications. Le mois de mai a été plus chargé que les autres: un voyage en Grèce, des exams, des soirées d'adieux, les derniers instants en Turquie à vivre pleinement avec ceux qui ont le plus compté. J'ai découvert la Grèce, de Thessalonique à Kos en passant par Athènes, traversé les Cyclades et voir le soleil couchant sur Santorini. Il faisait beau et chaud au mois de mai, à Istanbul nous avons organisé quelques barbecues sur la terrasse de la maison. Il a fallu dire aurevoir aux anglais, turc, espagnols, français et hollandais, finlandais et allemands, à toutes ces personnalités rencontrées dans mon séjour, finir par comprendre que rien n'est plus enrichissant que les voyages, boire coups sur coups au Araf, se faire un dernier concert à Babylon, se préparer à partir. Et puis partir.

Istanbul bridge


A paris la situation a changé. On est vite submergé par un flot de choses à faire qui occupent le quotidien, on se retrouve pris dans le train-train quotidien, un chez-soi sans aventures, un retour à la case départ. Je trouve heureusement un stage qui me passionne, à produire les City Series et les Concerts à emporter. Pas facile de raconter ce qu'on a vécu pendant tout ce temps. De résumer des collocataires devenus proches en une phrase, ou de réduire la culture stanbouilliotte à quelques photos de vacances. Pas facile non plus de parler d'un séjour erasmus à des amis qui ne sont jamais partis: il y a ceux qui savent et ceux qui l'ignorent alors je leur dis que c'est une expérience unique, fantastique, qu'Istanbul est magique! Et puis à force on s'entend répéter le même discours comme un vieux con. Encore et encore.
Je ne veux pas tourner la page, ni écrire le mot "fin" sur ce blog. Je veux juste remercier toutes les personnes qui ont compté pour moi à Istanbul et même ailleurs. Elles sont nombreuses et se reconnaîtront. Teşekkür ederim pour tout ce que j'ai reçu, ce que j'ai appris des gens sur les autres et sur moi-même.

 

The good, the bad and you

Parce qu'on avait envie de créer un petit évènement rien que pour nous, Annelies et moi avons organisé une petite soirée samedi dernier. L'idée: une erasmus party sans se prendre la tête. Avec un titre à la con, "The Good, the Bad & You" - bien entendu, on fera le rapprochement avec le film de Sergio Leon et le dernier projet de Damon Albarn. La terrasse du RITIM était pleine à craquer d'erasmus et de potes à nous, il y avais plus de 200 personnes. Toutes les personnes rencontrées ces derniers mois étaient là ou presque, et même Béatrice ma pote de Sony! Sous les étoiles on a échangé, rencontré, dansé et picolé jusqu'au petit matin. Le bière (1E) et la vodka (1,5E) coulaient à flot, moi j'étais le seul connard à prendre du vin, local qui plus est! J'étais super content de passer les disques, enchainant Justin Timberlake avec les Violent Femmes, Vitalic avec Soft Cell.

THE GOOD THE BAD AND YOU

 

John Soda fait des bulles

Il y a parfois à Istanbul des choses surprenantes ! Certaines jeunes pousses du rock indé, trop rares à voir en concert par ici bénéficient d’une aura toute particulière. Babylon était plein à craquer la dernière fois pour le concert de Deerhoof, cette fois c’est pour Ms John Soda qui investit GarajIstanbul. Un public d’initié est venu acclamer la formation berlinoise et semble connaître les titres par cœur. Autrefois fleuron de la scène electro allemande, le label Morr Music continue de sortir des disques classieux, rencontre de pop shoegazing des 90s et de l’electronica des années 2000.
L’électro-pop de chambre de Ms John Soda pétille et fait bouger les têtes. « A nod an hold » et « Hands » ouvre le set comme sur leur dernier album. Soigneusement peignée, Stéphanie Bröhm alterne entre chant, guitares et claviers. Sa barrette lui donne un air trop sage, on aimerait parfois qu’elle s’énerve un peu comme pour embêter la maîtresse. Quand même, c’est joli ! Micha Acher use de sa basse à merveille. C’est à lui qu’on doit se rapprochement familial entre the Notwist, Lali Puna et Console, selon son side-project du moment. Certains titres issus du précédent No P or D font fureur. Avec plus de guitares qu’à l’accoutumée, "Hiding/Finding" décolle ; là vraiment ça fait plaisir. On finit par retrouver dans Ms John Soda la magie qu’on découvrait il y a presque 10 ans avec Tridecoder de Lali Puna. Nostalgie bonsoir, vivement dimanche prochain.

 

De l'air

Vendredi nous étions donc à Sofia. Samedi à Plovdiv, à trois heures de la capitale. Et dimanche à , un charmant village de quelques milliers d’habitant au pied de la montagne. Après une nuit dans un studio qu’on nous a loué pour un bouché de pain, on se retrouve dans un film d’Emir Kusturica : il y a des vaches, et des chiens et des poulets entre les vieux murs des maisons. On cherche le club de parapente. Aujourd’hui on a beaucoup de chance il fait super beau, hier il pleuvait des cordes. Quant c’était mon tour j’ai démarré la vidéo. Pendant un moment qui m’a paru durer un instant, on a pri les courants ascendants, on a fait des loopings et des piqués. On s’est rétamé gentiment à l’atterrissage, et j’ai trop kiffé :).

 

Bulgaria 80s

Mieux que les soirées « goldies but oldies » du vendredi soir au Mono, la Bulgarie offre une immersion complète dans un tout petit pays où le temps semble s’être arrêté. Les magasins de la grande artère de Sofia proposent du Nescafé, des journaux en cirylique. Depuis le trottoir on entend Donovan, Chumbawamba, Modern Talking. La gare de la capitale bulgare impose un style soviétique, délabré et desertique. L’herbe pousse entre les rames, et le train fait passer le Corail français pour des engins du futur. C’est incroyablement calme, presque soupçonneux. Remarque, ça change des klaxons d’Istanbul.
L’état général des routes, tramways et même de la coupe de Madame Toutlemonde sont en mauvais état, comme laissé à l’abandon après l’effondrement du bloc communiste - 1989 : chutte du mur de Berlin ndrl. D’ailleurs devant l’Eglise on peut chinner toutes sortes de souvenirs de guerre en échange de quelques levas : médailles, chapeaux, casquettes militaires, couteux, et divers babioles arborant une faucille, un marteaux, ou une croix gammée. Je trouve quelques vinyles sympas comme Louis Armstrong et des « oldies but goldies » de circonstance : un Abba avec un pochette superbe et une bo d’un western slave-spaghetti (comment on dit : western backlava ?) qui a l’air culte. Mais le plus chouette, c’est qu’on se paie des banquets festifs pour le prix d’un big mac. Elle est pas belle la vie ?

 

Frontier Psychiatrist

Clemence, Manu, Annelies, PeterIl aura bien fallu deux heures et demie (peut être trois) pour passer la frontière. Pourtant on pensait s’être débarrassé des obligations légales en le remettant à l’hôtesse du car. Oui on voyage en car et de nuit, parce que ça coûte pas cher et que c’est hyper classe. N’empêche c’est vraiment long.
A 2h du mat on distribue une première fois les passports, pour un contrôle d’identité côté Bulgarie. Arrêt au duty free, avec des slogans chocs. « Take your chance ! », « Save your money honey ! » et mon préféré « Hello and have a good buy ! »... Nouvel arrêt au duty free turque. On descend sagement chacun à notre tour avant de présenter nos passeport au guichet de la douane. Il est 3h30, on discute avec une tchèque. A mon tour, il me fixe longtemps moi et mon passeport et gardera pour tamponner. Après 4h nous reprenons enfin la route.

 

Courts-circuit à Istanbul

Resfest 10 Istanbul

Resfest, c'était la semaine dernière et ca valait drôlement le coup! On a pu y voir des courts-métrages très originaux et de toutes sortes ayant en commun l'appel au numérique. Après dix ans d'existance, le festival itinérants tourne partout dans le monde, ainsi qu'à Istanbul. Turkish touch, cinéma electronica, selection spéciale Radiohead, on trouve pas mal de choses. A vrai dire on croule sous les courts. Deux projections attirent notre attention: Vidéos that rocks, et Under the Sun. La première présente quelques uns des meilleurs clips de l'année 2006 (évidemment sur Youtube): Hot Chip, the Knife, Subtle, Archive, the Sneaks... On en prend plein les yeux, et j'éprouve un certain plaisir à découvrir au cinéma sur grand écran ces petits chefs-d'oeuvres d'animation, spécialement At the bottom of everything de Bright Eyes, Crosses de Zero 7 (ci-dessous). La seconde projection, centrée sur le débat écolo, recense des cour(t)s educatifs et quelques créations publicitaires, pour des ONG ou des labels bio. C'est parfois inégale mais on tombe sur des pépites, drôles, intelligente et bien faites. Cette serie sera suivie d'une conférence sur le rechauffement de la planète en turc... je m'éclipse discrètement.

 

La claque

babylon shantel marc ribot ceramic dog

“Saturday night i feel the air is getting hot, like you baby”. C’est sur ces bonnes paroles de Whigfied qu’on entre en vip au Babylon, Annelies et moi. Le concert de Marc Ribot et son groupe Ceramic Dog a déjà démarré. On l’a entendu chez Tom Waits, Alain Bashung, et pas mal de monde. Il côtoie John Zorn et le gratin de la scène new-yorkaise. C’est un adepte des grands écarts, entre free punk, jazz arty et solos dépouillés ; chacun de ses projets est prétexte pour explorer de nouvelles pistes. Avec son nouveau groupe Ceramic Dog, le trio nous convie ce soir à une performance bouillante, une « free punk expérience psychédélique post-electronica » comme il aime à la décrire. Singulier et ambitieux, le groupe montre sur scène une aisance technique et des compostions inspirées, on y retrouve une certaine filiation avec Yo La Tengo. Et, chose de plus en plus rare, les membres prennent véritablement leur pied. On en profitera pendant une petite heure, dégoûtés d’avoir raté le début du concert.
Une bière plus tard, nous nous retrouvons cette fois dans la fosse. DJ Shantel commence sobrement son set, à base de boite à rythme tendance gypsy. On n’y croit pas vraiment, il est presque minuit et je suis crevé. Pourtant 3 heures plus tard on ressort en nage, heureux : Shantel pour son anniversaire a mis les bouchées doubles, offrant au public un show incroyable debout sur la table de mixage à chanter des hymnes d’europe de l’est, au gré des disques qu’il remixe. Tout y passe, spécialement la musique des balkans. Folklore gitan, chansons juives, jazz klezmer. On prend un sacré claque, le public est à bout de souffle et moi le premier ! Shantel fait peter le champagne et continue d’offrir des verres de vodka. Il se fait même porter en triomphe par un public sur-motivé. Putain, j’en revient toujours pas.
NB. J’ai fini par mettre la main sur ce morceau que j’ai tant kiffé. Il s’agit à l’origine d’une chanson révolutionnaire italienne, reprise par pas mal de monde y compris Emir Kusturica et Manu Chao. Montez le son !


GORAN BREGOVIC & MODENA CITY RAMBLERS bella ciao (MP3)
extrait du O Sole Mio: the songs of Naples

 

Saturday night fever Part.2

DINKY
Le concert de Taraf de Haidouks terminé (il est presque 1h), on file à Indigo pour écouter de la bonne minimale. Parfait, c'est juste à côté et je suis accrédité! On retrouve sur place Lies, une anglaise, un couple turc, et quelques français viendront nous rejoindre plus tard. Il s'agit d'une soirée dj au féminin avec deux brunettes derrière les platines: Ahu et Dinky. Si la première étend ses plages minimalistes avec brio, c'est Dinky qu'on attend avec impatience. Originaire de Santiago de Chile, elle s'installe à Berlin où elle écoute en boucle Plastikman, Aphex Twin, Carl Craig. Elle continue à faire de la danse contemporaine en parallèle de ses activités sonores un peu partout dans le monde où elle accompagne Miss Kittin lors de ses tournées. Ses nappes de blips numériques fonctionnent à merveilles. La formule est simpliste, et pourtant ses arrangements electrisent le dancefloor. Obligé, il faut qu'elle joue Nathan Fake "The sky was pink (James Holden remix)" d'une façon ou d'une autre. Je lui tend un petit papier avec le titre et un sourire. Gagné: un bon moment plus tard elle l'intègre à son set - faut bien tendre l'oreille quand même. Trop la classe! Sceptique au départ, la dizaine d'erasmus est finalement conquise, à en juger par les heures passées à danser dans tous les sens. Avant de filer, je vous offre un morceau à emporter. Vous prendrez bien un "Acid on my fridge" pour la route?

DINKY acid on my fridge (MP3)
extrait du Fabric Live 23 -Death in Vegas

Saturday night fever Part.1

taraf de haidouks
Gros évènement ce soir à GarajIstanbul! Heureusement averti à temps pour le concert de Taraf de Haidouks, je me faufile avec Baran et nos pass presse. Le concert est archi-complet, pas moyen de trouver de places pour les potes qui restent sur le carreau. L'évènement est de taille: Taraf de Haidouks, célébré dans le monde entier comme le meilleur groupe de musique gypsy, revient après 5ans d'abscence à Istanbul. Une bonne dizaine de manouches déboulent sur scène, avec violons, contrebasse, accordéon, flute et percus. Costumes et sourires dorés. Les tziganes partent au quart de tour sur des rythmes fous, des voix magiques et des violons qui dansent.
Incroyable de voir le succès que cette "bande d'honorable brigants" autoproclamée rammasse sur son passage. Il le méritent! D'abord il y a leurs apparitions au cinéma dans "The Man Who Cried" aux côtés de Johnny Depp, et dans le "Latcho Drom" de Tony Gatlif qui retrace carrément leur histoire (dont je vous propose un extrait). Ensuite il faut avouer que Taraf de Haidouks mélangent à merveille, et simultanément, des mélodies tristes et joyeuses à leurs personnages colorés. Ce soir dans le public ça chante, ça danse, ça fait plaisir à voir. La manifestation, intitulée World Music Days et découpée en quelques dates clés à pour objectif de faire valoir les mélodies du monde entier. On découvrait les talents de DJ de Talvin Singh et Yakuza le mois dernier ; cette fois encore c'est un succès! Jetez un oeil à cet extrait de "Latcho Drom", nous on continue la soirée à Indigo.

 

Muttlu Yillar Sana!

Que peut-on offrir à un ami turc pour son anniversaire? Ali Tufan, mon pote édudiant-journaliste fêtait dernièrement ses 21 ans. Je lui apporte une bouteille et une compilation sur mesure: Frecnch Cuts, le Tour de France in 20 steps. Parce que les gens d'ici connaissent Noir Désir, Air, Aznavour et Piaf. "Ne me quitte pas" fait un gros carton depuis qu'une vidéo sur youtube, traduit phonétiquement les paroles en turc - le résultat est un truc complètement débile. Alors dans French Cuts, j'y ai mis des vieilleries qu'on déguste comme du bon vin, des figures incontournables, des bizzareries et pas mal de gros coups de coeur.
01 Serge Gainsbourg BALLADE DE MELODY NELSON (1971) 02 Birdy Nam Nam ABBESSES (2005) 03 France Gall POUPEE DE CIRE, POUPEE DE SON (1965) 04 Dionysos SONG FOR A JEDI (2003) 05 Camille TA DOULEUR (2005) 06 The Little Rabbits UNE BELLE FILLE COMME TOI (1997) 07 Sebastien Tellier LA RITOURNELLE –TURZI REMIX (2006) 08 Vitalic PONEY PART 1 (2005) 09 I Love UFO LIKE IN THE MOVIE (2006) 10 Françoise Hardy TOUS LES GARCONS ET LES FILLES (1965) 11 Arno CHIC ET PAS CHER (1999) 12 Beleeboy! BANANA SPLIT –LIO COVER (2005) 13 Microfilm MARGARET ON THE ROCKS (2004) 14 Syd Matters STONE MAN (2003) 15 TTC DANS LE CLUB (2004) 16 Emilie Simon I WANNA BE YOUR DOG (2003) 17 Sebastien Schuller WEEPING WILLOW (2004) 18 Pierre Henry & Maurice Béjart PSYCHE ROCK (1954) 19 Louise Attaque DEPUIS TOUJOURS (2005) 20 Yann Tiersen SUR LE FIL (1999)

La séléction a été rude. Aussi il y aura peut-être un volume 2. Pour en revenir à la petite fête en question: une vingtaine d’amis, apartement bourgeois. Joyeux anniversaire, en version turque ça donne à peu près ça « Muttlu Yillar Sana /Muttlu Yillar Sana /Muttlu Yillar Muttlu Yillar /Muttlu Yillar Sana !». Franc succès. Vodka-visne (visne=jus de cérise). Déguisements. Obligés de faire des danses orientales. Charles Aznavour, j’offre une valse. Football Club Galatasaray versus Besiktas, blabla bla...


 

Tourist or not tourist?

Martin Parr. Pise/Turquie

(Pise, Italie à gauche et quelque part en Turquie à droite) J’adore ce mec. C’est ingénieux, culotté et plus que jamais d’actualité. Au cours des années 90, Martin Parr a parcouru le monde à la recherche d’images pour une satire de l’industrie touristique internationale. Après Pise, Venise, l’Acropole, Bethlehem et plein d’autres sites, il arrive à Turquie en 1994. Une étape de plus dans son Petit Monde qu’il publie en 1995. J’avais offert à ma sœur Ombeline un recueil sur Mexico à Noël dernier. Mais revenons-en à Istanbul. Une des photos (introuvable malheureusement) montre des simits entassés les uns sur les autres qu’on trouve en vente partout dans le centre, répondant à une rangée de taxis jaunes garés en épis au second plan. C’est très très bien vu, quand je sors de chez moi c’est vraiment ça qui saute aux yeux. Une voiture sur deux est un taxi, et conduisent tous comme des dingues. Sur les trottoirs on achète ces petits pains au seigle tous les 50 mètres!
Sur une autre photo (introuvable) on aperçoit un oiseau empaillé placé au beau milieu d’un étalage de supermarché. Carrément inimaginable dans un contexte moderniste ou les animaux et la nourriture ne semble n’avoir aucun lien. C’est le genre de surprise qu’on peut voir ici, entre une boîte d’œufs, un paquet de chips marqué "Sportwear" et des petits pain en tranche individuels sous plastique. Comme le dit fort justement mon guide audio : « Cette photographie d’un microcosme représente un macrocosme » parce que c’est vrai il s’agit d’une petite photo de la Turquie qui révèle en gros plan ce développement économique, essentiellement agricole, qui devient petit à petit un élément du passé. Depuis que je m’intéresse au travail de Parr des questions me hantent: suis-je comme ces gros débiles en chemisette-bob-caméra ? Quelle est la différence entre un erasmus et un véritable touriste ? Suis-je moi aussi conditionné par ma nationalité française dans mes rapports avec l’étranger ? Je prie pour ne jamais ressembler aux modèles de ses photos.

 

Grand angle sur le Webb

Istanbul Modern. Dimanche, 16h. L’exposition retrace les 60ans de photos reportages de l’agence Magnum. Des clichés par dizaines ayant pour point commun Istanbul et la Turquie, signés par Henri Cartier-Bresson, Robert Capa, George Rodger et j’en passe. Ici on en apprend plus sur la Turquie que dans le Lonely Planet. En tout cas ça permet facilement d’aborder un point de vue de manière quasi-instantanée. C’est super intéressant, en fait j’y retourne parce que la première fois on est arrivé peu avant la fermeture. Comme ça j’ai vraiment le temps de comprendre, d’observer.
Et plus particulièrement Alex Webb, et de son reportage sur Istanbul en 2001. « En 1968, j’ai visité Istanbul en une journée avec ma famille. J’avais 16ans. J’étais curieux, intrigué et complètement déconcerté par cette ville pleine de mosquées, de minarets, de bazaars, de senteurs de thé et de narguilés dans les cafés. Un monde tellement différent du mien ! 30 ans plus tard je suis retourné à Istanbul et n’ai pas retrouvé la ville exotique de mon enfance, mais quelque chose d’extrêmement familier. Pendant ces années d’entre-deux, j’ai fait le tour des frontières soviétiques où se croisent différentes cultures, parfois dissonantes, parfois fusionnant parfaitement. Depuis j’y suis retourné encore et encore, cherchant au travers des rues tortueuses l’entrée du terrier. »

Alex Webb, Istanbul 2001

Parmi sa série de photo, il y a celle-ci : une vue de l’intérieur d’un ferry avec vue sur la Mer de Marmara. Suspendu au premier plan, la photo d’Atartürk. Dans le lointain on distingue aisément des bateaux de retour de la pêche, en fin d’après midi. Il y a une vieille barque à sa gauche, et un ferry boat tout à fait récent à sa droite. J’aime cette photo parce qu’elle symbolise bien ce à quoi ressemble la Turquie aujourd’hui : Ataturk apparaît comme l’élément de transition entre le côté historique et moderne de la Turquie. Webb semble capter l’image de ces changements : ce qui est perdu, ce qui est gagné, et ce qui coexiste pendant cette période de modernisation. Putain c’est bien fichu ! Le reste de la série fait parfois penser à Friedlander, en captant simultanément la vitrine et ses reflets ou jouant des miroirs chez un barbier. J’ai enfin trouvé la photo sur le web, celle là que j’ai cherché plusieurs jours d’affilé. Son recueil Istanbul City of a Hundred Names va paraître au printemps 2007, et on peut dejà le consulter sur le site de Magnum.

 

Collocation (3/5): Özlem Atasoy

Au tour d'Özlem Atasoy maintenant. Née à Diyarbakir en Turquie, elle vit à Istanbul depuis 24 ans (elle en a en fait 27). Je ne la vois pas beaucoup à la maison, d’abord parce que je suis moi-même absent, mais aussi parce qu’elle bosse comme une dingue à l’Akbank – la banque la plus importante du pays. Elle s’occupe de faire fructifier les portefeuilles de ses clients en bourse. Je pense qu’il y a un mot pour ça mais j’ai oublié. Ca fait un an qu’Özlem habite cette collocation. On se comprend bien, même si son anglais est approximatif. C’est une nana curieuse, sensible, qui veut toujours aider les gens (même contre leur grès). Elle écoute Radiohead, Queen, ainsi que Sezen Aksu et Kardes Türküler. Son films préférées sont Trainspotting, Requiem for a Dream, et le Voyage de Chihiro.
Elle est fan de photographie. Après ses études de maths à Yildiz University (là où se tenait le worshop sand animation magic ndlr) et quelques années à s’occuper de l’asso photo de l’école, elle donne des cours au Centre Galata Fotografhanesi. Présentations, expos, workshops. Son truc c’est travailler les tirages en chambre noire. Elle adore Cartier-Bresson, Alex Webb, Eugène Smith ou Robert Capa. Un jour elle sera photo-reporter pour de vrai, elle en a marre de l’Akbank. Sur le web on trouve des infos (ici et ) et un beau jpg. Depuis 2 ans elle suit le quotidien de plusieurs familles dans le village de Rumeli Kavâgi, spécialisé dans l’élevage de moules géantes. Celles qu’on trouve dans les rues d’Istanbul, cuisinées avec du riz et du citron. Elle peut en avaler 50 en une journée ! Elle voyage tant qu’elle peut, de préférence seule et avec son Nikon F80. C’est de la balle elle a promis de mon montrer comment ça se passe en chambre noire, et elle m’a payé quelques bières ce soir ! Et puis à propos du bébé labrador sur la photo, il a tout juste deux semaines. Elle aurait voulu le garder mais c’est vraiment pas possible, du coup on devra se passer de cette boule de poils…

 

Le Yakuza est dans la place

DJ Yakuza - Sunset sessions
Retour au Ghetto samedi soir, cette fois accompagné d’une dizaine de copains, étudiants turcs ou erasmus. On était chez moi dans ma chambre avant de débarquer dans ce club de jazz très uppé. A ne rater sous aucun prétexte : DJ Yakuza accompagné du saxophoniste Richard Hamer. Les deux compères se connaissent bien puisqu’il en commun le projet Orient Expressions, mélange explosif d’électro-jazz, folk et de chansons traditionnelles. De son côté Can Utkan, aka DJ Yakuza, est sans doute l’un des DJs les plus incroyables qu’on peut écouter ici à Istanbul. Il opère à ses débuts entre le Brésil et Tokyo, alternant drum’n’bass, break beat et down tempo. Figure emblématique de la très exigeante Radio Oxigen, il mélange les genres et définit à lui seul le son d’Istanbul : jazz, ethno music, turquerie… Il écoute tous les styles, ce qui fait de lui un des DJs (mais aussi producteur) les plus aware de la planète. Et on a déjà vu de quoi le bonhomme est capable, la dernière fois au club GarajIstanbul plein à craquer !
Au Ghetto, le duo transformé en trio fait un malheur. Il y a DJ Yakuza, un saxophone et des percussions. Chacun y va de son complet, et Richard Hamer lâche des solos incroyables. C’est ingénieux, et impossible à étiqueter. Le seul hic : le public ne prends pas et seul un groupe international d’excités (nous) danse devant les musiciens. Ici c’est chic. Tan pis pour les autres, nous on aura profité pendant plus de 2 heures. Prochain rendez-vous avec ses Orient Expressions le mois prochain. Bonzaï !

 

Quelques chiffres

A propos de la Turquie. Le faviez-vous? Population : 68 millions d’habitants. Taux de croissance de la population : 0,64%. Superficie : 779 452 km2. Point culminant : mont Ararat (5 165 m). Fleuve le plus long : Kizilirmak (1 355 km). Istanbul est la 18ème ville la plus chère du monde. Age moyen de la population : 27,1 ans. Pourcentage de la population favorable à l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne : 73%. Pourcentage de la population vivant sous le seuil de pauvreté, fixé en 2004 à 172€ par mois : 27%. Record de la moustache la plus longue : 1,5 m (portée par Mehmet Fediskar de Kahramanmaras en photo)

 

Du nouveau au Ghetto

Erik Truffaz Quartet Istanbul
Je ne m'y connais pas trop en jazz. Mais pas besoin de d'avoir chez soi les intégrales de Louis Armstrong, Marcus Miller ou Miles Davis pour apprécier la trompette d'Erik Truffaz. C'est parti, j'emmène Clem et Lies avec moi à la découverte de ce jazzman peu orthodoxe, pour une soirée modern-jazz au Ghetto. Ghetto, c'est le tout nouveau club d'Istanbul, qui a ouvert ses portes début février. L'endroit est classieux, avec lustres, moulures et déco Michelangelo du sol au plafond. La carte est hors-de-prix. Sur les coups de 23heures, le quartet démarre dans une ambiance feutrée. Il y a Marcello Giuliani à la basse, Marc Erbetta à la batterie et Patrick Muller au piano. Les yeux mi-clos, Truffaz souffle dans sa trompette avec nonchalance. C'est prenant, entêtant, incroyable. Il marie les textures avec brio, avec des influences rock et rythmes hip-hop. On pense parfois au jazzband présent sur Kid A de Radiohead. Ils enchaîent les morceaux: "Belle de nuit", "Daddy don't come", "Miss Caba", une reprise de Gainsbourg, et biens d'autres que je n'ai pas pu identifier. Avec la soudrine "Je t'aime, moi non plus" devient redoutable, d'une sensualité brûlante. En rappel, les happy few de ce soir (cinquante, peut-être soixante personnes) auront droit au "Trippin' love" à paraître sur Arkhangelsk au mois de mars - et en écoute sur son myspace. Je prends une grosse claque, et le remercie personnellement, en français. Il me confiera qu'il préfère le Babylon où il a l'habitude de jouer, à ce genre de club trop uppé. Certes, mais on reviendra, la programmation est excellente!
Pour les curieux, voyez du coté de la Blogothèque qui vient de publier une spit session entre Ed Harcourt et Erik Truffaz.

ERIK TRUFFAZ QUARTET king b. (mp3)
extrait du live Face à face

 

Selim Sesler, ou la musique gypsy


Selim Sesler n’est pas un simple musicien tsigane. Il représente à lui seul un condensé historique et géographique des Balkans, de l’Anatolie, du bassin méditerranéen et de ses proches frontières. Découvert pour ma part dans le documentaire Crossing the Bridge, the sound of Istanbul, le bonhomme m’a tout de suite enchanté. Film crucial pour tout amateur de musiques, on y trouve tous les genres musicaux qu’on trouve par ici : rap conscient, rock psychédélique, world djs, ou gypsy music... Le programme idéal des nuits stanbouliotes ! Ci-dessus un extrait vidéo, trouvé sur Youtube. NB : J’aurais préféré vous montrer mes propres vidéos, mais c’est impossible pour le moment.
Alors ce soir à Babylon, Selim Sesler nous entraîne avec sa clarinette et ses 7 selim seslermusiciens pour presque deux heures de live. Il faut dire qu’il fait l’unanimité partout où il passe ! Les trois anglais et les deux turcs que j’emmène avec moi, et qui ne le connaissaient pas, tombent sous le charme. A la croisé des musiques klezmer et tsiganes, sa clarinette rend simplement les gens heureux. Une seule recommandation : jettez-vous sur ses disques à défaut de le voir en live. Dernier en date : Anatolian Wedding (2006), en import chez tous les bons disquaires.

 

Workshop: Sand animation magic


Mon taxi coincé dans les embouteillages, j’étais à deux doigts de faire demi-tour. Le rendez-vous était pri à l’Université Technic de Yildiz, dans le cartier de Besiktas, pour suivre un workshop organisé en marge du IF Istanbul. IF Istanbul, le festival de film indépendant. 30min de retard, pas de billet d’entrée, mais les portes s’ouvrent quand même. Et me voilà dans la salle de conférence où s’est installé l’artiste français David Myriam, dessinateur-animateur sur sable. Pour être clair, le bonhomme dessine en direct avec du sable sur une table rectro-eclairée. C’est pour le moins original ! Il utilise les propriétés plastiques du sable pour réaliser des images d’une grande finesse, qui donne à ses œuvres un ton fantastique et poétique. Avec du un peu d’imagination, ses 10 doigts, et beaucoup de sable, David Myriam a déjà réalisé deux courts-métrages, ainsi que diverses performances musicales à travers le monde. Sur l’écran ses mains s’animent et créent toutes sortes de paysages et de portraits. En même temps il explique cette technique un peu particulière. Le workshop est traduit en turc pour les étudiants en design et les autres curieux présents dans l’amphi. Tout aussi français que lui, je peux l’interviewer facilement. Selon lui le sable est un outil plus libre, et certainement plus vivant que le dessin classique. Et puis de fil en aiguille, on en saura davantage sur l’association Kaam, où auteurs et animateurs mettent en commun leurs univers, parfois très différents. Voyez par exemple la bande annonce du IF Istanbul (réalisée par Hélène) sur le site du festival.

 

!f Istanbul

Le Festival du film indépendant IF Istanbul, qui en est maintenant à sa 6ème édition, vient de démarrer ! Pendant une dizaine de jours, on pourra voir plus de 60 films provenant du monde entier avec comme leitmotiv « l’exploration de nouvelles formes cinématographiques ». C’est surtout l’occasion idéale de voir des films originaux et quelques raretés toujours bienvenues, pour un prix tout à fait raisonnable. Compter 9 ou 11 liras turques, soit entre 5 et 6 euros par séance. Au programme, plein de films super intéressants et la sélection s’annonce déjà difficile ! Il y a les têtes d’affiches, les courts-métrages, les documentaires franchement récompensés… tous en VO sous titrée turc. Heureusement mon ami Tufan, journaliste en herbe pour quelques magazines nationaux, m’aide à y voir plus clair.
Pour l’ouverture ce sera Sherrybaby, un film américain avec Maggie Glyenhaal, très attendu par ici. Ca parle d’une mère qui sort de prison, de son passé de junkie, et de famille. A vrai dire j’étais déçu. J’ai choisi aussi le très convaincant Death of a President, le fameux docu-fiction sur l’assasinat de Georges W. Bush, ainsi que le portait de Zidane filmé sous tous les angles par 17 caméras, avec la bande son de Mogwai. Et puis j’ai réservés mes places pour un docu sur Kurt Cobain : About a Son, et Screeming Masterpieces à propos de la scène musicale islandaise. Impossible de ratter celui-là avec Björk, Sigur Ros, Amiina, Mùm et j’en passe ! Mon emploi du temps est bien chargé en ce moment.

 

İstanbul Teknik Üniversitesi

Premiers cours, pour de vrai. Clémence et moi nous dirigeons donc bras dessus bras dessous vers le campus de Maçka où se trouve la section Managment de l’ITU - ou Istanbul Technical University. Et ouais c’est la classe parce que l’ITU est vachement réputée dans le pays ! Nous avons choisi le campus de Maçka, vachement plus près du centre ville. C'est pour plus de précisions, à environ 20min à pieds de la maison.
Au programme pour moi et en grande partie aussi pour Clémence : Organizaion Theories et Business Communication le mardi, Macroeconomics et Films Studies le mercredi, et pour finir Global Marketing et Engeneering Ethics le jeudi. C’est très bien vu, comme ça on a du temps pour organiser des voyages à côté ! Premiers constats, toute la journée du mardi on se retrouve avec une vingtaine d’étudiants tucs qui partent chaque année quelques mois à NYC pour étudier. Les petits frenchies on trop la cote et ils se bousculent pour nous montrer la photocopieuse ou nous offrir un café. Entre les cours ils nous ferons découvrir un petit café-restaurant calme et chaleureux. On y discute études, musiques, bons plans stambouliotes, football et aussi de Chirac (on découvre dans le journal qu’il a trompé Bernadette) ! Le mercredi, c’est le jour des Films Studies, héhé ! Je suis pas vraiment sûr de pouvoir choisir cette matière dans un cursus management mais je m’y emploie. Cette semaine c’est au tour de The Others (Les Autres), de Alejandro Almenabar. Un film excellent, qui fait revivre la vieille carcasse d’Alfred Hitchcock et le romantisme du XIXème. Je rencontre aussi Özgue, jeune étudiante en ingénierie. Enfin jeudi on termine la semaine avec un cours de Global Marketing où ne sommes que sept à parler du cas McDonald’s : standardisation ou adaptation d’une stratégie marketing internationale ? Dans l’ensemble nous avons choisi des matières faciles pour avoir notre semestre sans trop se casser la tête. En réalité ce sont des matières qu’on a déjà faites, mais cette fois faut suivre en anglais. De toute façon moi maintenant je suis bilingue !

 

Collocation (2/5)

Annelies Wisse (aka Lies) est elle aussi étudiante à l'ITU, mais en section design. Dans un aute bâtiment pas loin du mien. Elle vient de Delft en Hollande. Elle mesure 1m 69, a 22 ans et des yeux marrons. Elle parle anglais, hollandais, et possède de quelques notions en turc, français et allemand. J'adore me foutre de sa gueule en imitant son accent! Quand elle sera grande elle voudrait devenir le pendant féminin de Philip Stark et kiffe Soulwax, Herman van Veen, Björk et Marlène Dietrich. Elle est ouverte d'esprit et s'interesse à l'art. Elle se lève hyper tôt le matin pour (je cite) "profiter de ses matinées" et "prendre une douche bien chaude". Lies a la patate, elle a fait elle-même son bureau de travail et ses étagères à partir de cagettes en bois. Respect, le rendu est excellent. Sa chambre est de loin la plus petite du de l'apart, mais elle paie moins cher. Elle a aussi réalisé un très bel objet à vocation professionnelle, ici en photo. Ses parents viennent d'arriver à Istanbul, donc je ne la verrai pas trop cette semaine. Son boyfriend viendra ici courant avril. Elle a aussi 1 grand frère qui s'appele Robert (oui c'est vrai) et 2 petites soeurs. On fait souvent les mêmes concerts ou sorties Lies, Clémence et moi, et elle m'aide à perfectionner mon anglais. Ses couleurs préférées sont dans l'ordre: orange, vert clair, rouge foncé et turquoise et son chiffre-clé le 7. Si elle devait manger quelque chose maintenant tout de suite (à l'heure ou j'écris ces lignes) ce serai un mon steak de boeuf entier.
Et j'oubliais: on partage elle et moi une passion commune pour l'Eurovision, et nous sommes inscrits au fan club stambouliote. Je vous ferai évidemment le point sur le prochain meeting ;)

 

Vues d'ici

 

Bonnie "Prince" Billy à Istanbul!

J'ai acheté nos billets le lendemain de notre arrivée. Putain, Bonnie 'Prince' Billy ici! Et dire que je m'étais fait une raison, que j'allais ratter son passage à Paris! Direction le CRR Konser Salonu, une salle de concert prestigieuse, où on vient habituellement écouter de l'opéra et de la musique de chambre. Place assise numérotée, scène immense et une entrée complètement rattée. Obligés de meubler, Will Oldham (aka Bonnie 'Prince' Billy) et son groupe attendent patiamant un peu de courant pour faire marcher le matos. Basse, guitares, batterie, laptop et un immense piano à queue. Bonnie 'Prince' Billy invite Bob Dylan et Neil Young dans son mélange de country, de folk et de blues. C'est magnifique et resolument plus rock que sur album - The Letter Go, en tête de tous les classements de fin d'année. Cette voix inimmitable, accompagnée parfois du chant de Dawn McCarthy. L'ambiance est posée, on prend son temps et ces deux-là se renvoie la balle entre les morceaux. Avec sa moustache texane (en fait originaire de Louisville) Will Oldham a fière allure. Avec ce ton désinvolte et un style improbable, il réarange tous ses morceaux pour la scène: on le sais capable de jouer tous les genres, comme en témoigne sa récente collaboration avec Tortoise. Deux heures d'une qualité rare, and then the letting go. (pour Greg)

 

Spéciale dédicasse

Les carnets d'Istanbul de Dupuy-Berberian

Pas question de louper ça. De toute façon c'était annoncé avant mon départ. Ce soir c'est le vernissage de l'exposition Dupuy-Berberian à l'Institut Français d'Istanbul. Grands maîtres de la bande dessinée francophone, auteurs de plus de 30 albums, écrits et dessinés en commun, Philippe Dupuy et Charles Berbérian viennent de terminer un carnets de voyage sur Istanbul. Comme par hasard, deux auteurs que j'affectionne beaucoup. Ormis les classiques "Monsieur Jean" (extrait), je vous recommande tout particulièrement le "Journal d'un Album" (extrait) paru à l'Association dans lequel ils évoquent leur travail à 4 mains dans un ouvrage autobiographique absolument génial.
Mais revenons-en à notre expo.
Ils viennent ici nous présenter leur carnet de voyage en plus de nombreux dessins originaux et de courts-métrages, façon Gondry. L'occasion de rencontrer la communauté française (hyper présente dans cette ville, c'est historique) et de se faire de nouveaux amis! Vin rouge, vin blanc. On commence à discuter musique avec Charles Berberian, qui a signé l'ouvrage "Playliste" (extrait) faisant l'inventaire de ses disques et artistes préférés. Je connaissais déjà ses goûts pour Thelonious Monk, David Bowie, Neil Young ou encore Daniel Johnston et j'aborde la venue de Bonnie 'Prince' Billy en concert le surlendemain. Dans le mille! C'est moi maintenant qui refile mes bons plans sur Istanbul! Une femme me demandera même mon mail pour être tenue au courant des évènements! Putain j'ai trop la classe.

 

Permier concert @Babylon


C'est sur les bons conseils de Baran que nous découvrons ce soir le Babylon. Une salle de concert magnifique, entre le club de jazz et le club electro. Ici, la prorgrammation change tous les soirs: djs electro, rock pointu, chansons élegantes et superstars traditionnelles. Le Babylon a déjà accueilli des pointures internationalles en prenant soins de brouiller les frontières entre les styles: Stereolab, Amon Tobin, Jane Birkin, Birdy Nam Nam, Orishas... la liste est longue. La salle est pleine ce soir pour accueillir Misirli Ahmet, un joueur de derbouka hyper respecté. Seul avec sa percussion, il possède une technique imparable et démarre très fort. Il utilise une technique qui l'a rendu célèbre dans tout le bassin méditerranéen, avec deux doigts de sa main. Il possède ce truc en plus, un jeu de frappes qu'il alterne avec des petits grattages avec ses ongles; c'est impressionnant. Quand il s'arrête c'est pour raconter comment il est parvenu jusque là, depuis une enfance extrêmement pauvre à scotcher devant les magasins de percussions, aux scènes du monde entier. Nous on assis autour d'une table avec une Efes locale (la bière en bouteille n'est pas donnée). La mise en scène est finement menée, utilisant un diaporama de photos d'Egypte, du desert et du cosmos. Il y a parfois une lumière de l'intérieur de la derbouka pour faire écho aux photos du soleil couchant. Misirli Ahmet frappe à une vitesse incroyable on dirait qu'il a 40 doigts: impossible de rester visser à sa chaise! Plus fort que -M- sur la version live de "Mama Sam", il entraine le public à frapper en rythmes, et ça marche à la perfection. On en redemmande. Il rejouera sa "Ballade du Caire" ("3 A.M. in Cairo") en rappel, et terminera sa performance sur une standing ovation largement méritée.

 

Chambre avec vue


Il y a des matins comme ça. Je suis un sacré veinard: en 2 jours j'ai le sentiment de m'être bien acclimaté, et d'être parfaitement installé. Hier après-midi (lundi 5) j'ai trouvé un vrai lit où dormir, négocié pour trois fois rien auprès d'un revendeur d'occasion, ainsi qu'une magnifique table basse et un tapis de qualité (ma foi) exceptionnelle. En fait le tapis sur lequel je lorgnais tout le mois de janvier chez Habitat (Flokati, 95€) sauf que c'est pas le même. A mon rétour, une bonne surprise: Annelises, une hollandaise avec qui je m'entends super bien et qu'on avait rencontré dès le lendemain de notre arrivée, décide finalement de prendre la dernière chambre disponible. Maintenant on est 5 erasmus, ils sont vraiment adorables et formons un vrai petite famille. Je vous les présenterai bientôt, rassurez-vous. On parle anglais, français, turc, et on mange les spécialités anatoliennes qu'a rapporté la mère de Baran (que des trucs trop bons avec des noms chelous).
Aujourd'hui mardi, c'est la rentrée de classes. On était une vingtaine d'etudiants internationnaux cet après-midi à l'ITU, qui sera mon université pendant les 4 prochains mois. A part les trucs administratifs habituels, le club d'accueil des erasmus a pri les choses en main. Au programme: excursions, plongée sous-marine, concerts et fêtes à la maison... J'ai aussi reglé mon problème de téléphone portable (oubliez mon numéro français, j'ai un nouveau numéro turc 0090 539 514 10 83). Ce soir enfin: resto local suivi du concert de Misirh Ahmet au Babylon Club, un percussionniste ultra respecté qui joue de la derbouka comme s'il avait 40 doigts. Ca va très vite, je fais d'énorme progrès en anglais et je ne suis pas au bout de mes surprises!

 

Thinking of you


On est tombé là-dessus sur l'Istiklal Caddesi. Sur la principale artère piétonnière de Beyoglu, le centre de l'Istanbul moderne, voilà ce qu'on peut trouver en ce moment à deux pas du lycée Galatasaray. C'est étonnant, ridicule, hyper ingénieux et peut-ête scandaleux. Mettre deux nanas à la corvée de lessive et de repassage au centre d'une "performance" publicitaire , fallait quand même oser! Le principe: pendant que l'une attend que la fin de son programme de lavage, l'autre repasse avec une aisance déconcertante. Electrolux s'associe à votre bien-être ménager quotidient pour vous madame. Doit-on y voir une amélioration formidable de ces produits, pensé par les supers ingénieurs de la célèbre firme? Un happening artistique et commercial futuriste, élaboré par de brillants marketeurs? Ou une relecture post-moderne de la condition féminine en milieu urbain? En fait je me demande pourquoi on n'a pas ce genre de trucs en France. Le lendemain elles ont échangé leur places.

 

Je suis Clémence Dubois


Question pour un champion. Prêt?
Top! Je suis moi aussi étudiante erasmus à Istanbul et suis en France à l'ESSCA tout comme Manu, que je connais bien. 2 ans à Paris à supporter ses vannes en cours et deux black session des Kills et d'Arcade Fire au compteur. J'ai 22 ans, je fais 1m 80, je viens de Beauvais et j'ai un hobbie dans la vie: la plongée sous-marine (j'ai un brevet). Je fais aussi de la boxe française et j'adore voyager! J'aime les animaux domestiques (un chien encore en vie, sinon mes chats, souris, lapins, poissons, hamsters, tortues sont morts), et j'aime aussi U2, Oasis, the Kills et Arcade Fire. Et puis récemment j'ai passé 9 mois en stage au ClubMed de Bora-Bora, c'était génial.
C'est la première fois que je viens en Turquie, et j'ai très envie de découvrir la culture locale et de faire des excursions touristiques. A Istanbul je suis en collocation avec un turc et une turque, pas loin de la super colloc de Manu. L'un parle français, l'autre non. Je suis dans un endroit tranquille, et j'aime faire la fête à la maison de temps en temps. Je suis, je suis...? Clémence Dubois! Sans blague, c'était écrit dans le titre.

 

Midnight Express Express

16h30: Arrivée à Ataturk Airport (Istanbul) sans difficultés. Inutile de chercher maintenant qui est M. Ataturk, c'est en gros le père ou le grand-père que tout le monde voudrait avoir ici en Turquie, mais j'y reviendrai une autre fois. Pour l'heure, ça se passe sur le tapis roulant avant le passage de la douane...
Midnight Expess, nous y voilà. Pour ceux qui ont ratté la plus célèbre arrestation pour traffic de drogue chez les Turcs, un résumé du film se trouve ici et la bande annonce là. Et puis vous trouverez une interview du vrai Billy Hayes sur youtube, en turque. Il faut dire que depuis quelques jours j'écoute en boucle le titre "Chase", le fameux thème de Midnight Express, que l'on doit à Gorgio Moroder. C'est d'ailleurs ce même Gorgio Moroder qui a composé les BO de Flashdance, American Gigolo et Scarface, et qui a produit quelques disques pour David Bowie, Eurythmics, Elton John ou Blondie. Bref un mec carrément génial !
Hommage incontournable donc, produit avec ma caméra de poche (mon appareil photo) pour vos beaux yeux, dans un style pas si éloigné de Stanley Kubrick je trouve.
Pour ce qui est du passage à la douane, ça c'est finalement très bien passé, pour moi comme pour Clémence.

Dernière minute: le propos de film Midnight Express serait lourdement exagéré!! De nombreuses erreurs, anachronismes et exagérations jalonnent le film, par exemple certains Turcs portent le fez (chapeau rouge en forme de cône tronqué), alors qu'il n'est plus porté en Turquie depuis l'abolition des couvre-chefs symboliques (ottomans) en 1923 par la République Turque. Qui plus est, Oliver Stone a présenté en décembre 2004 des excuses publiques pour avoir produit un film si exagéré. C'est rassurant non?

 

Someone great

La nuit a été courte, réveil à 7 heures du matin. Fatigué. Rendez-vous avec Clémence (Dubois) à Roissy, terminal 2B. Rencontre avec Amélie (Bodin) et Thomas (Martin). Ca pour une surprise. C'est une surprise. Partent à Prague par le même vol que nous. Décollage à 10h05. Changement à Zurich: Paris-Zurich, Zurich-Istanbul. Quelques vidéos, un petit montage. "Someone great", le nouveau LCD Soundsystem dans les oreilles.


 

Le grand départ



C'était hier soir au Kitch'Up et ça m'a fait vraiment plaisir. Alors merci d'être passé, resté et d'avoir pri un verre ou plus à ma santé. J'ai ce soir une pensée émue pour l'équipe des Delta Force qui a failli vaincre les Magic Fuckers à quelques points, et pour les deux irréductibles qui ont veillé jusqu'au bout de la nuit. Par ailleurs, quelques précisions concernant ma destination (j'ai lu avec intérêt vos mots respectifs): je ne pars pas en "Istanboulie" mais bien en Turquie, ce ne sont pas des "Barbus" mais des Turcs, et on ne mange pas là-bas que des khebabs! Enfin, certains propos tels que (je cite) "D.I.Y OR DIE!!! Ce qui se perd en contestation partielle rejoint la fonction oppressive du vieux monde! NON à l'Europe à la Turquie en Europe!" sont complêtement inapropriés...
Bon, faut pas trop en rajouter je ne pars que 4 mois en vacances ou presque, sauf si je termine dans une jaule turque pour détention de drogues. Retournez donc au Kitch'Up à l'occasion ils organisent des super blind tests et des soirées poule à facettes (prochain blindtest spécial love songs mercredi 14 février).

 

Chacun fait sa pub

Finement menée, la super-pub d'Istanbul presentée cet été donnne à voir sur la fameuse Constantinople et ses merveilles, tout en vues aériennes, travellings et grands angles. Le carrefour des civilisations c'est tout un programme!
Ca commence par les brumes de l'aube qui enveloppent d'un certain mystère les tours de Topkapi, puis le Bosphore et ses panoramas superbes (barques de pêcheurs et cannes à pêche en prime). Coup d'oeil sur les rives luxuriantes au printemps. Vous noterez bien sûr la qualité de l'accueil, sourire et geste d'invitation à l'appui: tout le monde s'est passé le mot! Il y a le fleuriste, le conservateur du musée, les petits artisans, le conducteur de tram et son copain le chauffeur de taxi, les restaurateurs... Normal c'est auprès d'eux qu'on va dépenser tout notre pognon! Le concept carrefour des civilisations est ensuite joliment illustré par une alternance parfaite de monuments et d'architectures (occidentale et orientale, anciens et moderne, sur terre et sur mer) qui logiquement nous mène vers la quête spirituelle qu'on évoquait au début du film. L'oeccumenisme présenté décline les religions sous tous les angles: orthodoxes, catholiques et islamiques.

Et franchement ça a l'air chouette nan?

 

Istanbul la cosmopolite bla bla bla

A cheval sur deux continents, Istanbul la cosmopolite fut la Byzance des Grecs, la Constantinople de l'Empire romain d'Orient et la capitale des sultans ottomans. Il y a plus de 1 000 ans, les Chinois l'appelaient déjà la « ville des villes ».
Théâtre de l'histoire, c'est aujourd’hui un véritable théâtre de rues. Bâtie sur sept collines (nouvelle Rome oblige!) surplombant la mer, elle présente un enchevêtrement fantastique de ruelles, trouées par de gros boulevards. Bruyantes et frénétiques, souvent en pente, les rues sont embouteillées dès 8 h. Istanbul rime bien souvent avec foule…Istanbul est à la fois un miroir de la Turquie et une exception culturelle. (...) Ici, on reve d'Europe. C'est l'Orient (tout) contre l'Occident, un « je t’aime moi non plus ». Il suffit de passer le pont, comme toujours, pour que commence une nouvelle aventure, de l’autre côté du Bosphore.
Et puis, Istanbul ne serait pas ce qu’elle est sans ses nuits, qui débutent par des couchers de soleil qui donnent à la ville des couleurs de fruits et de miel. À la nuit tombée, vous admirerez ébahis les collines drapées de velours noir, les milliers de lumières de la ville formant une somptueuse rivière de diamants. Avec, dans le ciel, d'énormes dômes et des minarets comme des chandeliers. Et, dans les rues, toujours la foule bigarrée des Stambouliotes, toute une métropole en mouvement qui s’offre à vous… Laissez vous happer. (Le Guide du Routard)

 

2007 et ses promesses