"Nous devons dire un mot sur notre manière d'étudier ce que les aliénistes appelent les "idiots", et que nous appelons ici les inférieurs en intelligence. On ignore la nature exacte de cette infériorité, et très prudemment on refuse aujourd'hui de l'assimiler, sans autre preuve, à un arrêt dans le développement normal. (...) L'étude attentive de ces idiots montre, chez quelques uns du moins, que tandis que certaines facultés sont presque nulles, d'autres sont mieux développées. Ces êtres ont donc des aptitudes. Les uns ont une bonne mémoire auditive et musicale, un filet de voix juste et tout un répertoire de chansons ; d'autres ont des dispositions pour le calcul ou pour la mécanique. Si on les examinait tous avec soin, on trouverait beaucoup d'exemples de ces aptitudes partielles." (Afred Binet, dans L'élaboration du premier test d'intelligence (1904-1905), oeuvres choisies II). Qu'il est bon d'être idiot! Et James Holden, le boss de Border Community l'a bien compris, lui qui savamment intitulait son formidable disque The idiots are winning en 2006.
Concours. Pour vous le prouver, les 5 plus idiots d'entre vous gagneront une place pourWe Love Border Community, le 5 juillet à la Chesnaie du Roi au milieu du bois de Vincennes! La question: combien de secondes dure le titre "idiot" de James Holden? Envoyez votre réponse à manu (arobase) chezmanucbien (point) net, avec vos noms et prenom et en objet "I love Border Community". Les gagnants seront prévenus mardi par email.
C'est fête: Nathan Fake et James Holden à Paris! La We Love Border Community (encore une fois merci WLA) réunira deux de mes chouchous, de ceux qui savent prendre soin de leur musique, jouer des bleeps en apesanteur et trouver des textures granuleuses à vouloir s'y vautrer pendant des heures. Surtout ces deux-là sont responsables d'un titre long et formidable qui a tourné en boucle entre mes oreilles, un petit ovni lancé par Nathan et rattrapé par son frère James, une merveille d'électronica à observer à l'oscilloscope. Bien qu'ils partagent un goût commun pour les nappes psychées et le dancefloor minimal, les deux têtes de proue du label Border Community ont un itininéraire très différent: le premier a donné à son album Drowning in a Sea of Love Prom un aspect shoegazing en apesanteur, souvent proche de My Bloody Valentine et M83, le second a semble-t-il écouté beaucoup de krautrock (Tangerine Dream, Neu! et Faust) avant de se mettre à l'électro jouée au scalpel.
Alors oui, il y a de grandes chances de se retrouver le samedi 5 juillet à la déjà surnommée WLBC pour une nuit à la Chesnaie du roie, vibrant au son unique des petits génies de Border Community. Il y a aura aussi Ricardo Tobbar et Petter. NAHTAN FAKE the sky was pink (james holden remix) (MP3)
A Londres, où l'alcool est interdit aux moins de 18 ans, beaucoup d'ados sont privés de concerts. D'où l'émergence des soirées Underage, organisées par et pour les ados. C'est un beau reportage de JDB à découvrir dans le premier numéro de Volume, le nouveau mensuel des Inrocks. A force de lois rigides dans une Angleterre où pourtant les gamins se défoncent à 14 ans mais ne peuvent pas boire avant 18, des brittons coincés entre un boom ado et une explosion de testostérone ont inventé le concept Underage, et même un festival à Londres - à ne pas confondre avec Underage à Lorient. Inauguré l'année passé à Londres, le festival pose d'emblée ses règles: aucun alcool en vue, et aucun adulte dans le public. Pour toute une génération de 14-18 ans c'est la seule et unique façon d'aller voir ses groupes préférés à l'instar de Foals, New Young Poney Club ou Cajun Dance Party.
Fringué tout en argent de poche chez H&M, Primark, Topman ou American apparel, ce public est devant la scène merveilleux: il connaît par coeur les chansons qui trainent sur les myspace et danse à s'en faire péter les poumons. Une aubaine pour les promoteurs, les labels et les médias: ces concerts 14+ sont la garantie d'un public certifié non-blasé, excité dès la première note. Comble de l'ironie, c'est Tiny Master of Today qui tenait l'année passée la tête d'affiche, agés alors seulement de 11 et 13 ans.
La hype et le buzz, les Papas Fritas leurs marchent dessus. Le nom du groupe, contraction phonétique de leur devise balancée comme un étendard (« Pop has freed us »), a déjà tout dit. La musique des Papas Fritas est directe et sucrée. Pas de temps à perdre : il faut que les morceaux sonnent, que le plaisir et l’émotion soient immédiats. Qu’ils soient pop jusqu’à en mourir. Au départ, au début des années 90, tout n’est pourtant pas en place : Tony a une coupe de cheveux improbable, Shivika ne sait pas jouer d’un instrument, et ces deux là ne sont même pas californiens. Mais voila : ils aiment la pop. Et quand on a des mélodies plein la tête, ce n’est pas le genre de choses auxquelles on s’arrête. Alors Shivika apprend la batterie et Keith, étudiant et bassiste à ses heures perdues, rejoint les deux compères. Ensemble, ces trois là composent des chansons bouleversantes de candeur, de fraîcheur et d’humilité. Il y a quelque chose de foncièrement universel et fédérateur dans leur musique, capable de mettre tout le monde d’accord, observateurs exigeants et amateurs de mélodies faciles. Par sa joie de vivre, ce groupe m’émeut comme peu d’autre.
En voyant le groupe se séparer au début du siècle, le monde s’est privé d’un plaisir de plus. Tant pis pour lui. Moi, je retourne écouter Shivika Asthana. Son jeu de batterie si caractéristique, sec, sans chichis, reconnaissable entre mille. Et, plus que tout, plaisir plein de miel, de couleurs et de spontanéité : sa voix. Une voix qui capte l’attention au premier instant et rend amoureux au second.Avec sincérité, Shivika nous parle de sa relation à la musique, au chant, du fonctionnement du groupe, de sa vie actuelle. Pour ceux qui aiment la pop, pour ceux qui aiment les Papas Fritas, pour ceux qui apprendront à les aimer, cette interview vaut mille cadeaux.
Considéré comme une oeuvre pionnière de la chanson contestataire, c'est sur "Strange fruit" que s'ouvre le coffret Révoltés, triple-disque hommage aux musiciens qui à travers les décénnies ont dit la révolte, la colère et l'indignation. Billie Holiday l'interpretait pour la première fois sur scène en 1939. Morceau-phare de la lutte contre la ségregation raciale, ce poème compte parmi un des réquisistoires artistiques les plus vibrants contre le lynchage habituellement pratiqués dans le Sud des Etas-Unis. Il compte l'histoire d'un pendu encore accroché à son arbre: "Southern trees bear a strange fruit / Blood on the leaves and blood at the root / Black body swinging in the Southern breeze / Strange fruit hanging from the poplar trees". Il faut dire qu'à cette époque plus de 3 800 lynchages ont été perpétrés à l'encontre le plus souvent de la population noire, sans même être motivés par un acte criminel réel ou supposé. D'abord populaire dans le petit milieu de la gauche new-yorkaise, le titre écrit par Abel Meeropol est un jour proposé à Billie Holiday qui se produit régulièrement sur les planches du Café Society. On n'applaudie pas tout de suite, mais la clameur gagne progressivement la salle. "Strange Fruit" fait débat, créé des remous. Selon Holiday il s'agit soit d'une source de partage avec un public amical, soit d'un défi vis-à-vis d’un auditoire irrespecteux comme c'est le cas à Mobile (Alabama) ou elle se fait chasser de la ville juste pour avoir essayé d’entonner le morceau. Reprise, samplée, mixée, cet étrange succès sera repris entre autres par Nina Simone, Diana Ross, Marcus Miller (à la clarinette basse), Robert Wyatt, Jeff Buckley, Sting, Tchéky Karyo, Tricky, Aaron et le Cinematic Orchestra. Mais le mieux reste quand même l'originale. Coffret 3CD "Révoltés" des Inrockuptibles, déjà disponible.
Concours. Tourné pour moins de 500 000 francs, somme dérisoire pour un long-métrage, Sang pour sang (Blood Simple en version original) est devenu d'emblée un film culte. Plus encore, c'est un hommage aux classiques américains du film noir dans un ecrin très stylisé. Premier film des frères Coen, il force déjà l'admiration. Les Inrocks et Chezmanucbien vous font gagner des DVD accompagnés du hors série consacré à Joel et Ethan Coen. Après leur consécration aux Oscars pour No Country for Old Men, Les Inrocks 2 se penchent sur l'analyse du cinéma des frères Coen et de leur univers déjanté. Preuve à l’appui, le DVD de leur génial premier méfait, Blood Simple (qui possède un magnifique trailer ici) Entre humour virtuose, noirceur et atmosphère poisseuse, leur premier film contient déjà tous les ingrédients de ce cinéma dépouillant culture populaire et réarrangeant les vieux jouets à leur façon. Plongée dans l’univers déjanté des trublions d’Hollywood.
A découvrir dans le hors-série : un portrait de leur fraterie et de la relation professionnelle qui les unit, La conception du cinéma et de l’indépendance des frères Coen, un entretien rare, l'abécédaire de leur univers, une analyse de Blood Simple, l’influence du film noir sur leur cinéma, et j'en passe. Pour gagner un DVD + le hors série en question, envoyez moi un petit mail à manu arboase chezmanucbien point net, avec en objet: "coen brothers forever". Les gagnants seront prévenus par mail.
Des courts-métrages d’animation, des clips expérimentaux, ou des films de création, c’est ce qu’on a pu découvrir sur grand écran jeudi pour la grande ouverture du festival Nemo 2008. L’inauguration à l’Elysée Biarritz avait quelque chose de futuriste, mélangeant sans complexe des images surprenantes, une performance vidéo live et un concert monstrueux de Apparat. Le festival Nemo a dix ans. Dix ans que le festival poursuit son travail de défrichage de ces images expérimentales de plus en plus populaires et d’un multimédia de création en grand danger. Forcément pointu, mais accessible à tous, Nemo a pour ambition de vulgariser des images rares et les artistes contemporains les plus créatifs du moment. C’est bien sûr l’occasion de découvrir l’étendu du panel multimédia et des techniques qui lui sont associées, au travers d’une série de panoramas, de documentaires ou de performances live.
On assistait justement jeudi à la dernière création audiovisuelle de Ryoichi Kurokawa, un japonais qui mélange sans complexe des textures organiques à une certaine vision du minimalisme. Si l’esthétique numérique dérange parfois par son découpage brutal, elle parvient l’instant d’après à émouvoir d’une façon toute géométrique. Le spectateur se retrouve en apnée au centre d’un univers hors-norme, où la poésie émane de la machine.
De manière plus conventionnelle, les panoramas proposés par le festival offrent une florilèges des meilleurs créations vidéos du moment, des courts-métrages, des bandes-annonces, et bons nombres de clips absolument révolutionnaires (Cornelius, Lyapis Trubetskoy, Moriarty, Bjork, ou The Hours ci-dessous). Et puis en fin de soirée après un super cocktail, Apparat et Transforma sont venus jouer devant un parterre béat : il faut dire que l’auteur de Walls et son complice berlinois utilisent avec une classe folle les sons qu’on a découvert chez James Holden ou Nathan Fake. Il n'en fallait pas plus pour terminer la soirée en beauté.
Le festival, entièrement gratuit, aura lieu jusqu’au 20 avril entre l’Elysée Biarritz, le Cub à Issy-les-Moulineaux, et la Bellevilloise. Programmation complète sur arcadi.fr/nemo.
Pour ne rien vous cacher, je voulais initialement pondre un post sur Sébastien Tellier. Et puis voilà, après avoir assisté à son concert au centre Pompidou fin février et écouté à plusieurs reprises son album Sexuality (Record makers, 2008), j’ai renoncé. Overdose médiatique ? Pas seulement, car je trouve tout ce tapage à son sujet un poil immérité. Réécoutons Sexuality dans deux ans et reparlons en. Plongeons nous plutôt sur le cas Cale et sur son album intemporel Slow Dazzle (Island records, 1975). Non, non, pas J.J Cale, mais John, le seul et unique Cale qui se respecte. J’exagère à peine.
1968 : suite à des querelles d’ego récurrentes, John quitte le Velvet Underground de Lou Reed. Après avoir participé à part entière au 1er album du groupe (le fameux album à la banane, produit par Andy Warhol) et au plus exigeant White Light White Heat, John prend le parti d’entamer une carrière solo. Son 5ème album solo paraît donc le 25 mars 1975, petit bijou injustement oublié des trésors officiels de la pop-music : Slow Dazzle est né, suivi quelques mois plus tard d’Helenof Troy (Island records, 1975) mais ça, c’est une autre histoire. Ma cassette m’ayant lâché il y a quelques années, je dispose de ce disque en CD. Les caractéristiques ce cet album sont donc les suivantes : 110g (boîtier cristal et jaquette comprise), 10 titres en 35 minutes 49 secondes, producteur John Cale lui-même, pochette rétrofuturiste (ces lunettes quand même…).
Brisant net l’adage selon lequel un titre placé en tout début d’album ne devrait jamais être le meilleur du disque, « Mr. Wilson » , hommage pop au leader des Beach Boys alors psychologiquement amoindri, terrasse son homme d’entrée de jeu. La production est blanche, sans aspérité, telle que Cale l’avait déjà montré lorsqu’il avait produit quelques années plus tôt le premier album des Stooges d’Iggy Pop. Les perles se suivent au cours de cet album remarquablement construit (comprendre par là que des titres comme « Dirty-Ass Rock’n’Roll » ou « Ski Patrol » ne sont pas forcément au niveau de l’ensemble mais permettent à l’auditeur de respirer entre deux pépites pop). Après une reprise incroyable d’audace du « Heartbreak hôtel » du King Elvis, John enchaîne quelques minutes plus tard avec l’inénarrable « Guts » et son propos introductif « The bugger in the short sleeves fucked my wife », hommage frontal à Kevin Ayers (qui coucha avec la femme de John Cale lors d’un concert commun en 1974).
Bref, en 2008, votez John Cale et Slow Dazzle, même s’il n’est pas passé en concert au centre Pompidou, qu’il n’a pas fait la une de tous les canards musicaux et qu’à mon grand désarroi, il ne représentera pas le Pays de Galles à l’eurovision 2008.
Concours. Attention, prêt partez! Rendez-vous le 27 mars à Paris pour un parcours artistique pluridisciplinaire aux allures de nuit blanche… Un circuit foisonnant et inédit où se succéderont, dans trois lieux atypiques mystérieux (un loft, une gallerie et un studio photo) plus de 10 concerts. Vous y retrouverez de nombreux concerts, DJs, ainsi que des expos et happenings graphiques. Mêlant folk inattendu (Noah and the Wale), hip hop electro (Naïve New Beater), pop raffinée (Koko Von Napoo), ou électro hennissante (Poney Poney). Il y aura des DJ sets (Pharell des FluoKids, Mock &Toof…), des expos et les happenings graphiques ou visuels de Ryca et Hendrick. On murmure la présence d'un open bar toute la nuit et des navettes en rotation entre les trois lieux.
Organisé à l'occasion du lancement de sa communauté virtuelle Don't Walk Alone, les marketers de Sony Walkman ont imaginé un parcours nocturne entre amis. L'accès à la soirée est uniquement sur invitation et ça tombe bien, on fait comme MTV, A nous Paris et Fluokids, nous vous offrons quelques cartons (valables pour deux) ! Envoyez moi donc un mail avec vos nom, prénom, adresse, et l'année de parution du premier walkman. manu arobase chezmanucbien point net, en objet: "parcours vite".
«Lolita, light of my life, fire of my loins. My sin, my soul. Lo-lee-ta: the tip of the tongue taking a trip of three steps down the palate to tap, at three, on the teeth. Lo. Lee. Ta. » Les mots se cognent les uns aux autres, se jaugeant et se répondant, dans un festival de sonorités élégantes. Les « l » s’appellent, les « t » s’apprêtent. Tout y est : harmonie, sens du rythme et de la rupture, une musique qui s’élève et ne retombera plus. Si j’aime autant les romans de Vladimir Nabokov, je crois que c’est avant tout pour cette manière à la fois sophistiquée et terriblement ludique de jouer avec les mots comme d’autres jouent avec des cordes. Le sens importe, bien sûr, mais la musique tout autant : les mots doivent résonner, et le vrai sens est là, caché derrière ces sonorités. Nabokov s’amuse et néologise, en russe comme en anglais. Un temps, j’ai hésité à tenter l’aventure en anglais mais, terrorisé à l’idée de laisser échapper une partie du sens, je me suis résolu à accepter cet ersatz d’œuvre : la traduction. C’est d’ailleurs là toute l’ambiguïté de ma condition de lecteur français. Car paradoxalement, cette écriture si particulière présente l’avantage de rendre tout compromis très difficile. Traduire littéralement ou adapter, respecter au mot ou réinventer : le débat est sans fin. J’imagine d’ailleurs assez bien ce traducteur au supplice, le texte sous les yeux, bousculant les feuilles de son dictionnaire dans l’espoir d’arriver à retranscrire l’idée originale. Et parfois, je me demande ce qu’aurait donné une traduction par Nabokov lui-même, lui qui parlait parfaitement le français et avait - parait-il - désavoué la première traduction de Lolita. Une même partition à la disposition du même musicien, mais à qui l’on aurait donné de nouveaux instruments… Oui, je crois que ce qui m’émeut le plus chez Nabokov, c’est cela : tout y est musique. Rien n’est fragile, tout se tient. Le nom des personnages, par exemple. « Van Veen » d’Ada ou l’Ardeur, ou « Humbert Humbert » de Lolita, sortes de refrains à eux tout seul, se mordant la queue et se répétant jusqu’à l’épuisement. Et ces néologismes, bien sûr, qui même traduits conservent une poésie à part… Le son n’empêche pas le sens, mais il le transcende. Et, bien après leur lecture, lorsque je songe aux romans de Nabokov, ce sont parfois les images qui me reviennent, mais plus souvent ces mélodies faites de mots en équilibre, rebondissant en moi à l’infini.
C'est là, au Paris Social Club, qu'aura lieu une belle série de live electro les jours prochains. Ca tombe bien, on vous propose de gagner quelques places.A vos agendas!Vendredi 14 c'est Data, Zombie Nation,Strip Steve et DActylo. Après les Crystal Castles en février, c’est au tour de Zombie Nation,co-auteur avec Tiga du hit « Lower State Of Consciousness », de provoquer laFurie. Data replongera dans le monde délicieux de Vladimir Cosma et deGiorgio Moroder tandis que Strip Steve (Boys Noize Records),fera rebondir sa techno funky sur les murs du Social Club. Samedi 15 : Gilb'r, Soundsrteam live et Robain Bno. Soundstream, le projet solo de Hack aka FranckTimm, passera pour un live à la deepness irrésistible. Cet événement sera encadré par Romain BNO et le boss de Versatile aux platines, Gilb-R, toujours prompts à dénicher la dernière pépite house ou une terrible tournerie funk.Enfin Samedi 22 mars :Marsheadman, Dominique Keegan et Hiltmeyer Inc. Troisième album pour le Suisse Robi Insinna, enregistré au légendaire studioberlinois Hansa, terrain de jeu de David Bowie et Iggy Pop dans les années 70. Headman viendra en compagnie de vieilles connaissances, Dominique Keegan, un des fondateurs du groupe The Glass et dul abel Plant Music.
CONCOURS. Il y a 5x2 places à gagner pour les trois soirs. Envoyez un email à manu arobase chezmanucbien point net, en objet: merci coralie.
Foutu mois de mars. Les jours s'étirent, les nuits sont courtes, il pleut, il vente, il fait chaud et froid et il n'y a plus depuis longtemps de neige en hiver. Il y a Gondry, Tellier, Daniel Day-Lewis, Christophe Blain, Caribou et Wes Anderson et les Kills. Mille et une occasions de s'emerveiller. Je pourrai parler ici de Georges Melies, des Staples Singers ou de Fred Frith, du festival Banlieue bleue, du Bose Blue Note par exemple. A vrai dire pas mal de trucs qui m'ont accorché ces dernières semaines malgré la grisaille, que je regrette de ne pas avoir developpé, ni soutenu à leur juste valeur. Pendant quelques temps encore je redeviens un simple quidam.
Aujourd'hui la famille s'agrandie, les idées prennent, la couleur éclate. Un nouveau procédé, un nouvelle forme musicale est en train de voir le jour. C'est encore un projet, une envie solide qui ne cherche qu'à sortir ; bref un nouveau site web.
Il fallait venir tôt lundi soir. La Maroquinerie était pleine à craquer pour Shantel & le Bucovina Orkestra, prête à danser pendant deux heures et faire péter la vodka dans une ambiance euphorique. Tsiganizatsia ! Quelques clics sur Youtube vous montreront à quoi ressemblent les concerts de Shantel, le producteur, musicien et DJ qu’on s’arrache d’Istanbul à Berlin. Produites en Bucovine, à la frontière de la Roumanie et de l’Ukraine, ses compilations ont fait le tour de l’Europe, grâce à un style inimitable associant des balkan beats à du disco russe, des rythmes orientaux, des orchestrations tsiganes et quelques verres derrière le col. J’avais déjà pris une énorme claque à leur découverte à Istanbul, cette fois c'est à Paris avec son orkestar au complet.
Le décor est planté il y a un accordéon, trompette, saxophone, violon, synthé, basse, batterie et des platines qui finalement n’auront pas beaucoup servies. Shantel chante au micro avec sa nonchalance et son charisme habituels, tout sourire en direction des filles. Notons que sa guitare est tenue à bonne hauteur par un pied, pas vraiment rock’n’roll mais terriblement cool. Dès les premiers titres c’est une joie immense qui se dégage de la scène. Le public est bouillant. Les titres de Disko Partizani (Essay Recordings, 2007) succèdent aux vieux tubes de Bucovina Club, et en un instant tout bascule, c’est un semestre passé en Turquie qui défile devenant moi, qui me colle au corps. Shantel à Babylon, c’est ma madeleine de Proust.
Pas avare en alcool, il revient sur scène avec une bouteille de vodka qu’il partage aussi sec en distribuant des verres. Les visages trempés de sueur aux premiers rangs sont euphoriques, pendant que Bucovina Orkestra entame "Disko partizani". Tout le monde est à bout de souffle, mais la fête continue dans une ambiance à la Emir Kusturica ou Vladimir Cosma à qui l'on doit la musique de Rabbie Jacob. Shantel éclabousse la fosse en tappant sur sa caisse claire remplie d’eau, une fille monte sur scène, d’autres slamment dans tous les sens. On pourrait continuer à danser pendant toute la nuit, mais après un rappel à rallonge c’est bel et bien fini. Pour cette-ci en tout cas. (crédit photo Mikael)
Pendant longtemps, Vic Chesnutt s’est fait connaître du seul cercle des initiés. Celui qu’on considère à juste titre comme l’un des meilleurs chroniqueurs folk actuel donnait vendredi dernier un concert d’une intensité rare, dense et noire.Les Nuits de l’Alligator accueillaient à la Maroquinerie le petit bonhomme, auteur inspiré de grandes chansons et d’une douzaine d’albums à la beauté solaire. Prisonnier d’une chaise roulante depuis un accident de voiture en 1983, Vic Chesnutt a pendant longtemps entretenu un dialogue avec le suicide (Drunk et Is the Doctor Happy?). Depuis son écriture a gagné en espérance. Sur scène, c’est en compagnie de Guy Picciotto (Fugazi) et des canadiens de A Silver Mount Zion qu’il se produit, associant dans chacun des titres de North Star Disaster la densité noire du label Constellation (Godspeed You! Black Emperor, Fly Pan Am) et ses mots superbes qui dans sa bouche résonnent pour l’éternité. Voir Vic Chesnutt en concert relève du témoignage. Tout dans sa musique appelle à la grâce, portée par les arrangements symphoniques qu’on appréciait déjà chez A Silver Mount Zion : "Everything I say", "You’re never alone" et "Debriefing" soulèvent les corps. Les chœurs inquiets sur "Glassolallia", eux, sont à tomber.
Lui qui déteste les silences s’amuse à combler l’espace. Il rie volontiers sur sa condition et aime discuter avec son public. Le rappel se termine sur "Over" une ballade magnifique aux paroles idiotes qu’il joue à rallonge seul sur sa guitare pour enfant, en attendant qu’on vienne le sortir de scène. On est touché, bousculé, on a pri ce soir une belle leçon de musique, la tête un plus près des étoiles. (crédit photo Damon Allen Davison)
Annoncé pour le printemps 2008, le troisième album du Sacre du Tympan prouve que le bel orchestre de Fred Pallem est toujours l’un des plus passionnants ensembles encore en activité en France. « Le Sacre du Tympan, c’est terrible, tu connais pas ? » Il faut dire franchement que j’ai du mal à percer les mystères du jazz et que mes influences en musique classique se limitent principalement à ma prof de musique au collège et aux BO de Stanley Kubrick. Et pourtant, il y a dans cette Grande Ouverture (Atmosphériques, 2008) de quoi alimenter vos prochaines conversations, au vu du nombre d’invités et de directions à suivre. Je découvre la suite dans le salon d’un hôtel de luxe pour un showcase plus classe que d’habitude, où entre deux coupes de champagne on finira par tout savoir sur « le big band du XXIème siècle ».
On apprendra que Fred Pallem préfère collaborer avec des gens qui ne sont pas forcément issus de cette musique et de fait, les 17 musiciens présents (saxophones, trompettes, trombones, tuba, flûte, percussions, orgue, guitare, basse et batterie) puisent dans le jazz, le rock et les orchestres soul de Stax et de la Motown des arrangements magistraux. On n'aura pas la chance de voir live tous les invités présent sur le disque (Sanseverino, Matthieu Chedid ou Sebastien Tellier décidemment partout), mais c’est déjà pas mal : André Minvielle, André Popp, Juliette Paquereau de Diving With Andy se succèdent au micro, confondant les genres et les styles, passant d’une ballade jazzy à une explosion rock. Coutumier des arrangements dépouillés, Piers Faccini le magnifique reprend "Sharpening bone" avec l’orchestre sans perdre de son intensité, bien au contraire. Taillée sur mesure pour ses invités, le disque de Fred Pallem et sa bande a de quoi vous faire apprécier ce qui ressemble de près ou de loin à la grande musique, et vous donner envie de replonger dans les BO de Ennio Morricone, de François de Roubaix ou Henry Mancinni. Finalement pas grand-chose à voir avec le ballet de Stravinski…
De retour sous son pseudonyme originel, le mythique chanteur des Pixies revient faire un tour de ce côté de l'Atlantique. Mais juste avant son concert à l'Elysée Montmartre sold-out, Black Francis donne rendez-vous le 16 février pour une session acoustique dans les rues de Paris. Comme à Avignon, il y aura un festival off. On a du mal à imaginer ce à quoi peut ressembler le douzième album solo de Franck Black depuis la séparation du groupe de Boston, et pourtant on aurait tort. Dans Bluefinger (Cooking Vinyle, 2007) c'est un veritable retour aux punk des débuts qui anime le corps corpulent de Black Francis. Exits les Catholics, celui-ci est à ranger plutôt du côté de Bossanova et Trompe Le Monde. On sait à quel point les américains sont friands des Concerts à emporter parisiens, et c'est peut-être pour ça qu'on peut voir dans le "precore annoucement" de sa tournée européenne la volonté d'expérimenter quelque chose de plus rock'n'roll dans le quotidien promo-balance-concert. C'est à travers une vidéo sur son blog que la nouvelle s'est répendue comme une traînée de poudre. Black Francis et ses Ray-Ban affalé au sol, gribouille sur le sol les dates et les adresses de ses prochains rendez-vous. "Le 16 à Paris, à L'Entrepot (Rue Francais de Pressense 7-9) 4 PM". Il y donnera une session acoustique, reprendra peut-être "Where is my Mind" ou "Mr Grieves", en esperant qu'il ne se fera pas embarquer par les flics comme l'autre jour à Dublin! C'est à peine croyable, et foutrement rock. Rendez-vous donc ici, à deux pas du métro Parnety.
CONCOURS. Comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, j'ai le plaisir de vous offrir les dernières places pour voir Black Francis à l'Elysée Montmartre à condition de trouver à quel artiste néerlandais a largement influencé notre homme dans l'ecriture de Bluefinger? Il y a 2x2 places à gagner pour les plus rapides d'entre vous. Envoyez votre réponse à manu arobase chezmanucbien point net, en objet: franck black is back
Les Beach Boys sont morts. La sentence est tombée cette nuit, en plein sommeil paradoxal. Réveil en sueur, panique... puis regard pas frais sur l’album Sunflower (1970), vinyle gondolé dont la pochette cartonnée orne ma table de chevet, tel un trophée chopé dans une convention de disques au fin fond du Larzac ou une coupe en plastique poussiéreuse gagnée à un tournoi de pétanque de quartier. Maintenus artificiellement en vie durant de nombreuses années par de nombreux(ses) bard(b)es pop (Herman Düne, Sébastien Tellier, David Bowie, Sean Lennon...), le gang des frères Wilson a désormais cinq pieds sous terre, et les cinq qui restent ne sont pas beaux à voir. Les Beach Boys sont morts, et ma nuit va être courte. Mon regard s’attarde sur la pochette jaunie : Dennis, le beau surfeur auteur du superbe LP solo Pacific Ocean Blue encore trop méconnu et toujours indisponible en cd, s'est noyé en 1983. Quinze ans plus tard, c’est Carl qui clamse. Il était un élément indispensable des garçons de la plage comme en témoigne ce chef-d'oeuvre. Quant à Brian le « génial leader », n’en déplaise à certains, il faut le considérer comme perdu pour la pop-cause depuis la fantastique face B de l'album Beach Boys Love You, sorti en… 1977. Mike Love et Al Jardine, les deux derniers membres, tournent encore aujourd’hui sans la moindre honte sous l'étiquette Beach Boys, mais comme l'on dit, ça ne vaut pas tripette. Les Beach Boys sont là, partout, les choeurs du "Divine" de Sébastien Tellier, c’est eux. Les arrangements de "Back to black" d'Amy Winehouse, c'est encore eux. Pourtant, ils sont cramés, cuits, lessivés et il ne reste d'eux que cette pochette, du gros carton qui sent le renfermé. Je saisis la galette noire de jais, la pose sur la platine, arme le bras. Le disque commence à tourner sur la platine.
Ce disque, Sunflower, est la vraie merveille des planchistes, mieux que leur légendaire Pet Sounds sorti trois ans auparavant. Inutile d'en parler, de discuter, de débattre, le jugement est définitif de mauvaise foi, ce disque est démoniaque : une nouvelle fois produit par les Boys eux-mêmes, il contient notamment des balades belles à pleurer ("Forever", "Deirdre", "Tears in the morning") et des chansons gigognes ("This whole world", "At my window") gorgées d’ arrangements estampillés BB (cloches, chœurs en canon élégiaques,..). Chaque morceau recèle plus de mystère que la discographie complète de « qui tu veux, ami lecteur » et j’exagère à peine. L’intro implacable de "It’s about time" rappelle les meilleures productions de Phil Spector. "At my window" et ses gazouillis d’oiseaux subjugue par sa naïveté assumée et la beauté qui s’en dégage. L’orage "Cool, cool, water" m’achève. Le casque vissé sur les oreilles, je me rendors avec les craquements du vinyle qui se répètent à l’infini. The Beach Boys are dead, long live the Beach Boys...
BEACH BOYS deirdre (MP3)
extrait de l'album Sunflower (1970)
Dazzling! Fulgurant! Spectacular! Le duo de stars intergalactiques Superpitcher & Michael Mayer viennent jouer la semaine prochaine à Paris pour la zuper zoirée annuelle du magazine Trax. Vous porterez pour l'occasion une cape et des collants. Après la We love Trax qui avait lieu à la Cité des Sciences et de l'Industrie l'année dernière, c'est l'espace Pierre Cardin qui accueillera le 16 février quelques centaines de superfans de Supermayer pour féter la nouvelle version de Trax. Pour ceux qui ne savent pas encore qui est Supermayer, c'est le duo de superheros-de-Cologne derrière lequel se cache Michael Mayer, le boss du label Kompact, et Askel Schaufler, le bonhomme de Superpitcher. Ils construisent à quatre mains une electro minimale à paillettes souvent sucrée, et pronnent l'art de laisser-aller - "The art of letting go" qui ouvre l'album est un petit bijou de disco chic. Enfilez donc vos leggings, t-shirt fluos et slip de couleur l'entrée est gratos pour les superhéros en tenue complète! Au besoin faites commes les autres et passez chez American Apparel.
L'aTRAXion 2008 sera-t-elle à la hauteur de celle de 2007? Il faut dire que depuis l'automne c'est un peu la guerre des mondes electroniques qui agite la presse française. Rappel des faits: Trax, l'un des meilleurs magazine musical français, se fait racheter par Techknicart. L'équipe de rédaction, et avec elle ses excellents journalistes s'en va fonder un nouveau titre sous le nom de Tsugi. Même créneau, toujours vendu avec un CD sampleur et parfois même la même couverture (Daft Punk pour les deux en décembre dernier). Le match n'est pas terminé, mais une chose est sûre, avec We love Art à ses côtés, Trax semble prendre une longueur d'avance.
Découvert ce weekend en avant-première, le très attendu Peur(s) du Noir s'apprète enfin à sortir sur les écrans. Un travail remarquable d'animation réalisé par des auteurs de BD issus de l'underground. Depuis le succès des Triplettes de Belleville, l’animation française reprend du poil de la bête. Joann Sfar travaille sur l’adaptation du "Chat du Rabbin", Michel Ocelot le réalisateur de Kirikou et la Sorcièrepar ci devient clippeur pour Björkpar là, et Persepolis est nominé aux Oscars. Là encore, avec Peur(s) du Noir à paraître au cinéma le 13 février, il y a de quoi être fier de notre exception culturelle. En noir et blanc du début à la fin, Peur(s) du Noir rassemble plusieurs auteurs issus pour la plupart de la bande dessinée pour donner vie à une sorte de film-laboratoire, un « plateau de fromages » pour reprendre les mots du directeur artistique, centré autour de différentes formes d’angoisses : peur des fantômes, des insectes, du médecin, des animaux féroces…
Chacun des sept sketches développe ses propres techniques et y va de son originalité graphique. L’art en mouvement de Blutch offre un dessin dense et charbonneux, l’esthétique kawai de Marie Caillou tourne au gore, Charles Burns semble toujours aussi torturé, à mi chemin entre le réalisme et le fantastique… Forcément la narration a bien du mal à trouver une unité, tant l’univers de chaque auteur est personnel. Mais comme souvent le meilleur est pour la fin : la séquence de Richard McGuire est renversante d’ingéniosité. L'ancien musicien du groupe no-wave Liquid Liquid, celui que Chris Ware tient pour un génie, possède un gros talent d’illustrateur et de graphiste, jouant de la lumière et de l’environnement sonore avec une virtuosité frappante. Extrait.
Angoulême c'est fini. C'est un australien, Shaun Tan, qui remporte le prix du meilleur album pour "Là où vont nos pères" (Dargaud) en traitant ici le thème de l'immigration sous une forme métaphorique, convoquant une imagerie fantasmagorique.Isabelle Pralong remporte le prix révélation pour "L'élephant" (Vertige Graphique) ; quant au nouveau prix du pubic Fnac-SNCF, il a été décerné à "Kiki de Montparnasse" (Casterman) de Catel et Bocquet. Plus de 80 albums étaient en compétitions cette année, parmis lesquels "Acme novelty library" de Chris Ware, "Adele Blanc-Sec" de Tardi, "Le chat du rabbin" de J.Sfar, "Chroniques birmanes" de Guy Delisle, "Epuisé" de Joe Matt, "Le grand autre" de Debeurme, "Gus" de Christophe Blain, "Ile Bourbon 1730" de Apollo & Trondheim, "Pascal Brutal" et "La vie secrète des jeunes" de Riad Sattouf... Autant de lectures qui ont rythmées mon année 2007 ou qu'il reste à découvrir.
Le festival d'Angoulême c'est aussi 4 jours de manifestations créatrices et de rencontres fantastiques. Quelques concerts de dessins ont eu lieu, notamment Thomas Fersen illustré par Joann Sfar, ou Yolande Moreau illustrée par Pascal Rebaté. Une rencontre spéciale aussi entre le multi-instrumentiste Areski Belkacem et José Munoz, président du festival 2008. Un beau match d'impro s'est déroulé entre les équipes de Spirou et Fluide Glacial et s'est terminé dans un mouchoir de poche: 9-8 pour Spirou! Les 24 Heures de la bédé ont réuni plus de 200 participants, professionnels, amateurs ou étudiants autour de la réalisation d'une BD individuelle de 24 pages en 24 heures avec pour seule contrainte la suivante: "La page 12 (couverture non comprise) doit mettre en scène une réunion de famille". Tous les travaux sont disponibles en lignes, y compris ceux de Frantico et Etienne Lécroart qui valent vraiment le détour. Enfin, le meilleur pour la fin: Dupuy & Berberian ont reçu le grand prix de la ville d'Angoulême 2008, ce qui fera du duo à 4 mains les présidents du jury 2009. C'est peu dire qu'on apprécie les travaux de ces deux auteurs complets, rencontrés presque par hasard à Istanbul. Ils ont su developpé depuis une quainzaine d'années une identité commune entre humour et introspection, ironie et sensibilité, dans le "Journal d'un album" (l'Association), les "Monsieur Jean" et leurs divers carnets d'illustrations. Vivement l'an prochain.