Pour ne rien vous cacher, je voulais initialement pondre un post sur Sébastien Tellier. Et puis voilà, après avoir assisté à son concert au centre Pompidou fin février et écouté à plusieurs reprises son album Sexuality (Record makers, 2008), j’ai renoncé. Overdose médiatique ? Pas seulement, car je trouve tout ce tapage à son sujet un poil immérité. Réécoutons Sexuality dans deux ans et reparlons en. Plongeons nous plutôt sur le cas Cale et sur son album intemporel Slow Dazzle (Island records, 1975). Non, non, pas J.J Cale, mais John, le seul et unique Cale qui se respecte. J’exagère à peine.
1968 : suite à des querelles d’ego récurrentes, John quitte le Velvet Underground de Lou Reed. Après avoir participé à part entière au 1er album du groupe (le fameux album à la banane, produit par Andy Warhol) et au plus exigeant White Light White Heat, John prend le parti d’entamer une carrière solo. Son 5ème album solo paraît donc le 25 mars 1975, petit bijou injustement oublié des trésors officiels de la pop-music : Slow Dazzle est né, suivi quelques mois plus tard d’Helenof Troy (Island records, 1975) mais ça, c’est une autre histoire. Ma cassette m’ayant lâché il y a quelques années, je dispose de ce disque en CD. Les caractéristiques ce cet album sont donc les suivantes : 110g (boîtier cristal et jaquette comprise), 10 titres en 35 minutes 49 secondes, producteur John Cale lui-même, pochette rétrofuturiste (ces lunettes quand même…).
Brisant net l’adage selon lequel un titre placé en tout début d’album ne devrait jamais être le meilleur du disque, « Mr. Wilson » , hommage pop au leader des Beach Boys alors psychologiquement amoindri, terrasse son homme d’entrée de jeu. La production est blanche, sans aspérité, telle que Cale l’avait déjà montré lorsqu’il avait produit quelques années plus tôt le premier album des Stooges d’Iggy Pop. Les perles se suivent au cours de cet album remarquablement construit (comprendre par là que des titres comme « Dirty-Ass Rock’n’Roll » ou « Ski Patrol » ne sont pas forcément au niveau de l’ensemble mais permettent à l’auditeur de respirer entre deux pépites pop). Après une reprise incroyable d’audace du « Heartbreak hôtel » du King Elvis, John enchaîne quelques minutes plus tard avec l’inénarrable « Guts » et son propos introductif « The bugger in the short sleeves fucked my wife », hommage frontal à Kevin Ayers (qui coucha avec la femme de John Cale lors d’un concert commun en 1974).
Bref, en 2008, votez John Cale et Slow Dazzle, même s’il n’est pas passé en concert au centre Pompidou, qu’il n’a pas fait la une de tous les canards musicaux et qu’à mon grand désarroi, il ne représentera pas le Pays de Galles à l’eurovision 2008.
Concours. Attention, prêt partez! Rendez-vous le 27 mars à Paris pour un parcours artistique pluridisciplinaire aux allures de nuit blanche… Un circuit foisonnant et inédit où se succéderont, dans trois lieux atypiques mystérieux (un loft, une gallerie et un studio photo) plus de 10 concerts. Vous y retrouverez de nombreux concerts, DJs, ainsi que des expos et happenings graphiques. Mêlant folk inattendu (Noah and the Wale), hip hop electro (Naïve New Beater), pop raffinée (Koko Von Napoo), ou électro hennissante (Poney Poney). Il y aura des DJ sets (Pharell des FluoKids, Mock &Toof…), des expos et les happenings graphiques ou visuels de Ryca et Hendrick. On murmure la présence d'un open bar toute la nuit et des navettes en rotation entre les trois lieux.
Organisé à l'occasion du lancement de sa communauté virtuelle Don't Walk Alone, les marketers de Sony Walkman ont imaginé un parcours nocturne entre amis. L'accès à la soirée est uniquement sur invitation et ça tombe bien, on fait comme MTV, A nous Paris et Fluokids, nous vous offrons quelques cartons (valables pour deux) ! Envoyez moi donc un mail avec vos nom, prénom, adresse, et l'année de parution du premier walkman. manu arobase chezmanucbien point net, en objet: "parcours vite".
«Lolita, light of my life, fire of my loins. My sin, my soul. Lo-lee-ta: the tip of the tongue taking a trip of three steps down the palate to tap, at three, on the teeth. Lo. Lee. Ta. » Les mots se cognent les uns aux autres, se jaugeant et se répondant, dans un festival de sonorités élégantes. Les « l » s’appellent, les « t » s’apprêtent. Tout y est : harmonie, sens du rythme et de la rupture, une musique qui s’élève et ne retombera plus. Si j’aime autant les romans de Vladimir Nabokov, je crois que c’est avant tout pour cette manière à la fois sophistiquée et terriblement ludique de jouer avec les mots comme d’autres jouent avec des cordes. Le sens importe, bien sûr, mais la musique tout autant : les mots doivent résonner, et le vrai sens est là, caché derrière ces sonorités. Nabokov s’amuse et néologise, en russe comme en anglais. Un temps, j’ai hésité à tenter l’aventure en anglais mais, terrorisé à l’idée de laisser échapper une partie du sens, je me suis résolu à accepter cet ersatz d’œuvre : la traduction. C’est d’ailleurs là toute l’ambiguïté de ma condition de lecteur français. Car paradoxalement, cette écriture si particulière présente l’avantage de rendre tout compromis très difficile. Traduire littéralement ou adapter, respecter au mot ou réinventer : le débat est sans fin. J’imagine d’ailleurs assez bien ce traducteur au supplice, le texte sous les yeux, bousculant les feuilles de son dictionnaire dans l’espoir d’arriver à retranscrire l’idée originale. Et parfois, je me demande ce qu’aurait donné une traduction par Nabokov lui-même, lui qui parlait parfaitement le français et avait - parait-il - désavoué la première traduction de Lolita. Une même partition à la disposition du même musicien, mais à qui l’on aurait donné de nouveaux instruments… Oui, je crois que ce qui m’émeut le plus chez Nabokov, c’est cela : tout y est musique. Rien n’est fragile, tout se tient. Le nom des personnages, par exemple. « Van Veen » d’Ada ou l’Ardeur, ou « Humbert Humbert » de Lolita, sortes de refrains à eux tout seul, se mordant la queue et se répétant jusqu’à l’épuisement. Et ces néologismes, bien sûr, qui même traduits conservent une poésie à part… Le son n’empêche pas le sens, mais il le transcende. Et, bien après leur lecture, lorsque je songe aux romans de Nabokov, ce sont parfois les images qui me reviennent, mais plus souvent ces mélodies faites de mots en équilibre, rebondissant en moi à l’infini.
C'est là, au Paris Social Club, qu'aura lieu une belle série de live electro les jours prochains. Ca tombe bien, on vous propose de gagner quelques places.A vos agendas!Vendredi 14 c'est Data, Zombie Nation,Strip Steve et DActylo. Après les Crystal Castles en février, c’est au tour de Zombie Nation,co-auteur avec Tiga du hit « Lower State Of Consciousness », de provoquer laFurie. Data replongera dans le monde délicieux de Vladimir Cosma et deGiorgio Moroder tandis que Strip Steve (Boys Noize Records),fera rebondir sa techno funky sur les murs du Social Club. Samedi 15 : Gilb'r, Soundsrteam live et Robain Bno. Soundstream, le projet solo de Hack aka FranckTimm, passera pour un live à la deepness irrésistible. Cet événement sera encadré par Romain BNO et le boss de Versatile aux platines, Gilb-R, toujours prompts à dénicher la dernière pépite house ou une terrible tournerie funk.Enfin Samedi 22 mars :Marsheadman, Dominique Keegan et Hiltmeyer Inc. Troisième album pour le Suisse Robi Insinna, enregistré au légendaire studioberlinois Hansa, terrain de jeu de David Bowie et Iggy Pop dans les années 70. Headman viendra en compagnie de vieilles connaissances, Dominique Keegan, un des fondateurs du groupe The Glass et dul abel Plant Music.
CONCOURS. Il y a 5x2 places à gagner pour les trois soirs. Envoyez un email à manu arobase chezmanucbien point net, en objet: merci coralie.
Foutu mois de mars. Les jours s'étirent, les nuits sont courtes, il pleut, il vente, il fait chaud et froid et il n'y a plus depuis longtemps de neige en hiver. Il y a Gondry, Tellier, Daniel Day-Lewis, Christophe Blain, Caribou et Wes Anderson et les Kills. Mille et une occasions de s'emerveiller. Je pourrai parler ici de Georges Melies, des Staples Singers ou de Fred Frith, du festival Banlieue bleue, du Bose Blue Note par exemple. A vrai dire pas mal de trucs qui m'ont accorché ces dernières semaines malgré la grisaille, que je regrette de ne pas avoir developpé, ni soutenu à leur juste valeur. Pendant quelques temps encore je redeviens un simple quidam.
Aujourd'hui la famille s'agrandie, les idées prennent, la couleur éclate. Un nouveau procédé, un nouvelle forme musicale est en train de voir le jour. C'est encore un projet, une envie solide qui ne cherche qu'à sortir ; bref un nouveau site web.