Le Sacre du Printemps

Annoncé pour le printemps 2008, le troisième album du Sacre du Tympan prouve que le bel orchestre de Fred Pallem est toujours l’un des plus passionnants ensembles encore en activité en France. « Le Sacre du Tympan, c’est terrible, tu connais pas ? » Il faut dire franchement que j’ai du mal à percer les mystères du jazz et que mes influences en musique classique se limitent principalement à ma prof de musique au collège et aux BO de Stanley Kubrick. Et pourtant, il y a dans cette Grande Ouverture (Atmosphériques, 2008) de quoi alimenter vos prochaines conversations, au vu du nombre d’invités et de directions à suivre. Je découvre la suite dans le salon d’un hôtel de luxe pour un showcase plus classe que d’habitude, où entre deux coupes de champagne on finira par tout savoir sur « le big band du XXIème siècle ».
On apprendra que Fred Pallem préfère collaborer avec des gens qui ne sont pas forcément issus de cette musique et de fait, les 17 musiciens présents (saxophones, trompettes, trombones, tuba, flûte, percussions, orgue, guitare, basse et batterie) puisent dans le jazz, le rock et les orchestres soul de Stax et de la Motown des arrangements magistraux. On n'aura pas la chance de voir live tous les invités présent sur le disque (Sanseverino, Matthieu Chedid ou Sebastien Tellier décidemment partout), mais c’est déjà pas mal : André Minvielle, André Popp, Juliette Paquereau de Diving With Andy se succèdent au micro, confondant les genres et les styles, passant d’une ballade jazzy à une explosion rock. Coutumier des arrangements dépouillés, Piers Faccini le magnifique reprend "Sharpening bone" avec l’orchestre sans perdre de son intensité, bien au contraire. Taillée sur mesure pour ses invités, le disque de Fred Pallem et sa bande a de quoi vous faire apprécier ce qui ressemble de près ou de loin à la grande musique, et vous donner envie de replonger dans les BO de Ennio Morricone, de François de Roubaix ou Henry Mancinni. Finalement pas grand-chose à voir avec le ballet de Stravinski…
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