Nous aimons Modeselektor

Le duo Modeselektor remet le couvert! Suite du déjà classique Hello Mom! paru en 2005, le nouvel album du groupe berlinois enfonce le clou avec Happy Birthday! et une date parisienne qui s'annonce exceptionnelle : le 10 novembre prochain pour We Love Modeselektor. Depuis leurs débuts en 2000 sur le label Bpitch Control d'Ellen Allien, ils batissent un monde musical sans frontière en prenant soin d'éviter tout ligne directice, passant du crunk à l'européenne au dub minimal, de la bombe dancefloor à du rock old school. Pas étonnant donc d'y retrouver calé des titres avec Maxïmo Park, TTC, Puppetmastaz et même Thom Yorke de Radiohead. Happy Birthday! est en ce sens un disque d'électro fêtard, et leur live toujours l'occasion d'en prendre plein la tête. Sur une scène encore tenue secrète pour l'instant, ils seront accompagnés de TTC, Otto Von Schirach et Mr Maloke des Puppetmastaz. We love Art et Chezmanu[c]bien vous on gardé quelques places à condition de répondre à la question sur la page concours. En attendant, voilà un extrait du VJ mix qui les accompagne sur le titre "godspeed" issu de leur dernier album.


Comelade est génial

pascal comeladeEtrangement, j’ai d’abord découvert les Pascals avant d’en venir au véritable Pascal Comelade. Une fanfare nippone qui reproduit note pour note ce que faisait Comelade avec le Penguin Café Orchestra. Si cette pratique lui semble dérisoire ou inutile, elle témoigne néanmoins de l’engouement que suscite le voyageur catalan. Pascal Comelade n’écrit pas de comédies musicales pharaoniques, son music-hall fait plutôt dans l’intimiste. Des piécettes d’une musicalité folle composées avec trois bouts de ficelles. A partir d’un toy piano, un mélodica et des guitares en pastiques, Comelade tente une conciliation entre toutes les formes de musiques populaires. Autant influencé par les répétitifs américains (P. Glass, Steve Reich) que par la musique traditionnelle, par le krautrock que par le rock n' roll, il parvient à établir de ces univers une trame commune. Si sa Mèthode de Rocanrol (Because, 2007) évoque la sobriété d’Erik Sathie, son vrai-faux best-of a une toute autre allure. Sorti quelques mois plus tôt, Monofonicorama rassemble tout un tas d’enregistrements composés seul ou avec son Bel Canto Orquestra, à écouter chez soi pendant l’hiver. On y découvre des duos rares comme celui de Robert Wyatt et PJ Harvey, des chansons douces amer pour le dimanche avec un vin chaud entre les mains.

PASCAL COMELADEpim pam poum al concepte (MP3)



Dans la veine du génial Comelade, une ode au toy piano a vu le jour. Un mixtape thématique entièrement dédiée au piano jouet pour enfant que le label K7 Monster vient d’éditer, à télécharger librement sur leur page.

Sortie de scène

the shins /animal collective

Pas mal. Une collection de musiciens pris sur le vif dans les backstage juste après leur prestation, c'est le projet du photographe Laurent Brochet. Intitulés Sortie de Scène, ces instantanés montrent des groupes qu'on aime dans des moments rares comme Gonzales, Sébastien Tellier, Flaming Lips, Turzi, The Shins ou Animal Collective (en photos). Laurent Brochet s'explique: « La scène est le lieu ultime pour un artiste. Son travail et sa vie tendent vers ces instants de grâce où il entreprend sa performance face au public. Il existe alors un instant privilégié, un entre-deux qui synthétise l'importance et l'unicité de l'événement : il s'agit de la Sortie de Scène. Faire le portrait de ou des artistes à ce moment, c'est bien sûr tenter de prolonger et de donner à voir ce qui n'est pas visible naturellement. Mais c'est aussi écrire l'histoire de ces personnages qui réalisent leurs rêves en nous faisant rêver : c'est un document. » Ce travail a commencé le 21 juin 2005 pendant la fête de la musique, grâce au label Coming Soon Pop Records. Aujourd'hui le magazine Magic! reprend tous les mois une photo sur une pleine page dans la rubrique "Le mot de la fin". On ne saurait trop vous recommander d'aller faire un tour sur son site internet ou sur la page myspace de Sortie de Scène, régulièrement mise à jour. Rideau.

Au son du ghettoblaster

Découvert d’abord en compagnie de David Krakauer et son Klezmer Madness, SoCalled en solo dévoile de multiple facettes: un homme orchestre hors pair qu’on aura bien du mal à étiqueter. C’est à la dernière minute que j’apprends la venue le soir même de Jason Dolgin, alias SoCalled, fondateur canadien du hip hop klezmer. Sa tête de premier de la classe fourmille d’idée où se mélangent l’esprit yiddish, le rap, la funk, le jazz ou le rock. Le rendez-vous est pris au Divan du monde, première date d’un festival Jazz’n’klezmer qui après une petite étude affiche un programme excitant jusqu’au 2 décembre. Sur scène, SoCalled souffle un courant d’air frais, avec sa manière innée de plaquer un chant traditionnel hassidique sur un breakbeat old-school. Assis au piano à queue, un échantillonneur sous le coude, et ses lunettes sur le nez il reprend les titres de Ghettoblaster (Label bleu, 2006) avec un charisme peu ordinaire. Il s’amuse, prend son temps, joue les Gérard Majax avec un journal. Il aime le théâtre juif des années 30, Dr Dre et Aaron Lebedeff qu’il sample à l’envie sur ses compositions – il faut voir avec quelle aisance SoCalled trifouille sa machine c’est tout simplement dingue ! Il y a un rappel, et puis deux : il cherche Gonzales pour le faire monter sur scène. Les deux canadiens se connaissent bien, et Gonzales se retrouve à l’improviste au piano pour un titre forcément extraordinaire. Mazel tov, SoCalled emporte encore une fois le morceau.


Trick or treat?

On a pas vraiment l'habitude de féter Halloween, mais cette fois l'occasion était trop belle pour passer à côté. Le Tryptique à Paris accueillera mercredi 31 octobre un joli plateau avec des vrais disc jockeys dedans. Seul au platine et au micro, Yuksek dégage une énergie communicative devant laquelle il est difficile de rester indifférent : avec un son tranchant et des rythmiques hip-hop, Yuksek a quelques très bon remix à son actif, des Klaxons à Adam Kesher. Son pote Brodinski sera lui aussi de la party en mélangeant electro survitaminé et hymnes techno. Enfin, la musique jouée, produite, ou remixée par Henry Smithson (surnommé Riton) rassemble au-delà des clivages électro. Riton y exhibe fièrement ses très bonnes influences indies, hip hop, house et son amour pour les grooves tordus. Pour être invité au Tryptique mercredi prochain, envoyez moi vite un mail avec vos noms et prénoms: il y a 3 x 2 places à gagner. manu (arobase) chezmanucbien.net

Performance dessinée

La musique a toujours donné lieu à interprétations, à divers jeux et expérimentations, plus ou moins liés avec d'autres formes d'art, avec la vidéo, le cinéma, la danse ou la bande dessinée le plus souvent. En BD justement, on connaissait déjà les exercices de styles croisés de l'OuMuPo et OuBaPo dans ces domaines; et récemment une autre tentative de ce genre a eu lieu lors du dernier Festival d'Angoulême: faire d'un concert de dessins une oeuvre commune mélant pour cette première occasion l'univers de Brigitte Fontaine et celui de Blutch.
Une nouvelle occasion d'assister à la performence aura lieu pendant le Festival Littéraire des Inrocks, vendredi 26 octobre à 20h au Théatre de la Colline à Paris. Déjà présent à Angoulême pour accompagner la reine des kékés, le multi-instrumentiste Areski dirigera à nouveau son petit orchestre, cette fois en compagnie des dessinateurs Riad Sattouf (Pascal Brutal, Retour au Collège), du duo Rupport-Mulot (GoGo Club), et... Blutch (C'était le bonheur, La beauté). Ils répondront ensuite à quelques questions des Inrocks et du public. Entrée libre sur réservation au 01 44 62 52 00. Théâtre National de Colline, 15 rue Malte-Brun 75020 Paris (métro Gambetta).

Après la pluie, Radiohead

radiohead"T'as écouté le dernier Radiohead? " Voilà 15 jours qu'In Rrainbows est sorti, que j'ai beau l'écouter, dans tous les sens, à différents moments, rien y fait. Impossible de savoir comment le prendre, ni ce qu'il faut en retirer. Le déclic je l'ai finalement eu dans le train en tiquant et en relevant la tête sur "Arpeggi", perdu dans une lecture fastidieuse. Les iPod et autres lecteurs mp3 apportent parfois sur la route un instant de plénitude aussi court que futile: lorsqu'un album téléchargé direct dans le baladeur se rélèle d'un coup quand où on s'y attend le moins, au bon endroit au bon moment. Le soleil rasant filtre à travers les arbres, Radiohead résonne dans le casque. La douceur qui fascine et le plaisir qui tue, comme dirait le poète. Le train file à toutes vitesse et le temps suspendu reprend son cours. Retour à la réalité vraie.
Même s'il est moins dense que ses prédecesseurs, le Radiohead nouveau mérite qu'on s'y attarde. Parce que c'est Radiohead, et qu'ils ont prouvé à plusieurs reprises par le passé qu'ils avaient une longueur d'avance sur les autres. Le climat d'In Rainbows est presque synthétique: ses arrangements voisinent avec les productions électroniques de Warp ou Anticon bien qu'il soit enregistré sur une base rock (basse guitare batterie). Il ressemble finalement plus à un disque que Thom Yorke aurait pu faire en solo, qu'à une étape de plus dans le grand oeuvre de Radiohead. "15 steps" semble vouloir reprendre l'histoire là où "Backdrift" l'avais laissé, quelque part entre Amon Tobin, Aphex Twin et Peter Gabriel. Aussi suprenant que ça puisse paraitre l'écoute en vaut la chandelle, en attendant Nöel et la discbox qu'on se devra, malgré tout, d'acheter.

Person Pitch People Party

panda bear

Pendant qu'on attend avec impatience le retour d'Animal Collective à Paris la semaine prochaine, Panda Bear offre aux internautes le DVD de sa mini-tournée d'été. Bien parti pour être le meilleur album de l'année, le deuxième album de Panda Bear, Person Pitch, puise ses racines dans la musique du Pacifique, la musique tribale et la folk des grands espaces. Brian Wilson n'est jamais très loin, les boucles chamaniques et les échos prennent une dimension intemporelle, voir mystérieuse. Le DVD, qui montre Panda Bear sur scène accompagné d'un micro et de multiples séquenceurs, peut être téléchargé gratuitement sur Eattapes.com grâce au travail d'un passionné et la générosité de quelques donateurs. Intitulé People Party, il a été tourné à Baltimore, Philadelphia et New York. Il est maintenant disponible au format DVD, mpeg et bientôt sur Google Vidéo.
Quant à Animal Collective, ils seront mercredi soir au Cabaret Sauvage, et Chezmanucbien vous offre quelques places pour y assister. Et en concert le jeudi 25 octobre à Lyon.

Sun Ra, Batman & the Astro-Infinity Arkestra

En 1966, un fabricant de jouets du New Jersey, enregistrait un disque pour enfants inspiré par la série à succès Batman et Robin. Le groupe s’appellait The Sensational Guitars of Dan and Dale et il aura fallu quelques années avant de découvrir la véritable identité des musiciens : derrière ce sobriquet se cache en fait la réunion exceptionnelle de Sun Ra et son Arkestra, ainsi que des membres du Blues Project. Figure mythique et cosmique, Sun Ra était à la foi un fou et un génie, un malade mentale et un visionnaire incomparable. Son jazz grandiose et avant-gardiste, il le décrit lui-même comme des journeaux intergalactiques, des documents donnant des nouvelles de l’avancement de sa musique. Tout un programme.
Afin de réduire les frais de production au minimum, toutes les chansons sont basées sur des morceaux qui étaient déjà dans le domaine public. On y trouve notamment des thèmes empruntés à Chopin ou à Tchaikovsky. Tout l’album est instrumental excepté le "Batman Theme" et le superbe "Robin’s Theme", dont l’interprète non crédité pourrait être June Tyson. Il y a 12 mocreaux à télécharger, une info péchée sur Vibrationsmusic.

SUN RA AND THE BLUES PROJECT robin's theme (MP3)


Bataille rangée

Voir les Battles en live, c’est voir une performance. A la croisée d’un foutoir de genres, mélodique et rythmique, tribal et cérébral, les 4 new-yorkais de Battles prouvent que Mirrored est déjà un classique, et remettent le tapping au goût du jour. Un disque racé et puissant, comme il y en a peu. Dans Mirrored (Warp) se réfléchissent les jeux géométriques de Slint et Shellac, la rigueur mécanique de Neu! et le free jazz de Tortoise ; finalement tout un amas d’influences cérébrales porté par un rythmique imparable (John Stanier est l’ancien batteur d’Helmet). Sur scène, c’est un gros bordel parfaitement maîtrisé : on joue des claviers de la main droite et du guitare-tapping avec la gauche, les structures se chevauchent et se compliquent : difficile de dire qui mène la danse. Avec un vocodeur et une montagne de pédales, le chant hirsute de Tyondai Braxton (le fils de), fait immanquablement penser à Animal Collective et leurs mélodies en cartoon.
A voir, la vidéo de "Tonto" qui fait suite à celle d’"Atlas". Une belle vidéo bardée de néons, façon Dan Flavin.


La Factory, usine à fabriquer des nuages

Laurent Garnier Cigale 2007 Factory

On comprend parfois avec un peu de retard que la french touch a vraiment un papa. Laurent Garnier nous a fait vivre deux heures de musiques électronique éclectiques et fiévreuses, une soirée un peu spéciale.
Il y a déjà 15 ans, Laurent Garnier accompagnait l’odyssée techno. A cette époque on parlait de « disc jockey » et de « musique techno ». Ca parait bien loin tout ça. Moi j’avais 15 ans quand sortait "Crispy bacon". Entre temps, Laurent Garnier a tourné dans tous les endroits de la planète et a réalisé quelques bons albums. C’est assez tardivement que je prends le coche, en attrapant "The man with a red face" sur les ondes de FIP, puis grâce à l’écoute de The Cloud Making Machine (F Com, 2006) un superbe disque aérien où le jazz côtoie Van Morrison, où Nina Simone rencontre Serge Gainsbourg.
Nous sommes le 13 octobre 2007 et ce soir pendant que l’équipe de France de rugby joue sa place en demi-finale, le festival Factory et la Cigale accueillent Laurent Garnier et un mini orchestre de jazz (ceux qui justement ont construit l’usine à faire des nuages). Une expérience rare qui démarre doucement, la musique envahie l’espace et y déploie une palette de sentiments contradictoires : le chaos et la poésie, les matins radieux et le blues du lendemain, les franches rigolades et l’introspection, l’expérience et l’émotion brute. Il joue des platines avec parcimonie et le reste du temps manœuvre son orchestre à la manière d’un chef. Le tempo change, les influences se multiplient, difficile de savoir exactement où on se trouve. Et on découvre enfin "Crispy bacon", le tube acid-house survolté qui fera même péter les plombs de la scène! Une bière plus tard, "Crispy bacon" finit d’allumer les nostalgiques qui crient de joie.
Invités suprises de la soirée, Mathieu Chedid et Spleen viennent ajouter un peu de leur folie à un concert déjà exceptionnel : M improvise finalement quelques solos sur "Barbiturik blues" et Spleen chauffe la salle en quelques rimes. On retrouve toujours Spleen là où on s’y attend le moins: avec Cocorosie, Bright Eyes ou TV On The Radio. Une fois encore il s’approprie les morceaux dans un freestyle jubilatoire utilisant sa voix et son corps comme un human beat box, transformant "First reaction" en soulèvement national. Le concert s’achève après deux heures éclectiques et fiévreuses sur "The man with a red face", alors quand on apprend que la France s’arrêtera aux quarts de finale, on a encore la tête dans les nuages.

Jeu d'arcade

Jamais à court d'idées les canadiens. Après le numéro de téléphone (1-866-NEON-BIBLE) qui diffusait le nouvel album d'Arcade Fire au combiné, le groupe s'offre maintenant un superbe clip interactif. Réalisé tout en flash et sur fond noir, la vidéo figure la tête et les mains de Win Butler qu'on peut manier à l'envie pour voir apparaître paroles, pommes, cartes et autres bougies. Un bel objet hautement viral qu'on doit à un certain Vincent Morisset. Autre info brûlante, le premier DVD de Arcade Fire réalisé par Vincent Moon est dans les cartons.
www.beonlineb.com

Histoire de pinceaux

Quand l’excellent et prolifique Joann Sfar rencontre Quentin Blake, un autre dessinateur de BD à manier l’aquarelle avec génie, ils parlent de quoi à votre avis? Auteur à la curiosité débordante, Joann Sfar s’offre une digression d’une vingtaine de pages sur la peinture à l’eau et ses techniques dans le tome 2 de Klezmer. L’histoire d’une troupe de jazz klezmer plein de poésie et de folklore juif, comme le sont souvent ses fables : inclassables.
« Notes au sujet de l’aquarelle : 1. il faut mettre beaucoup d’eau, 2. il ne faut pas colorier dans les traits, 3. il ne faut jamais donner aux choses une vraie couleur. Ces trois points constituent des petites certitudes autour desquelles on pourra mener, sa vie durant, d’innombrables expérimentations chromatiques. Hors ces trois commandements, l’aquarelliste avance dans sa pratique sans trop d’idées acquises. On s’y met et parfois ça convient.

Joann Sfar

Quand je l’interrogeais sur les aquarelles, Quentin Blake m’a répondu à peu de choses près ceci : "Si vous me demanderiez à quoi m’ont servi toutes mes années de dessin, je pourrais répondre la tete haute. Car le dessin est une discipline interllectuelle dans le cadre de laquelle le travail porte ses fruits. En dessin, on progresse tout au long de sa vie. On sait exactement le chemin qu’on a parcouru. Tous nos dessins du passé sont contenus dans le dessin qu’on execute aujourd’hui. Mais si vous me demandez où j’en suis avec la couleur, je serais obligé de vous dire que je n’en sais rien. Sans doute pas plus avancé qu’il y a 50 ans."
Venant de mon aquarelliste favori, la leçon fait réfléchir. Et je me souviens des armées de cuistres qui prétendent enseigner la couleur. Ils pérorent en l’agitant par sa chimie, par sa réfraction, par ses nécessités mélodiques, ils font comme s’il s’agissait d’une chose connue, dont la clé tinte au fond de leur poche. Et on demande à voir leurs aquarelles, à ces professeurs de couleurs, et on est bien déçu. Alors on retourne chez Quentin Blake et l’on se dit que s’il y a quelque chose à apprendre, c’est chez lui qu’on le trouvera. (…) »

Eté d'amour

Mieux vaut tard que jamais, je decouvrais cet été sur Arte à l'occasion des 30ans du Summer of Love le mythique Woodstock de Michael Wadleigh (assisté par un certain Martin Scorsese). Trois jours du mois d'août 1969, symboles du triomphe de la contre-culture américaine. Le documentaire est autant une captation d'une parties des concerts qu'un documentaire sur l'évènement, sur la musique de l'époque et surtout un témoignage sur le mouvement hippie. Le film décrit avec un sens inouïe de la caméra non seulement le concert, mais également la préparation, l'arrivée du public, les embouteillages monstres, la vie dans l'enceinte du festival, la déclaration de zone sinistrée, etc. Mais ce qui m'a frappé le plus, c'est la prestation de Richie Havens qui ouvre le concert, enregistrée en contre-plongée, en un seul plan séquence d'une liberté absolue. C'est scotchant, un peu à la manière de Vincent Moon et ses Concerts à emporter. Pour la petite histoire, Richie Havens (dont il manque à peu près toutes les dents du haut) enchaîne rappel sur rappel jusqu'à ne plus avoir de chanson à jouer, et finit par improviser une version de "Motherless child" transformée en "Freedom", qui deviendra son plus grand hit. Woodstock, extrait.


Vampire Weekend dans la mansarde

wampire weekendIl y a des jours moins ordinaires que les autres, des jours où l’on met la main sur un trésor d’une inventivité folle. Depuis le début de la semaine j’écoute en boucle les quelques titres que Vampire Weekend a laissé sur son myspace, attendant fébrilement le reste avec impatience. On retrouve dans la pop éclairée de Vampire Weekend la musique des vacances, celle des Brian Wilson et du Spinto Band, de l’Amérique du Nord à l’Afrique du Sud. Mais difficile de dire exactement d’où vient tout ça, l’important c’est ce qu’il en reste, une confusion géniale à la Talking Heads, des chansons solaires qu’on attrapent à l’improviste et dont on a du mal à se défaire, comme "Cap cod kwassa kwassa", "A-punk" et "Mansard Roof". Récemment ils reprenaient Radiohead pour la compilation de Stereogum, et l’exercice périeux s’est transformé en un "Exit music (for a film)" incroyablement stellaire. Après une date à la Maroquinerie le 27 octobre prochain, ils accompagneront les Shins sur la route.

VAMPIRE WEEKEND mansard roof (MP3)
extrait du l'album Vampire Weekend (XL/Beggars)


Boulogne-Billancourt, ville en rock

BBmix

BBMix remet le couvert! Et la programmation est manifestemment exceptionnelle et même encore plus que ça: entièrement gratuite!
Déjà l'année dernière on avait succombé au charme de Jean-Jacques Perrey, au krautrock de Zombie-Zombie et du Rubin Steiner Neue Band. Pour cette troisième édition du 19 au 28 octobre 2007, l'affiche ferait baver n'importe quel fan de musiques indépendantes et donne cette fois l'avantage aux formations étrangères. On retrouvera à l'auditorium Georges Gorse et la salle polyvalente du Pont de Sèvres dans le désordre: le math rock de Deerhoof, le krautrock stellaire de Fujiya & Miyagi, Zerö (ex Bastärd) et leur punk industriel, God is My Co-pilot qui se définissent eux-même comme du "freepunk", Dirty Projectors absolument géniaux mais inclassables, l'homme orchestre Ill Ease, et puis So So Modern, Young Marble Giant, Landscape, Quack Quack, Serafina Steer... La liste est longue. Voyez du coté de la programmation sur le site et réservez dès maintanent vos places par téléphone, on vous le dit c'est GRATUIT!
Réservations BBMix: 01 55 18 40 19

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