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Turzi, made under authority

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Résolument à part sur la scène française, Romain Turzi vient de sortir A chez Record Makers, le premier opus d’une trilogie, une véritable déclaration de foi. Loin d’être impénétrable, son rock disciplinaire (comme il le définie lui-même) se transforme en véritable bombe sur scène. C’était jeudi à la Boule Noire.
Ils sont 5 à se partager l’espace entre les machines proto-electroniques et claviers vintage, les guitares et une batterie réduite à son plus simple appareil. Turzi est accompagné du groupe Reich IV, petite référence au IV Organs de Steve Reich,dans lequel on retrouve un memebre de Los Chicros. Quelques notes synthétiques ouvrent le bal et petit à petit chacun trouve sa place. C’est une musique narcotique et cinématique construite autour de motifs musicaux simples. L’intensité en fait la bande son idéale d’un film de genre – comme la performance réalisée dernièrement autour du Metropolis de Fritz Lang. Une sorte de rencontre entre le rock choucroute et les BO spaghetti. En fait les références se télescopent, du krautrock de Can, Neu ou Ash Ra Temple, à la musique répétitive de Manuel Gottschling et Steve Reich, en passant par les débuts de l’électronique (Jean-Michel Jarre, Kraftwerk, Suicide). Romain Turzi alterne entre claviers et guitare, et sue à grosses goûtes sous sa mèche versaillaise. Quelle frappe ! Le batteur tient le bon bout, sur un rythme complètement obsessif. On reconnaît ça et là quelques parties issues du précédent Made under authority mais les arrangements ont pris de l’ampleur. La setlist est affichée, on essaie de s’y fier mais les morceaux s’enchaînent les uns aux autres de manière organique, brouillant ainsi les pistes. Les corps bougent frénétiquement, les gens sont comblés. On aperçoit dans la salle quelques amis : Neman Herman Düne et Sebastien Tellier. Turzi, une affaire à suivre de près.

Le titre "Alpes" (MP3) ouvre l'album A, composé de 13 titres commençant par la lettre A

 

Bill Withers knows

C'est en 1972 que sort Just as I am, le premier album de Bill Withers. "Ain't no sunshine" est déjà un énorme succès publié sur Sussex Records, mais Bill garde malgé tout son travail chez Ford convaincu que l'entertainment musical est imprévisible, et qu'il n'est rien comparé à The Temptations ou Sammy Davis Jr. Ce "Ain't no sunshine" lui vaudra un Grammy et sera repris par pas mal de monde: Michael Jackson, DMX, Kenny Rodgers, Horace Andy, Isaac Hayes et Paul McCartney dans son Unplugged de 1991. Le reste de l'album contient aussi les hits "Grandma's hands" et "Harlem". Cette vidéo est extraite du Old Grey Whistle Test à la BBC, où Bill Withers chauffe sous son col roulé beige. Les fringues sont terribles, et le bassiste a une dégaine formidable assi en tailleur sur un fauteil. J'adore.

 

They formed a band

Art Brut France Inter Lenoir Art BRutAprès un passage remarqué au Trabendo quelques jours plus tot, Art Brut s'invitait chez Lenoir pour la dernière black session de la saison. C'est avec une nonchalance exquise et un look de papa que la bande d'Eddie Argos déboule dans le studio 105. Gilet rouge à manches longues, chemise bleue et cravate à 1E. Malgré quelques kilos en plus depuis leur premier Bang Bang Rock'n'roll paru en 2005, Argos a gardé sa verve intacte. Scandées à contre-courant, ses textes ironiques et stupides ricochent sur du post punk de 3 min. La formule reste identitique de bout en bout, mais l'attitude débridée du groupe l'emporte. Eddie Argos se balade dans le public qui a depuis longtemps quitté son siège, et balance quelques frasques de sa vie rocambolesque à tue tête du genre "I've seen her naked twice, I've seen her naked TWICE!" ("Good weekend") ou "Haven't read the NME in so long, don't know what genre we belong" ("Bad weekend"). On pense parfois à James Murphy de LCD Soundsystem. Sur "Emily Caine" il s'arrête en plein milieu et raconte ce que lui disait Jay-Z sur les ex-copines en question. Le batteur martelle debout ses caisses claires, les deux guitaristes en font des tonnes, et les chansons s'enchaînent en un clin d'oeil. Après une bonne quinzaine de titres envoyé en 1heure, Art Brut se lache sur le rappel hors antenne. "Formed a band, we formed a band! Look at us: we formed a band!!" Tu l'as dit Eddie, un sacré goupe.

 

C'est bientôt

Cabaret Remixé, CAbaret Remixe

UWe
et le Cabaret Sauvage s'offrent un festival cet été, rien de moins que 7 soirées eclectiques au sein du Parc de la Villette. Exigeante et pointue, la programmation de cette toute première édition marie l'électro au rock, au tango, au hip-hop, au jazz ou encore à la soul… avec des concerts dans la salle ou en extérieur. Bref, pas mal d'artistes et des bons: Sebastien Tellier, Birdy Nam Nam, Hot Chip, Gotan Project, Digitalism, Herman Düne, Cirkus et j'en passe. C'est du 3 au 13 juillet et la suite est sur la page myspace du Cabaret Remixé.

 

Le King à la Fondation Cartier

A l’occasion du 21 juin, jour de la fête de la musique, la Fondation Cartier présentait sa nouvelle exposition sobrement intitulée Rock’N’Roll 39-59. Un vernissage un peu spécial, réunissant sur une même scène Jason Edwards, Son of Dave et Alamo Race Track. Flashbacks. D’abord une expo entièrement consacrée aux débuts du rock’n’roll aux Etats-Unis, de l’explosion du boogie-woogie dès 1939 aux évènements de la fin des 50s, amorçant le déclin de ce qu’on peut appeler le premier age d’or du rock’n’roll. C’est grand, c’est riche, on y découvre au rez-de-chaussée le contexte de l’époque et tentons de capturer l’air du temps. Au sous-sol, ce sont toutes les influences, la généalogie et l’évocation de certains lieux qui sont mis à l’honneur. On écoute au casque les classiques de Bill Halley et Little Richard, un documentaire revient sur Buddy Holly et Jerry Lee Lewis, Elvis Presley et ses conquêtes sont photographiés sous tous les angles… A vrai dire, on est loin d’avoir tout vu lorsque Jason Edwards – bien vivant celui-là – commence à jouer dans le jardin.

Rock'n'Roll 39-59 à la Fondation Cartier, Alamo race Track, Son of dave

Assis au pied de la scène, seul avec son chapeau et sa guitare, ses chansons parlent d’envoûtement et de sac à dos, portés par une sorte de blues stellaire à rapprocher de Leonard Cohen ou Moondog. Avec des grelots au pied et des textes un peu déviants à la bouche, Jason Edwards scotche un public tout proche de lui, visiblement conquis. Son of Dave, l’homme-orchestre à l’harmonica, débarque à son tour. En un rien de temps, sa formule rythme & blues à base de beatbox, d’harmonica et de pédale de sample fait déjà des vagues. Arc-bouté sur son micro et avec une allure incroyable (chemise boutonnée, cravate large, chapeau et lunettes noires), cet alter-ego de Tom Waits a une force charismatique peu commune, un peu à la Ray Cokes. Je prend véritablement mon pied et comprend avec un peu de retard que j’aurai dû vous parler d’eux il y a déjà longtemps!
Les néerlandais d’Alamo Race Track en vogue depuis la sortie de Black Cat John Brown viennent conclure la soirée. Avec brio, le groupe emmené par le chant habité de Ralph Mulder constitue une réponse efficace à Interpol ou les Strokes, sans pour autant copier. On sent une tension palpable au fur et à mesure que les morceaux lachent. Le groupe est concentré, "My heart" évoque Amsterdam et Mulder semble nerveux. Leur titre phare "Nothern territories" prend en live une ampleur inédite. La version acoustique à emporter sur la Blogo était déjà convaincante, mais celle-ci, toutes guitares dehors dans une ascension gigantesque enfonce définitivement le clou. Une soirée riche en découvertes, très rock’n’roll et qui fera même ressusciter les morts ; on aura aperçu Elvis Presley aux platines dans son meilleur costume.

 

Persepolis, Paronnaud et Satrapi

Persepolis le film, Marjane SatrapiSon fantastique Poulet aux Prunes (paru à l’Association) m’avait déjà subjugé, par son humour direct et sa subtilité. C’est donc avec un enthousiasme non dissimulé que j’attendais ce long métrage, dont je suivais déjà la réalisation judicieusement mise sous forme d’épisodes sur un profil myspace crée pour l’occasion. Et bien que l’excitation, l’attente d’un film puisse souvent augurer une déception, je n’ai ici pas été déçu - j’eu le plaisir de voir ce film en avant première, avec la participation de Télérama et du FNAC (Fond National d’Art Contemporain). L’on retrouve l’humour de Marjane Satrapi, très direct, un vécu qui oscille entre drôlerie et desespoir, lorsqu’elle évoque l’Iran (dont la communauté a mal vécu les récompenses pour le 60eme festival de Cannes, estimant une vision biaisée) avec son fameux "Punk is not Dead" sous couvert du voile, utilisé sur les affiches du film.
Mais c’est également un bonheur visuel, la pureté du trait, de l’ouvrage traditionnel, à l’encontre de l’air numérique, en effet tout le film a été réalisation de manière traditionelle, à l’aide de 150 dessinateurs… De cet effort laborieux tire une force graphique hors du commun, mélange de passages en couleurs, noir et blanc, selon l’époque ou le lieu, ou chaque clair obscur laisse entrevoir toute la finesse et la brutalité d’un fusain, qui à lui seul nous renvoi à ce récit autobiographique et profondément humaniste. Le public est ému, rigole, le film est applaudi.

 

Klezmer à la Bechet

David Krakauer Socalled magic Metis 2007

Composé de guitares, batterie jazz, accordéon, quelques samples et de son leader David Krakauer à la clarinette, le Klezmer Madness débarquait mardi sur la scène de Magic Metis à St Denis. Dans un français tout à fait correcte qui cache bien ses origines new-yorkaises, David Krakauer lache à la fin de "Bubbemeises": "Il faut chanter fort pour couvrir l'orage!" Et d'entammer avec un sourire une chanson juive à la clarinette. Le public est comblé: dehors il pleut des cordes, et l'athmosphère qui règne dans cette petite salle ronde, tout en bois, donne véritablement dans le chaleureux. Le jazzband puise dans un répertoire yiddish des influences larges, du jazz de la Nouvelle-Orléans au chansons des Balkans, où le rap et le sampler de Socalled viennent parfois brouiller les pistes. Socalled on est fan. Et j'adore son look anti-rappeur, comme si c'était chabbat. Super charismatique, David Krakauer raconte quelques détails sur la tradition hassidique, et les histoires cachées derrière chacun des titres. Chanson d'amour, chanson de mariage, théatre juif. "Et celle-là c'est quand on se retrouve autour d'une grande table, et on chante, et on boit" - "et on chante et on boit" repris en écho par le petit canadien, en intro à "Turntable pounding". Pour la plupart issus de Klezmer, NY et du dernier Bubbemeises: Lies My Gramma Told Me, les titres s'enchaîent et c'est déjà l'heure du rappel. Public insistant, il reviendra deux fois et terminera ce grand soir par "Misirlou", en version yiddish. C'est tout simplement grand, merci merci merci!

 

Et le tigre est en toi

Pour sa sixième année consécutive, le festival Pantiero propose le line-up le plus alléchant de la cote d'azure! Sont d'ores et déjà confirmés pour 4 belles soirées cannoises Herman Düne, the Rakes, Dilated People et Princess Superstar, les canadiens MSTRKRFT, les brésiliennes de CSS et quelques français avec le vent en poupe: Vitalic, Justice et Digitalism. Pantiero se tiendra comme d'habitude sur la terrasse du Palais des Festivals, du 16 au 19 août.

 

Robot rock (Bercy megamix)

Daft Punk Bercy Daft Punk BercyC’était jeudi dernier, les Daft Punk jouaient à Bercy. Attendus comme le messie, les places sont parties en quatre jours. Un concert finalement décevant.
Il faut dire que l’évènement est de taille, ils n’ont pas joué ici depuis quelques années. Il est 21h passées et j’arrive trop tard pour les Klaxons (déjà pas très convaincants sur scène à l’automne). Sebastian et Kavinsky, leurs copains de Ed Banger ambiancent le palais omnisport quelques temps, tout éclairé et pas franchement glamour. Les Daft apparaissent dans leur pyramide plus tôt que prévu semble-t-il. La dualité Robot/Human apparaît à l’écran, puis les gros beats de "Robot rock" entraînent en un clin d’œil un public parisien extatique. Le son est d’une puissance incroyable mais passé l’effet de surprise on s’ennuie. Ce qui fait toute l’originalité des Daft Punk est ici mise en pièces : ils se contentent d’enchaîner les titres dans un mix archi-calculé, puisant dans leur trois albums un bout de chaque morceau. Leur recette miracle, ce mariage de guitares saturées et de grosse electro ne fait plus d’étincelles ; au lieu de faire tourner leurs titres de façon hypnotique sur des plages de 10 min, ils se contentent d’une sorte de best-of megamix. Ainsi, "Rollin & scratching" pourtant leur meilleur titre live, fait pale figure perdu dans une playliste fourre-tout. Après une heure de concert on a déjà tout entendu. Le solo d’"Aerodynamic" inséré sur "One more time", "Around the world", "Human after all", "Burnin" et "Harder better faster stronger". Finalement tout leur répertoire... Les deux robots finiront par sur un rappel indigne d’eux, heureusement sauvés par des combinaisons fluorescentes rouges (genre Tron) et "Music sounds better with you". Pour tout voir ou revoir du show, c'est par là en video.

NB: Des hors-série Daft Punk sont à gagner avec les Inrocks. Question sur la page concours.

 

Awesome; I Fuckin’ Shot That!

Beastie Boys, Awesome; I Fuckin Shot ThatTout commence par une petite annonce sur leur site internet: « Cherche 50 personnes de 18 ans et plus pour filmer le concert donné au Madison Square Garden de New York le 9 octobre 2004 ». Voilà comment on se retrouve immergé dans le concert tonitruant des Beastie Boys, chez eux. En 25 ans de carrière et 8 albums, Mike D, MCA et Adrock sont devenus des monstres sacrés, et prouvent qu’ils sont encore là pour durer. Filmé comme un enregistrement pirate, en amateur avec quelques caméras DV, l’idée fonctionne à merveille. Une sorte de bootleg autorisé. L’image n'est pas propre, ca bouge et ça tremblotte : le film capte toute l’énergie d’une salle pleine à craquer. Autant d’angles que de points de vue subjectifs, jusqu’en dans les coulisses. On suit même un caméraman aux toilettes pendant que "Hello brooklyn" est scandé sur scène. Magique.
Les trois garçons sautillent et vont vibrer un public . Parmi les kilos de hits old school qu’ils débitent, on retrouve "Intergalactic", "Open Letter to NYC", "Three MCs and One DJ" ainsi que les meilleurs moment de Ill Communication qui n’ont pas pris une ride ("Sure Shot", "Ricky’s Theme", "Root Down"…). Quelques bonnes surprises viennent dynamiter le show, comme ce jazz quartet qui débarque pour un interlude. Plus tard "Sabotage" achèvera le concert sur un riff hardcore, avec les Beastie cette fois en formation rock. C’est tout simplement énorme, voyez par vous-même. Jamais à court d’idées, les Beastie Boys confirment tout le bien qu’on pense d’eux. D’ailleurs, à en croire le premier extrait (sur youtube) de leur nouvel album, exclusivement instrumental, on tient une fois encore quelque chose de grand!


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