Il y a parfois à Istanbul des choses surprenantes ! Certaines jeunes pousses du rock indé, trop rares à voir en concert par ici bénéficient d’une aura toute particulière. Babylon était plein à craquer la dernière fois pour le concert de Deerhoof, cette fois c’est pour Ms John Soda qui investit GarajIstanbul. Un public d’initié est venu acclamer la formation berlinoise et semble connaître les titres par cœur. Autrefois fleuron de la scène electro allemande, le label Morr Music continue de sortir des disques classieux, rencontre de pop shoegazing des 90s et de l’electronica des années 2000.
L’électro-pop de chambre de Ms John Soda pétille et fait bouger les têtes. « A nod an hold » et « Hands » ouvre le set comme sur leur dernier album. Soigneusement peignée, Stéphanie Bröhm alterne entre chant, guitares et claviers. Sa barrette lui donne un air trop sage, on aimerait parfois qu’elle s’énerve un peu comme pour embêter la maîtresse. Quand même, c’est joli ! Micha Acher use de sa basse à merveille. C’est à lui qu’on doit se rapprochement familial entre the Notwist, Lali Puna et Console, selon son side-project du moment. Certains titres issus du précédent No P or D font fureur. Avec plus de guitares qu’à l’accoutumée, "Hiding/Finding" décolle ; là vraiment ça fait plaisir. On finit par retrouver dans Ms John Soda la magie qu’on découvrait il y a presque 10 ans avec Tridecoder de Lali Puna. Nostalgie bonsoir, vivement dimanche prochain.
Parce que il n'y a pas que Philippe Manoeuvre qui a droit de faire sa discotheque idéale, retrouvez ici chaque semaine un disque indispensable à un moment de notre vie, bref une oeuvre qui nous a vraiment marqué. Découvrons cette semaine le disque de...
Violent Femmes - Hallowed Ground
Avec des accents country pop fabuleux, Hallowed Ground est sans doute le meilleur album des Violent Femmes, les inventeurs du « folk-punk ». Gordon Gano apporte au duo originel un songwriting ainsi qu’une voix toute particulière, à la limite du gémissement. Sans jamais manquer ni d’ardeur ni de force, la sonorité des Femmes n’a pas d’équivalent dans l’histoire du rock. Un son direct, à peine mixé. Il s’en dégage une énergie et une spontanéité propre au punk mais la sincérité des instruments acoustiques, elle, reste intact. Les Violent Femmes sont connus pour avoir été les premiers à associer instruments acoustiques et chanson punk mais leurs faits d’armes sont loin de se limiter à cette seule idée, aussi géniale soit-elle. Leur principal mérite réside dans leur ouverture musicale, le sens de la mélodie et la composition des morceaux, très simple et parfaitement arrangée. Impossible à identifier clairement, c’est un véritable groupe caméléon de blues cubiste, de rock fifties, de garage punk, de folk, de funk, de jazz, de country. Les Femmes sont des musiciens exceptionnels jouant une musique souvent simple mais y ajoutent toujours une teinte bien personnelle. Gano et ses compères sont de véritables troubadours prêchant la bonne parole du rock’n’roll à travers le monde et leurs différentes collaborations dont Steve Scales, Fred Frith et Dick Parry sont les meilleurs exemples. Affaires à suivre avec les albums 3 et The blind leading the naked.
Rhino/Warner (1985)
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Homme de tous les excès et de tous les superlatifs, James Brown a dynamité la black music et marqué de son empreinte la société américaine. L’influence du Godfather of Soul est perceptible dans tous les courants musicaux de ces quarante dernières années : funk, hip-hop, afro-beat, rock et techno. En revendiquant sa négritude, James Brown a acquis le statut d’icône et est devenu le premier artiste afro-américain à se faire entendre par le pouvoir blanc US.
Les Inrocks consacrent un hors-série spécial James Brown, quelques mois après sa mort. A cette occasion, nous vous faisons gagner quelques exemplaires en répondant à une question archi-simple, voire simpliste. Quel jour est mort le "Godfather of soul"? Fais clic sur la page concours.
Après un énorme succès et un bouche-à-oreille persistant sur la foi d'une seul magnifique album, Beirut est devenu l'artiste de l'année 2006. Un trésor comme on en trouve rarement. Dans Gulag Orkestar, Zach Condon insuffle quelques racines folk à la musique gypsy. Composé avec une trompette et un ukulélé, c'est le lien parfait entre musique gitane d'Emir Koustorica, le folkore juif à la Goran Bregovic, et le folk des grands espace américains. Comme si Dylan partait en Europe de l'Est. Je ne sais pas si c'est triste et heureux, c'est sublime.
Voilà, ça fait un moment qu'on lorgne sur le bonhomme, tout jeune et tout mince. On l'attendais de pied ferme il y a 6 mois pour la petite histoire, mais quelques heures avant sa première scène parisienne, tout va trop vite. Fatigue, pression, la tournée d'automne vient d'être annulée. C'est peu dire qu'on a ravi de le retrouver à Paris en plein santé le 3 juillet. Initialement prévu à la Maroquinerie, le concert fort se son succès est déplacé au Trabendo. Il ne reste que quelques places...
C’est osé, comme un long métrage de Mr Lynch. Ca vous prend dès le début. D’emblée la scénographie toute spécifique de The air is on fire, l’exposition de David Lynch à la Fondation Cartier, est réalisé de main de maître. Encouragé à montrer ses travaux personnels accumulés au fils des ans, le cinéaste américain déjà très torturé pond une expo inattendue, lancée a l’initiative du directeur du musée. L’exposition laisse ainsi au visiteur la possibilité d’inspecter un autre univers, et l’on apprend également qu’en plus d’être le réalisateur que l’on connaît, il est aussi acteur, producteur, scénariste, compositeur, animateur… la liste est longue. Un créateur tout simplement, complet.
Au rez-de-chaussée se trouvent ses peintures grands formats ainsi que ses croquis et études en dessins. L’architecture y est organisé par de grandes structures de métal qui font office de présentoir, organisées en escargot, ne laissent pas de place au vide. Au contraire, on déambule lentement dans les méandres du roi David. Dans la grande salle, bercée par une bande sonore pesante et homogène, le visiteur acteur peut introduire à tout moment des sons enregistrés. L’artiste mélange collage, peinture, et se joue du cadre, comme en témoigne ses dernières œuvres, dont l’image réalisée est enfermée dans un gros cadre doré. On y trouve des photos montages de corps déstructurés dont l’intérêt reste vague. Les peintures mettent en scène Bob, personnage dont nous suivons les questions existentielles, dans un univers assez macabre mais non dénué d’humour. Les dessins montrent que chez Lynch tout est occasion à dessiner, des bribes d’idées qu’il décrit comme des électrons libres, qui lui permettent de développer sa pensée. Feuille de papier toilettes, bouts de papiers, encre, crayon, tout est bon, abstrait comme figuratif. L’ensemble est sensible, délicat.
Suite au sous sol, où remarque la présence d’un petit cinéma (Eraserhead), où l’on visionne des courts métrages, et des animations inédites. L’univers en volume surchargé de couleurs, réalisé spécialement pour l’expo, perturbe. Nous sommes dans le monde des morts avec des cocasseries en tous genres, façon BeetleJuice. A n’en pas douter, cet expo pour le moins originale donne au visiteur sortant l’envie de se plonger dans la filmographie troublante, qui laisse inaugurer migraines, questionnements, et pertes de repères. Un must.
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