Turntablism, la suite. On connaissait déjà le talent de Kid Koala ou des Birdy Nam Nam aux platines, il faudra maintenant compter sur la nouvelle tête bridée de DJ Kentaro. Avec un titre en poche de champion DMC en 2002 (le championnat du monde des DJs), Kentaro Okamoto est un turntabliste de classe internationale. Son mélange de hip-hop, breaks et drum & bass est imparable. Que ce soit dans son laboratoire de Sendaï ou lors de ses tournées internationales, Kentaro est un vrai chirurgien, fou mais extrêmement adroit, qui découpe et opère les beats dans une stupéfiante opération sonique. On attends avec impatience son nouvel album Enter courant avril, avec les collaborations notamment de Spank Rock et The Pharcyde. En attendant, écoutez donc son précédent disque On the Wheels of Steel (Ninja Tunes, 2005). Une vidéo ou deux isues des bonus DVD vous convaincra aisément du bien fondé de cette chronique!
La fete à la maison
Quel buzz autour de cette session Bloc Party chez Lenoir en ce lundi! A la Maison de la Radio, la petite salle 105 regorge de fans, tous surexcités à l’idée d'écouter de près ce que donnent les nouveaux morceaux. Pour ceux qui ont manqué la hype, leur nouvel opus tout frais, sobrement intitulé A Weekend in the City, sors ici en France le 5 février! Et ce soir (ils nous le répéteront assez) c’est la première fois que le groupe entonne ses nouveaux tubes en live : Une aubaine ? Un luxe ? Un pari risqué ?Premier constat, ces kids ont la pêche et ça fait plaisir à voir. Un détail: ces anglais sont sappés à la new-yorkaise ils ont presque failli nous avoir! A la fin de "Waiting for the 7.18", le public sagement assis jusque-là viendra se coller au plus près d'un Kele Okereke visiblement ravi, s'offrant même une percée dans le public. Alternant les fameux hits issus du précendent Silent Alarm, de « Helicopter » à « Banquet », Bloc Party emporte tout sur son passage avec quelques riffs bien sentis (rock disco rock disco). Les anciens titres sont parfaitement rodés, ce qui n'est pas encore le cas des derniers. Si le nouveau "Prayer" cherche avec brio de nouvellles pistes, le reste du Weekend n'est pas si exceptionnel. En fait, leur rock post-punk/new wave des années 2000, malgré des rutpures astucieuses laisse parfois complêtement froid. Heureusement le rappel hors antenne sera plus convaincant. Affaire à suivre, à l’Olympia en Avril, d'ores et déjà complet, où il sera intéressant de voir l’évolution des nouveaux titres après une tournée qui s’avère déjà bien partie.
Les carnets de Yoglo
Il y a un mec qu'on aime beaucoup chez Manu, c'est Bertrand alias Yoglo-Yoglo. Dans la vague des BD-reporters actuels, il s'incruste aux concerts et soirées privées donnés dans la capitale et croque, avec un style qui n'appartient qu'à lui, tous les groupes qui font l'actualité musicale. S'il se revendique crevard, ses dessins ont la classe, et on peut déjà visualiser ses premiers carnets en haute déf sur Picasa, période 2004-2005. Ses plans de prédilection: les black sessions d'Inter, les nuits zébrées Nova et les enregistrements Canal+. Si vous rencontrez un grand gars avec une tête dégarnie et des petites lunettes, avec un peu de chance ce sera lui ;)
Une bande de mecs de mecs vendus ?
TTC nous surprendra toujours. Après être passé d'un hip-hop original et créatif (Ceci n'est pas un disque) à une merveille hybride électro-rap (Bâtards Sensibles), TTC se met a faire de la pop. L'objectif assumé était de dépasser le cercle (nombreux) des initiés pour atteindre un public plus large, passer à la radio et vendre des disques. Les productions simplifiées et les chansons catchy sont donc le nouveau credo du groupe qui s'il les rendra probablement riches en milliards ne fait pas notre bonheur.On trouve dans cet album une grande majorité de titres fonctionnant toujours sur un même schéma: un gimmick et des textes débiles aux rimes improbables. Ca fonctionne parfois comme dans "Téléphone" (avec son clip tout simplement génial) chanson complètement conne mais très addictive. Mais dans la majorité des cas les chansons si il elles se laissent écouter n'ont rien d'impérissable ("Travailler", "Strip pour moi"...). Trois titres sortent de ce schéma et par la même du lot: "Antenne 2" une chanson sur l'âge d'or des colonies de vacances, "Ambition" ou l'on peut entendre Para One rapper, et surtout "Une bande de mecs sympas" (feat. Modeselektor) LA pépite dancefloor.
En définitive 3615 TTC déçoit fortement et on ne retrouve pas le TTC que l'on aime. Ou sont passés les textes ou absurdité ne rimait pas avec débilité? Qu'ont ils fait des instrus complexes et envoûtantes de Bâtards Sensibles? Le plus gênant c'est que l'on connaît tout le talent et toute la créativité de ces bonhommes et que le virage pop volontaire semble vraiment résulter d'une stratégie de conquête qui, si elle est utile au développement du groupe, ne l'est sûrement pas à la musique.
TTC feat. MODESELEKTOR une bande de mecs sympas (mp3)
extrait de 3615 TTC
Nelson, histoire de mélodies
C'est hier soir qu'avait lieue la Black Session de Nelson, dernière signature de DiamondTraxx. Un véritable évement (cette fois localisé au studio 106 qui possède une vraie fosse) pour le groupe parisien qui se voit dorénavant approuvé par Bernard Lenoir; et on sait que les autres suivront! Il n'y a pas de doute, depuis ses débuts en 2004, Nelson continue son parcours avec brio et un jeu scénique imparable. On les avait découvert l'année dernière à la soirée Dirty Diamonds au Point Ephémère, et ils nous épataient quelques temps plus tard avec la sortie d'un premier EP, amèrement nommé Bangkok Riot. Très pro sur scène, le groupe confirme ce qu'on aime chez eux: des guitares menaçantes, des refrains scandés et une rythmique toute krautrock. Nelson convie des influences allemandes évidentes et une froideur de rigueur, de Bahaus à Liars, en passant par une attitude proche de celle d'Interpol. Toujours au bord de la rupture, ces gars-là joue un rock ambitieux et référencés, dans un anglais impeccable. Il y a dans ces Revolving Doors la simplicité redoutable de "the (over) song" (en video ci-dessous), les élans post-rock de "seasons" entre Mogwai et Sigur Ros, l'hymne "I say you can't stop" taillé pour les ondes FM, tandis que "acrobatics" lorgne du côté de the Notwist... Bref, les Nelson semblent avoir un son qui leur appartient et s'en donne les moyens: au vu du nombre de guitares et d'amplis estampillés Fender, on devine le nom de leur partenaire! A suivre en tournée à Paris et en province, toutes les dates sont sur myspace.Ma discothèque idéale (3)
Parce que il n'y a pas que Philippe Manoeuvre qui a droit de faire sa discotheque idéale, retrouvez ici chaque semaine un disque indispensable à un moment de notre vie, bref une oeuvre qui nous a vraiment marqué. Découvrons cette semaine le disque de...
Death in Vegas - Scorpio Rising
Scorpio Rising est une sorte d'aller-retour pour Katmandou, tissant des liens virtuels entre un rock efficace et des influences indiennes sous anti-depresseurs. A croire que tout le monde s'acharne à jouer d'instruments traditionnels de manière électronique. Derrière Death in Vegas il y a en fait 2 djs reconvertis dans les compositions rock. Ils écrivent les morceaux, les font jouer par d'autres, et puis les arrangent. Il arrive parfois que des invités prestigieux soient de la partie. Et quand on a la voix somptueusement irréelle de Hope Sandoval sur l'album, on joue à fond ce drôle de trip. Ecoutez un peu "help yourself" qui finit par partir en vrille sur une cythare incontrôlable, avec en fond une session rythmique de basse et de violon; il ya de quoi y rester! Le disque Scorpio Rising est empreint d'un psychédélisme importé tout droit d'orient. On démarre avec des couches de guitares, sous lesquelles jaillissent une mélodie insoupçonnée; on suit avec légèreté une ballade à la guitare sèche qui s'achève sur une symphonie de cordes de toutes sortes. On peut même se faire envoûter par une unique boucle de violoncelle, sans se rendre compte des déclinaisons apportées à chaque note. C'est bel et bien l'avénement d'un groupe extraordinaire.
Concrete/BMG (2002)
Tous nos disques cultes sont rangés dans la rubrique disques.
Death in Vegas - Scorpio Rising

Scorpio Rising est une sorte d'aller-retour pour Katmandou, tissant des liens virtuels entre un rock efficace et des influences indiennes sous anti-depresseurs. A croire que tout le monde s'acharne à jouer d'instruments traditionnels de manière électronique. Derrière Death in Vegas il y a en fait 2 djs reconvertis dans les compositions rock. Ils écrivent les morceaux, les font jouer par d'autres, et puis les arrangent. Il arrive parfois que des invités prestigieux soient de la partie. Et quand on a la voix somptueusement irréelle de Hope Sandoval sur l'album, on joue à fond ce drôle de trip. Ecoutez un peu "help yourself" qui finit par partir en vrille sur une cythare incontrôlable, avec en fond une session rythmique de basse et de violon; il ya de quoi y rester! Le disque Scorpio Rising est empreint d'un psychédélisme importé tout droit d'orient. On démarre avec des couches de guitares, sous lesquelles jaillissent une mélodie insoupçonnée; on suit avec légèreté une ballade à la guitare sèche qui s'achève sur une symphonie de cordes de toutes sortes. On peut même se faire envoûter par une unique boucle de violoncelle, sans se rendre compte des déclinaisons apportées à chaque note. C'est bel et bien l'avénement d'un groupe extraordinaire.
Concrete/BMG (2002)
Tous nos disques cultes sont rangés dans la rubrique disques.
Le nouveau Arcade Fire
Les canadiens d'Arcade Fire remettent le couvert! On sait maintenant que le nouvel album, intitulé Neon Bible, sortira le 5 mars prochain dans toute l'Europe et que le premier single "Intervention" est déjà disponible sur iTunes. Mais au départ, leur label Merge à fait une bourde (ce que Regine nous explique ici) et a mis un autre titre en ligne par erreur, "Black wave, bad vibrations". Ces titres confirment tout le bien qu'on pense d'eux: des morceaux épiques, menés de main de maître par la bande de Win Butler. Faites-vous une idée par vous-mêmes, cliquez droit plus enregistrez-sous: "Intervention" et "Black wave, bad vibrations" en mp3. Et retrouvez un live tout récemment enregistré pour la radio US KCRW sur youtube.Autre bonne nouvelle, le groupe vient à l'instant d'annoncer sa tournée européenne. Ils seront à Paris les 19 et 20 mars à l'Olympia (dépêchez-vous, reservation ouverte dès le 10 janvier), le 31 à Lyon, et le 5 avril à Lille. Pour les avoir vu au moins trois fois sur scène, je vous assure que c'est un évenèment à ne pas louper!! A bon entendeur...
Bodysong ou comment voir le monde autrement
"Dans ce film, à chaque séquence correspond une histoire." S'appuyant sur des images d'archives, Simon Pumell parcours dans Bodysong les époques et les cultures pour nous faire vivre une même célèbration du corps, de l'âme et de l'Homme. Depuis sa naissance, et selon les thèmes qu'il explore: adolescence, sex, violence, mort, rêves. C'est un documentaire profondemment humaniste. Pumell tisse des liens étroits entre le corps, les passions, l'art et l'expression, et porte un regard juste sur le monde qui nous entoure.
Porté par la bande son spécialement composée par Johnny Greenwood (le guitariste de Radiohead) dont on connaissait déjà le penchant pour la musique contemporaine et d'avant-garde, Bodysong nous emporte dans un élan musical fabuleux. Mélange de musique concrète, de free-jazz, d'essais rythmiques et d'ambient. Quelques titres sont en écoute sur son myspace, et toutes les séquences/histoires/archives tirées du film(rayez la mention inutile) sont repertoriées sur le beau site tout en flash!
Et pour vous mettre l'eau à la bouche, visionnez donc le trailer:
Porté par la bande son spécialement composée par Johnny Greenwood (le guitariste de Radiohead) dont on connaissait déjà le penchant pour la musique contemporaine et d'avant-garde, Bodysong nous emporte dans un élan musical fabuleux. Mélange de musique concrète, de free-jazz, d'essais rythmiques et d'ambient. Quelques titres sont en écoute sur son myspace, et toutes les séquences/histoires/archives tirées du film(rayez la mention inutile) sont repertoriées sur le beau site tout en flash!
Et pour vous mettre l'eau à la bouche, visionnez donc le trailer:
Dans la bulle d'Animal Collective
Plutôt discret en 2006, le groupe US de folk taré Animal Collective devrait faire parler cette année. En effet, le groupe entre en studio à Tucson ce mois-ci pour donner suite au magnifique Feels (chroniqué dans ces pages), et a annoncé le sortie d'un nouveau maxi "People" le 23 janvier ainsi qu'une réédition d'un vieu live déjà dans les bacs. On aura l'occasion de les revoir en France très prochainement puisqu'une tournée européenne est annoncée au printemps! Plusieurs autres projets sont à suivre, comme le premier album solo de Panda Bear d'ores et déjà intitulé Person Pitch, et celui d' Avey Tare avec sa femme Kria Brekkan (Mùm). Enfin, un film plutot mystérieux serait lui aussi dans les cartons. Plus d'infos sur le site du label : www.paw-tracks.com.
Pour le première fois en Angletterre, le groupe se présentait sur scène sous la forme d'un duo, celui de Panda Bear et Avey Tare. C'était en 2003 au festival FatCat de Brighton, d'où est tirée cette vidéo de "Winter's Love". Le titre commence dans le chaos et s'étend ensuite sur des longues plages mélodiques.
Pour le première fois en Angletterre, le groupe se présentait sur scène sous la forme d'un duo, celui de Panda Bear et Avey Tare. C'était en 2003 au festival FatCat de Brighton, d'où est tirée cette vidéo de "Winter's Love". Le titre commence dans le chaos et s'étend ensuite sur des longues plages mélodiques.
Le rock selon Nick Kent
Au fil des 400 pages de la nouvelle édition de L’envers du Rock, Nick Kent revient sur 40 années de musique populaire. Largement influencé par le rock critic Lester Bangs qu’il rencontre en 1973, il revient sur les carrières des plus grands émaillées de moments de vie forcément rock’n’roll. 
L’histoire commence avec les « gentils » Beach Boys et leur extravagant leader Brian Wilson. Kent nous en apprend sur l’homme, sa lente dépression, mais aussi sur l’influence majeure qu’il a eu sur ses contemporains. Il consacre ensuite une vingtaine de chapitres à autant d’icônes : Syd Barrett, les Rolling Stones, Morrissey, Iggy Pop, Lou Reed, Sly Stone, Miles Davis, Neil Young, Johnny Cash... Tous sont des artistes hors du commun : passionnés, dérangés, écorchés vifs, ténébreux, mais surtout fascinants ! Les plus cramés sont souvent les plus fragiles psychologiquement, les plus isolés et les plus malheureux. De sa plume souvent acerbe mais toujours élégante, Nick Kent dresse leurs portraits et analyse leurs personnalités, sans trop s’attarder sur leurs frasques. Kent n’a pas de prétention « scientifique » dans l’analyse de ces âmes torturées, il décrit sobrement ce qu’il a vu et vécu.
Proche voire ami intime des plus grands, il évite la posture de fan ni ne verse dans l’analyse pompeuse. Si certains chapitres comme celui consacré aux Happy Mondays et Stones Roses sont dispensables, l’ensemble demeure compact. Il n’y a nul doute que ce « nasty book » vous donnera envie de réécouter vos classiques avec une oreille nouvelle. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Iggy Pop !
Nick Kent - The Dark Stuff, l'envers du rock (Naïve édition)

L’histoire commence avec les « gentils » Beach Boys et leur extravagant leader Brian Wilson. Kent nous en apprend sur l’homme, sa lente dépression, mais aussi sur l’influence majeure qu’il a eu sur ses contemporains. Il consacre ensuite une vingtaine de chapitres à autant d’icônes : Syd Barrett, les Rolling Stones, Morrissey, Iggy Pop, Lou Reed, Sly Stone, Miles Davis, Neil Young, Johnny Cash... Tous sont des artistes hors du commun : passionnés, dérangés, écorchés vifs, ténébreux, mais surtout fascinants ! Les plus cramés sont souvent les plus fragiles psychologiquement, les plus isolés et les plus malheureux. De sa plume souvent acerbe mais toujours élégante, Nick Kent dresse leurs portraits et analyse leurs personnalités, sans trop s’attarder sur leurs frasques. Kent n’a pas de prétention « scientifique » dans l’analyse de ces âmes torturées, il décrit sobrement ce qu’il a vu et vécu.
Proche voire ami intime des plus grands, il évite la posture de fan ni ne verse dans l’analyse pompeuse. Si certains chapitres comme celui consacré aux Happy Mondays et Stones Roses sont dispensables, l’ensemble demeure compact. Il n’y a nul doute que ce « nasty book » vous donnera envie de réécouter vos classiques avec une oreille nouvelle. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Iggy Pop !
Nick Kent - The Dark Stuff, l'envers du rock (Naïve édition)





