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Jeffrey Lewis ain’t thick, it’s just a trick

Jeffrey Lewis est un mauvais garçon. Pape du mouvement anti-folk et dessinateur de bédé à ses heures perdues, chacun des ses disques comportent ses propres dessins et 12 Crass songs n’échappe pas à la règle. Reconnus par ses pairs comme l’instigateur du mouvement anti-folk, il est au folk américain traditionnel ce que les Stooges étaient à la musique hippie des années 60. Né dans le New York des années 80, l'anti-folk puise dans le punk le naturel, l'abrasif et son engagement politique, avec des sonorités volontairement lo-fi. La vision dépressive de Lewis combine souvent un message d’espoir, une ironie subtile, et une certaine autodérision. Il tire ses influences de son adolescence dans le Lower East side de Manhattan des morceaux qui sont les différents reflets de son environnement, et des ses idoles comme Daniel Johnston, Yo La Tengo, The Fugs, Donovan ou le Velvet Underground. Un documentaire produit par Kidam est d’ailleurs en préparation, je ne résiste pas à l’envie de vous montrer le teaser, là un peu plus bas.
Dans la bande dessinée qui accompagne son quatrième album, il raconte la genèse de ces 12 Crass songs (Rough Trade, 2007), douze reprises d’un groupe fort méconnu : Crass. L’histoire commence en 1993 grâce à un étudiant skinhead qui lui fait découvrir Crass, à lui le petit hippie fan de bédé. Il lui faudra la dizaine d’années suivante pour refaire la discographie du groupe puis enregistrer ses propres versions. Jeffrey Lewis parvient à un hommage très personnel à ces pionniers de l’anarcho-punk pacifiste, où il avoue que chacune de ces chansons a été légèrement altéré par quelques notes ou quelques mots (remplaçant l’Irlande du Nord par l’Irak notamment) pour coller d’avantage à l’actualité. Finalement "Punk is dead", "I ain’t thick, it’s just a trick", "Do they owe us a living?" n’ont plus grand-chose à voir avec les originales, ce sont douze titres génialement revisités qu’on écoute d’une seule traite. Et qui seront bientôt joué sur la scène de la Maroquinerie, le 20 décembre. On se retrouve là-bas ?


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