Boulogne au son des larsens
Le festival BBmix, organisé par la ville de Boulogne, propose chaque année une sélection pointue de grands groupes de rock. Pour ce soir, Deerhoof est notre tête d’affiche à l’auditorium du CNR qui à première vue n’a pourtant rien de rock’n’roll. Elizabeth Sharp, aka Ill Ease est la première à venir occuper la grande scène. Multi instrumentiste, elle joue de la guitare, se sample, prend la basse, se sample, puis la batterie et chante avec un enthousiasme contagieux. Ses chansons punks grunge n’ont rien d’exceptionnels mais l’énergie est là, les riffs entêtants, la salle secoue la tête d’avant en arrière. Si la simplicité de la formule fait la force d’Ill Ease elle fait aussi sa faiblesse : c’est une musique avec peu de nuances et sans surprise, mais comment éviter la redondance quand on est seule sur scène ? L’admiration l’emporte enfin, porté par un concert surréaliste.
On ne peut pas en dire autant des So So Modern, quatre surexcités en combinaisons blanches, bourrés d’imagination. Le manque de mélodies et de chansons bien composées font qu’aussitôt le concert achevé, aussitôt le concert oublié. Il faut dire que la barre est haute : le rock intemporel des Dirty Projectors (en photo) emmené par Dave Longsreth, opèrent une synthèse improbable entre le rythm’n’blues, la country, l’Afro beat et la pop. Les riffs rapides de deux guitares à la limite de la rupture s’entremêlent pour créer une ambiance féerique et entraînante. Les voix sont belles et puissantes, les morceaux très bien composés. Le concert des Dirty Projectors est passé à cent à l’heure.

Dernier groupe et tête d’affiche, Deerhoof réalise une performance scénique exceptionnelle. Jamais la pop ultra sophistiqué du groupe américain ne m’a autant bouleversé par sa beauté, sa puissance onirique et sa complexité naïve, radicale. Contre-temps, silences, la musique de Deerhoof est faite de déconstruction permanente. Sur scène le trio étonne par son efficacité. Le guitariste répond avec précision à la voix de Satomi Matsuzaki qui entonne de petites comptines en japonais « Panda panda panda panda pan panda ». La note jouée, la parole dite, tout s’articule avec un souci du rythme impressionnant. Le son de la guitare est si bien choisi que la voix se retrouve comme transporté par la mélodie qui lui confère une légèreté ahurissante. Le contraste et les nuances se font avec une batterie omniprésente dont la variété du jeu prévient de manière imparable l’ennui d’un auditeur trop souvent habitué à supporter les coups de tambours de grosses brutes épaisses, plutôt que la sensibilité tout azimut d’un percussionniste habité. Deerhoof nous emmène dans un monde psychédélique et merveilleux, naïf et complexe. Une fois encore la programmation exigeante du BBMix a tenu ses promesses et même un peu plus : le lendemain ce sont les Young Marble Giant qui clotûre le festival. Un grand merci. (crédit photo: entro_py)
On ne peut pas en dire autant des So So Modern, quatre surexcités en combinaisons blanches, bourrés d’imagination. Le manque de mélodies et de chansons bien composées font qu’aussitôt le concert achevé, aussitôt le concert oublié. Il faut dire que la barre est haute : le rock intemporel des Dirty Projectors (en photo) emmené par Dave Longsreth, opèrent une synthèse improbable entre le rythm’n’blues, la country, l’Afro beat et la pop. Les riffs rapides de deux guitares à la limite de la rupture s’entremêlent pour créer une ambiance féerique et entraînante. Les voix sont belles et puissantes, les morceaux très bien composés. Le concert des Dirty Projectors est passé à cent à l’heure.

Dernier groupe et tête d’affiche, Deerhoof réalise une performance scénique exceptionnelle. Jamais la pop ultra sophistiqué du groupe américain ne m’a autant bouleversé par sa beauté, sa puissance onirique et sa complexité naïve, radicale. Contre-temps, silences, la musique de Deerhoof est faite de déconstruction permanente. Sur scène le trio étonne par son efficacité. Le guitariste répond avec précision à la voix de Satomi Matsuzaki qui entonne de petites comptines en japonais « Panda panda panda panda pan panda ». La note jouée, la parole dite, tout s’articule avec un souci du rythme impressionnant. Le son de la guitare est si bien choisi que la voix se retrouve comme transporté par la mélodie qui lui confère une légèreté ahurissante. Le contraste et les nuances se font avec une batterie omniprésente dont la variété du jeu prévient de manière imparable l’ennui d’un auditeur trop souvent habitué à supporter les coups de tambours de grosses brutes épaisses, plutôt que la sensibilité tout azimut d’un percussionniste habité. Deerhoof nous emmène dans un monde psychédélique et merveilleux, naïf et complexe. Une fois encore la programmation exigeante du BBMix a tenu ses promesses et même un peu plus : le lendemain ce sont les Young Marble Giant qui clotûre le festival. Un grand merci. (crédit photo: entro_py)
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