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La Factory, usine à fabriquer des nuages

Laurent Garnier Cigale 2007 Factory

On comprend parfois avec un peu de retard que la french touch a vraiment un papa. Laurent Garnier nous a fait vivre deux heures de musiques électronique éclectiques et fiévreuses, une soirée un peu spéciale.
Il y a déjà 15 ans, Laurent Garnier accompagnait l’odyssée techno. A cette époque on parlait de « disc jockey » et de « musique techno ». Ca parait bien loin tout ça. Moi j’avais 15 ans quand sortait "Crispy bacon". Entre temps, Laurent Garnier a tourné dans tous les endroits de la planète et a réalisé quelques bons albums. C’est assez tardivement que je prends le coche, en attrapant "The man with a red face" sur les ondes de FIP, puis grâce à l’écoute de The Cloud Making Machine (F Com, 2006) un superbe disque aérien où le jazz côtoie Van Morrison, où Nina Simone rencontre Serge Gainsbourg.
Nous sommes le 13 octobre 2007 et ce soir pendant que l’équipe de France de rugby joue sa place en demi-finale, le festival Factory et la Cigale accueillent Laurent Garnier et un mini orchestre de jazz (ceux qui justement ont construit l’usine à faire des nuages). Une expérience rare qui démarre doucement, la musique envahie l’espace et y déploie une palette de sentiments contradictoires : le chaos et la poésie, les matins radieux et le blues du lendemain, les franches rigolades et l’introspection, l’expérience et l’émotion brute. Il joue des platines avec parcimonie et le reste du temps manœuvre son orchestre à la manière d’un chef. Le tempo change, les influences se multiplient, difficile de savoir exactement où on se trouve. Et on découvre enfin "Crispy bacon", le tube acid-house survolté qui fera même péter les plombs de la scène! Une bière plus tard, "Crispy bacon" finit d’allumer les nostalgiques qui crient de joie.
Invités suprises de la soirée, Mathieu Chedid et Spleen viennent ajouter un peu de leur folie à un concert déjà exceptionnel : M improvise finalement quelques solos sur "Barbiturik blues" et Spleen chauffe la salle en quelques rimes. On retrouve toujours Spleen là où on s’y attend le moins: avec Cocorosie, Bright Eyes ou TV On The Radio. Une fois encore il s’approprie les morceaux dans un freestyle jubilatoire utilisant sa voix et son corps comme un human beat box, transformant "First reaction" en soulèvement national. Le concert s’achève après deux heures éclectiques et fiévreuses sur "The man with a red face", alors quand on apprend que la France s’arrêtera aux quarts de finale, on a encore la tête dans les nuages.
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