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Sous l'emprise d'Animal Collective

Pas facile d’aborder de manière objective un groupe qui compte à ce point-là dans ma discographie. Animal Collective est un groupe gourou définitivement à part, merveilleux et inquiétant. Mardi à la Maroquinerie on écoute d’abord Gravenhurst, qui peine à convaincre tout à fait. C’est intéressant mais on s’ennuie parfois. Peu importe, il y a Animal Collective qui s’apprête à débarquer sur scène.
Quelques heures avant on ne savait pas trop à quoi s’attendre, maintenant on devine à en juger par le matériel que ce sera beaucoup plus électronique que les précédents. Il faut dire que le groupe ne cesse de surprendre et d’inventer de nouveaux terrains de jeux. Contre toutes attentes, le groupe ne jouera pas soir leur nouvel album Strawberry Jam à paraître en septembre, mais les morceaux mis en chantier depuis ! Exit les guitares, et la batterie est réduite à son plus simple appareil : deux fûts, deux baguettes. Les trois animaux utilisent des boucles sonores et des voix en écho, il y a des couleurs tribales et chants hawaïens ; il y a aussi le génie de Brian Wilson et la fraîcheur des Beach Boys. La musique d’Animal Collective agit comme une drogue, autour de moi il y a sur les visages un sourire béat et stupéfait. C’est juste extatique.

Animal Collective la Maroquinerie

Le temps a passé depuis les débuts du groupe de Baltimore. Je me souviens les avoir découvert en première partie de Mùm en 2002, dans une improvisation bruitiste, obscure et peu engageante. Puis viendra les balades hallucinogènes de Sung Tongs, basées sur des sessions de guitares folks complètement barrées. Sung Tongs est absolument inouï, il faut écouter Sung Tongs ! Quand je les retrouve fin 2005 à Paris, ils ont bien changé, ils apparaissent déguisés et improvisent beaucoup sur des riffs pop et l’électronique trouve sa place. Le live est frustrant et je dévore les disques solos de Avey Tare, Geologist et Panda Bear. Largement influencés par Panda Bear justement, le son actuel d’Animal Collective vire à la transe chamanique puisant ses racines dans la musique du Pacifique, la musique tribale et la folk des grands espaces. Mêmes les meilleurs passages de Sung Tongs sont rejoués sans guitares ! "Leaf house" et "Who could win a rabbit" perdent un peu de leur charisme, mais fonctionnent bien malgré tout. Au micro Avey Tare est sous emprise, il mène la joyeuse bande comme le joueur de flûte. On suit. On scotche. On en veut encore. C’est l’annonce de l’anniversaire de Panda Bear qui nous tire de là : le public chante, le jeune homme souffle ses bougies. Et repartent de plus belle. Ce soir Animal Collective est passé du statut de groupe folk foutraque à celui de gourou irremplaçable. Heureusement j’ai trouvé sur Bansheebeat quelques enregistrements live en mp3 pour se consoler avant leur retour annoncé à l’automne.
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