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Le King à la Fondation Cartier

A l’occasion du 21 juin, jour de la fête de la musique, la Fondation Cartier présentait sa nouvelle exposition sobrement intitulée Rock’N’Roll 39-59. Un vernissage un peu spécial, réunissant sur une même scène Jason Edwards, Son of Dave et Alamo Race Track. Flashbacks. D’abord une expo entièrement consacrée aux débuts du rock’n’roll aux Etats-Unis, de l’explosion du boogie-woogie dès 1939 aux évènements de la fin des 50s, amorçant le déclin de ce qu’on peut appeler le premier age d’or du rock’n’roll. C’est grand, c’est riche, on y découvre au rez-de-chaussée le contexte de l’époque et tentons de capturer l’air du temps. Au sous-sol, ce sont toutes les influences, la généalogie et l’évocation de certains lieux qui sont mis à l’honneur. On écoute au casque les classiques de Bill Halley et Little Richard, un documentaire revient sur Buddy Holly et Jerry Lee Lewis, Elvis Presley et ses conquêtes sont photographiés sous tous les angles… A vrai dire, on est loin d’avoir tout vu lorsque Jason Edwards – bien vivant celui-là – commence à jouer dans le jardin.

Rock'n'Roll 39-59 à la Fondation Cartier, Alamo race Track, Son of dave

Assis au pied de la scène, seul avec son chapeau et sa guitare, ses chansons parlent d’envoûtement et de sac à dos, portés par une sorte de blues stellaire à rapprocher de Leonard Cohen ou Moondog. Avec des grelots au pied et des textes un peu déviants à la bouche, Jason Edwards scotche un public tout proche de lui, visiblement conquis. Son of Dave, l’homme-orchestre à l’harmonica, débarque à son tour. En un rien de temps, sa formule rythme & blues à base de beatbox, d’harmonica et de pédale de sample fait déjà des vagues. Arc-bouté sur son micro et avec une allure incroyable (chemise boutonnée, cravate large, chapeau et lunettes noires), cet alter-ego de Tom Waits a une force charismatique peu commune, un peu à la Ray Cokes. Je prend véritablement mon pied et comprend avec un peu de retard que j’aurai dû vous parler d’eux il y a déjà longtemps!
Les néerlandais d’Alamo Race Track en vogue depuis la sortie de Black Cat John Brown viennent conclure la soirée. Avec brio, le groupe emmené par le chant habité de Ralph Mulder constitue une réponse efficace à Interpol ou les Strokes, sans pour autant copier. On sent une tension palpable au fur et à mesure que les morceaux lachent. Le groupe est concentré, "My heart" évoque Amsterdam et Mulder semble nerveux. Leur titre phare "Nothern territories" prend en live une ampleur inédite. La version acoustique à emporter sur la Blogo était déjà convaincante, mais celle-ci, toutes guitares dehors dans une ascension gigantesque enfonce définitivement le clou. Une soirée riche en découvertes, très rock’n’roll et qui fera même ressusciter les morts ; on aura aperçu Elvis Presley aux platines dans son meilleur costume.
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