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Dans la spirale Lynch

C’est osé, comme un long métrage de Mr Lynch. Ca vous prend dès le début. D’emblée la scénographie toute spécifique de The air is on fire, l’exposition de David Lynch à la Fondation Cartier, est réalisé de main de maître. Encouragé à montrer ses travaux personnels accumulés au fils des ans, le cinéaste américain déjà très torturé pond une expo inattendue, lancée a l’initiative du directeur du musée. L’exposition laisse ainsi au visiteur la possibilité d’inspecter un autre univers, et l’on apprend également qu’en plus d’être le réalisateur que l’on connaît, il est aussi acteur, producteur, scénariste, compositeur, animateur… la liste est longue. Un créateur tout simplement, complet.

Au rez-de-chaussée se trouvent ses peintures grands formats ainsi que ses croquis et études en dessins. L’architecture y est organisé par de grandes structures de métal qui font office de présentoir, organisées en escargot, ne laissent pas de place au vide. Au contraire, on déambule lentement dans les méandres du roi David. Dans la grande salle, bercée par une bande sonore pesante et homogène, le visiteur acteur peut introduire à tout moment des sons enregistrés. L’artiste mélange collage, peinture, et se joue du cadre, comme en témoigne ses dernières œuvres, dont l’image réalisée est enfermée dans un gros cadre doré. On y trouve des photos montages de corps déstructurés dont l’intérêt reste vague. Les peintures mettent en scène Bob, personnage dont nous suivons les questions existentielles, dans un univers assez macabre mais non dénué d’humour. Les dessins montrent que chez Lynch tout est occasion à dessiner, des bribes d’idées qu’il décrit comme des électrons libres, qui lui permettent de développer sa pensée. Feuille de papier toilettes, bouts de papiers, encre, crayon, tout est bon, abstrait comme figuratif. L’ensemble est sensible, délicat.
Suite au sous sol, où remarque la présence d’un petit cinéma (Eraserhead), où l’on visionne des courts métrages, et des animations inédites. L’univers en volume surchargé de couleurs, réalisé spécialement pour l’expo, perturbe. Nous sommes dans le monde des morts avec des cocasseries en tous genres, façon BeetleJuice. A n’en pas douter, cet expo pour le moins originale donne au visiteur sortant l’envie de se plonger dans la filmographie troublante, qui laisse inaugurer migraines, questionnements, et pertes de repères. Un must.
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