Pendant ce temps-là à Istanbul...
C'est énorme, gigantesque! Un mois déjà que je suis là. J'ai déjà rencontré plein de gens, des djeunes turcs, des erasmus, des amis. J'ai fait pas mal de bars, de concerts, de clubs et ai vu quelques artistes extraordinaires qu'on ne connaît pas encore en Europe. Je continue à en apprendre un peu plus chaque jour, en prenant soin de ne pas passer pour un touriste de base.

 

Tourist or not tourist?

Martin Parr. Pise/Turquie

(Pise, Italie à gauche et quelque part en Turquie à droite) J’adore ce mec. C’est ingénieux, culotté et plus que jamais d’actualité. Au cours des années 90, Martin Parr a parcouru le monde à la recherche d’images pour une satire de l’industrie touristique internationale. Après Pise, Venise, l’Acropole, Bethlehem et plein d’autres sites, il arrive à Turquie en 1994. Une étape de plus dans son Petit Monde qu’il publie en 1995. J’avais offert à ma sœur Ombeline un recueil sur Mexico à Noël dernier. Mais revenons-en à Istanbul. Une des photos (introuvable malheureusement) montre des simits entassés les uns sur les autres qu’on trouve en vente partout dans le centre, répondant à une rangée de taxis jaunes garés en épis au second plan. C’est très très bien vu, quand je sors de chez moi c’est vraiment ça qui saute aux yeux. Une voiture sur deux est un taxi, et conduisent tous comme des dingues. Sur les trottoirs on achète ces petits pains au seigle tous les 50 mètres!
Sur une autre photo (introuvable) on aperçoit un oiseau empaillé placé au beau milieu d’un étalage de supermarché. Carrément inimaginable dans un contexte moderniste ou les animaux et la nourriture ne semble n’avoir aucun lien. C’est le genre de surprise qu’on peut voir ici, entre une boîte d’œufs, un paquet de chips marqué "Sportwear" et des petits pain en tranche individuels sous plastique. Comme le dit fort justement mon guide audio : « Cette photographie d’un microcosme représente un macrocosme » parce que c’est vrai il s’agit d’une petite photo de la Turquie qui révèle en gros plan ce développement économique, essentiellement agricole, qui devient petit à petit un élément du passé. Depuis que je m’intéresse au travail de Parr des questions me hantent: suis-je comme ces gros débiles en chemisette-bob-caméra ? Quelle est la différence entre un erasmus et un véritable touriste ? Suis-je moi aussi conditionné par ma nationalité française dans mes rapports avec l’étranger ? Je prie pour ne jamais ressembler aux modèles de ses photos.