Pendant ce temps-là à Istanbul...
C'est énorme, gigantesque! Un mois déjà que je suis là. J'ai déjà rencontré plein de gens, des djeunes turcs, des erasmus, des amis. J'ai fait pas mal de bars, de concerts, de clubs et ai vu quelques artistes extraordinaires qu'on ne connaît pas encore en Europe. Je continue à en apprendre un peu plus chaque jour, en prenant soin de ne pas passer pour un touriste de base.

 

Grand angle sur le Webb

Istanbul Modern. Dimanche, 16h. L’exposition retrace les 60ans de photos reportages de l’agence Magnum. Des clichés par dizaines ayant pour point commun Istanbul et la Turquie, signés par Henri Cartier-Bresson, Robert Capa, George Rodger et j’en passe. Ici on en apprend plus sur la Turquie que dans le Lonely Planet. En tout cas ça permet facilement d’aborder un point de vue de manière quasi-instantanée. C’est super intéressant, en fait j’y retourne parce que la première fois on est arrivé peu avant la fermeture. Comme ça j’ai vraiment le temps de comprendre, d’observer.
Et plus particulièrement Alex Webb, et de son reportage sur Istanbul en 2001. « En 1968, j’ai visité Istanbul en une journée avec ma famille. J’avais 16ans. J’étais curieux, intrigué et complètement déconcerté par cette ville pleine de mosquées, de minarets, de bazaars, de senteurs de thé et de narguilés dans les cafés. Un monde tellement différent du mien ! 30 ans plus tard je suis retourné à Istanbul et n’ai pas retrouvé la ville exotique de mon enfance, mais quelque chose d’extrêmement familier. Pendant ces années d’entre-deux, j’ai fait le tour des frontières soviétiques où se croisent différentes cultures, parfois dissonantes, parfois fusionnant parfaitement. Depuis j’y suis retourné encore et encore, cherchant au travers des rues tortueuses l’entrée du terrier. »

Alex Webb, Istanbul 2001

Parmi sa série de photo, il y a celle-ci : une vue de l’intérieur d’un ferry avec vue sur la Mer de Marmara. Suspendu au premier plan, la photo d’Atartürk. Dans le lointain on distingue aisément des bateaux de retour de la pêche, en fin d’après midi. Il y a une vieille barque à sa gauche, et un ferry boat tout à fait récent à sa droite. J’aime cette photo parce qu’elle symbolise bien ce à quoi ressemble la Turquie aujourd’hui : Ataturk apparaît comme l’élément de transition entre le côté historique et moderne de la Turquie. Webb semble capter l’image de ces changements : ce qui est perdu, ce qui est gagné, et ce qui coexiste pendant cette période de modernisation. Putain c’est bien fichu ! Le reste de la série fait parfois penser à Friedlander, en captant simultanément la vitrine et ses reflets ou jouant des miroirs chez un barbier. J’ai enfin trouvé la photo sur le web, celle là que j’ai cherché plusieurs jours d’affilé. Son recueil Istanbul City of a Hundred Names va paraître au printemps 2007, et on peut dejà le consulter sur le site de Magnum.