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Herman Düne is on top

Depuis plus de dix ans les frères Düne, pionniers de l’anti-folk, sillonnent les routes du monde entier emportant avec eux leurs mélodies douces-amères aux accents bob dylanesques. Ce soir ils nous reviennent à la Cigale, pour la sortie de leur dernier album, Giant. La salle est à son comble. Mais si nos amis les Düne, David et Neman, sont présents sur scène, ce ne sont pas eux qui ouvrent le bal. C'est Lilound, la petite sœur de David, qui s'en charge, entonnant de sa voix charnelle des chansons efficaces et minimalistes. Bientôt rejointe par les Baby Skins, deux brunettes aux voix d'ange et aux accords simples de guitare, elles vont à elles trois plonger l'audience dans une atmosphère de pure légèreté. Nos corps se dématérialisent, et nous flottons alors dans l'air, bercé par le flot de ces douces mélodies.

herman dune

Soudain, lumières! La première partie est-elle finie? Va-t-on voir ce que donne leur dernier tube "I wish that I could see you soon" sur scène? Alors que nos babines salivent à cette idée, un illustre inconnu, troisième première partie, venu du fin fond de Brooklyn et tout de noir vêtu, hypnotise la salle, seul, l'espace de quatre chansons redoutablement saisissantes. Il ne quittera plus la scène, tout comme les Baby Skins et Lilound qui, aussitôt son set achevé, le rejoignent.
On sait, à ce moment, qu'il n'y aura plus de (bonnes) surprises. Justement, "I wish that I could see you soon", est l’un des premiers morceaux entonnés par le charismatique David-Ivar, d’une voix chuintante, la guitare greffée au corps, papillotes et barbe de dix jours affichées avec nonchalance. Puis "Not on top", lancé de tout cœur par David tandis que Neman s'exclaffe sur sa batterie artisanale mais bien réelle. Coincé derrière un poteau, au-dessous de l’aisselle d’un géant transpirant, je ne suis pas au top non plus et verserai presque une larme…c’est bien là le secret d’Herman Düne, une simplicité à pleurer…des chansons mélancoliques et tendres accompagnées d’une batterie minimale, de trois guitares et autres maracasses étranges qui provoquent un irrésistible sentiment d’empathie. Aussi quand la guitare de David s’énerve un peu sur des airs country à la Jude, on sèche ses larmes et on se faufile parmi la foule pour partager cet intense moment de communion. On se laisse gagner par l’humeur joyeuse et incisive des textes parfois psalmodiés sur du pipo ou de la trompette et le sourire renaît miraculeusement. Les infatigables Herman Düne enchaînent les morceaux et finissent de nous enivrer. La salle est aux anges! On pourrait rester là toute la nuit, bercés et heureux, comme devant un joli ciel d’été étoilé.
Merci les Düne! Votre folk n'est pas mort, et plus que tout, il donne à qui sait l'écouter, une santé de Giant! Nickel crome.

Et pour la route, on vous reprendrez bien un concert à emporter? Une chouette initiative de nos confrères de la Blogothèque:

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